‹ Les industries monopolisées (trusts) aux États-Unis;Chapitre 60 sur 99 · The minerai Jndustry, etc., for · texte numérisé non relu

The minerai Jndustry, etc., for

LE TnUST DE L ACIER 193

Nous ne donnons ici ces extraits que pour indiquer l'état de l'opinion en Amérique au moment de cette sorte de coup d'Etat ; il nous faut maintenant nous demander si la combinaison Carnegie-Rocke- Icller constitue réellement un trust.

Au point de vue juridique elle ne paraît guère attaquable. Il n'y a pas fédération de plusieurs sociétés ; il n'y a pas fusion de la compagnie du Lake Superior consoIidated avec la compagnie Carnegie; il y a simplement entre elles un contrat, un bail comme on en voit tous les jours.

Si les deux compagnies avaient le même objet, si elles étaient toutes les deux minières ou toutes les deux sidérurgiques, le bail qui les lie pourrait être dénoncé comme tendant au monopole; ayant un objet différent, elles échappent à ce danger.

Au point de vue économique, la combinaison Carnegie-Rockefeller présente certains traits auxquels on croit d'abord reconnaître un trust, même une réunion de trusts-, mais il lui manque le caractère essentiel du ti-ust-, elle ne détient pas un monopole. Nous allons examiner successivement ces deux points.

Comme la Standard OU Co. domine le marché du pétrole, de même Carnegie domine le marché de l'acier, de même Rockefeller domine le marché des minerais de fer, et leur union fortifie chacune de ces dominations. Il semble donc que nous soyons en présence d'une fédération de trusts.

Comme la Standai^d OU Co., la combinaison Carnegie-Rockefeller amène une diminution de prix de

la marchandise produite. Comme elle, elle n'a pas besoin du tarif douanier pour écarter la concurrence étrangère.

En effet, la baisse subite de prix qui a suivi la dislocation des pools a révélé que l'Amérique était actuellement en mesure de lutter avec l'Europe pour la production du fer et de l'acier. Elle a ainsi ouvert le marché européen aux Américains.

Depuis quelque temps déjà, les rails fabriqués aux États-Unis s'exportaient à l'étranger, au Japon par exemple, à un prix bien inférieur à celui qui était pratiqué sur le terrain même de l'Union. La clientèle américaine payait 28 dollars la tonne, alors que les Japonais obtenaient les mêmes rails à 20 dollars la tonne *, soit 40 fr. d'écart. C'était là l'effet combiné de la protection douanière et des pools. Les pools disparaissant, les rails tombèrent vite à 15 dollars la tonne pris à Pittsburgh; sur tout le marché du fer et de l'acier une baisse considérable se produisit, et les commandes arrivèrent de l'étranger. Au mois d'avril 1897 on signalait l'emploi de fer américain à Londres, pour la couverture de tunnels en construction, l'achat de 25000 tonnes par les chemins de fer anglais, de 15000 tonnes par le Japon. En trois semaines, la réduction subite des prix avait donné lieu à des ordres pour 1 million 1/2 de tonnes d'acier valant ensemble 150 000 millions de francs*.

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