‹ Les industries monopolisées (trusts) aux États-Unis;Chapitre 74 sur 99 · Le Monde économique · texte numérisé non relu

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TafTaire; on fit des appels de fonds auprès des anciens actionnaires; on engloba définitivement dans la combinaison huit usines appartenant à une compagnie qui les avait simplement louées au Trust jusque-là (la Security Corporation)-, on s'entêta à faire grand et à faire durable en dépit du peu de solidité des fondations sur lesquelles on bâtissait.

m. — Le motif et les appuis du Trust.

Lorsqu'on examine après coup les causes de la ruine d'une entreprise malheureuse, il arrive fréquemment qu'on s'étonne de la naïveté de ceux qui l'ont fondée. 11 faut se reporter aux circonstances passées pour comprendre les motifs qui les ont déterminés. Quand le Trust du cordage fut créé en 1890 avec l'organisation que nous avons dite^ bien des pools avaient déjà été tentés pour porter remède à l'encombrement du marché. Là comme dans tant d'autres industries, spécialement aux Etats-Unis, la surproduction amenait des crises fréquentes. On avait cherché à les prévenir en régularisant la fabrication, en limitant l'activité des industriels par une entente volontaire entre eux^ et l'éternelle histoire des fraudes des co-associés avait provoqué la chute de ces pools. Nous ne reviendrons pas ici sur ce phénomène suffisamment connu de nos lecteurs.

Le Trust avait pour but de lier plus fortement entre elles les diverses entreprises intéressées à

éviter la surproduction. Puisqu'il n'y avait pas moyen d'obtenir ce résultat avec des fabriques indépendantes, on voulait essayer de monopoliser l'industrie, et l'exemple du Standard OU, du Sugar Trust y donnait h ce projet une apparence de raison.

Il était favorisé, en outre, par les barrières de douanes élevées autour du marché américain du cordage C'était un marché bien protégé, plus facile à dominer, par conséquent, qu'un marché libre. Le tarif Mac Kinley plaçait sur la free list (liste des objets exempts de droits) le chanvre et le lin, mais à la condition que ces deux marchandises n'eussent reçu aucune préparation industrielle [not manufactured), qu'elles fussent à l'état de matières premières \ Du moment qu'un commencement de fabrication leur avait été donné, le tarif les frappait de droits qui atteignaient, dans le cas de la Une of hemp, le chiffre de 50 dollars par tonne. Les cordes et câbles payaient de sept dixièmes de cent jusqu'à trois cents par livre ^ (de 0 fr. 077 à 0 fr. 33 le kilog.). Le tarif Wilson modéra ces droits de moitié ou des deux tiers suivant les cas^, mais ils furent relevés par le tarif Dingley en 1897. Au surplus, cette dernière modification nous importe peu, puisque ses effets ne sont pas encore appréciables et ne se feront sentir que sur une période future.

La combinaison trouvait donc le même appui

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