Voir von Halle, p
les associés n'était pas assez fort au point de vue matériel, ni leur respect des engagements pris assez efficace pour maintenir l'observation exacte du contrat et prévenir les fraudes. Leur découverte amenait la rupture des engagements réciproques, la chute du pool, et la concurrence effrénée recommençait avec son aboutissement fatal la surproduction.
Les pools successifs avaient leur appui dans la politique protectionniste du gouvernement fédéral, appui artificiel, sans doute, mais qui, durant cette période, eut en fait le mérite de rester constant. De 1870 à 1890, jusqu'au tarif Mac Kinley, le droit d'entrée sur les alcools étrangers fut uniformément de 2 dollars par gallon, soit environ 2 fr. 50 par litre'. En 1890, le tarif Mac Kinley porta ce droit à 2 dollars 50 cents par gallon (3 fr. 15 environ par litre) ; quatre ans plus tard, le tarif Wilson le réduisait à 1 dollar 80 cents par gallon (environ 2 fr. 25 le litre ^).
La modification des lois douanières n'influa donc pas sur les vicissitudes des différents pools formés dans l'industrie du w^hiskey entre 1881 et 1887, mais le marché américain de l'alcool avait à compter avec une intervention fiscale très variable dans son intensité, et qui produisait de brusques et fréquents bouleversements. Au moment de la guerre de
1. Tariff'Acts, Act du 14 avril 1870, sec. 21, Act du 3 mars 1883, Schedule H.
2. Voir TarifActSy Act du 1" octobre 1890, § 329. Act du 27 août 1894, § 239.
Sécession, le gouvernement de l'Union, obligé de créer des ressources nouvelles, avait établi sur l'alcool des droits qui, fixés d'abord à 20 cents le gallon en 1862, furent progressivement augmentés, en raison des dépenses croissantes de la guerre, jusqu'à 2 dollars par gallon en 1865 (0 fr. 25 à 1 fr. 25 le litre). En 1868, on les ramena à 50 cents par gallon (0 fr. 65 le litre), mais en 1872, 1875 et 1894, des rehaussements successifs les firent remonter à 1 dollar 10 cents le gallon * (1 fr. 40 le litre). En somme, on s'en prenait à l'alcool, chaque fois que le besoin d'accroissement de V Internai Re^>enue se fiusait sentir.
De là d'abord une grande incertitude sur toutes les prévisions relatives au commerce et à la fabrication du whiskey, puis des troubles profonds chaque fois qu'à tort ou à raison la nouvelle se répandait dans le public d'une modification prochaine de la taxe. Alors, le danger de la surproduction n'était plus considéré par les distillateurs désireux de fabriquer à force, soit pour profiter j du taux actuel avant une surélévation, soit pour répondre à l'augmentation de trafic qu'amènerait un abaissement de droits. Ainsi, quelle que fût l'éventualité prévue, soit qu'on se crût à la veille d'un régime fiscal plus sévère, soit qu'on espérât une modération de taxe, le résultat demeurait le même ; la production se trouvait stimulée par l'incertitude. C'était là une force directement contraire