Political Science Quarterîy ^ loc. cit., p
2. La cote des wire nails est très compliquée. On prend comme prix de base celui du baril de clous de la plus grande dimension, puis le prix de chaque variété de clous est augmenté d'une somme fixe, d'autant plus forte que la dimension des clous est plus petite. Cette somme va de 10 cents (0 fr. 50) à 1 $ 60 (8 fr.) d après le tarif adopté trois ans avant la formation du pool. Ainsi, avec les prix de base de 6 fr.,les plus petits clous valaient
de 85 h 95 cents; le pool le porta pour juin à ,1 dollar 20 cents (de 4 fr. 25 à 4 fr. 75 et à 6 fr. environ).
En même temps, pour faciliter sa surveillance et assurer la stricte observation des tarifs établis par le pool, M. Parks fit adopter par tous les associés la mesure suivante : le prix fixé devait s'entendre du baril de clous chargé sur wagon à Pittsburgh (fj-ee on hoard at Pittsburgh). — Pittsburgh étant le principal centre de la métallurgie avait été choisi pour cette raison, — Par conséquent, un acheteur de Cincinnati s'adressant à une quelconque des maisons associées, située par exemple à Brooklyn, devait payer le prix de Pittsburgh plus les frais de transport de Pittsburgh à Cincinnati. De cette manière, les discussions possibles étaient évitées, et les commandes se trouvant établies sur une base uniforme, la tache des inspecteurs du pool se simplifiait.
Bien entendu, M. Parks ne négligea pas les moyens ordinaires d'attirer et de retenir la clientèle : primes de 5 p. 100 aux négociants qui achèteraient 500 barils dans le même mois à la même fabrique, rabais de 10 cents (0 fr. 50) par baril, payable au bout de six mois, à ceux qui s'approvisionneraient exclusivement chez les membres du pool et qui maintiendraient les prix du pool .
Mais c'est surtout grâce à l'exacte discipline qu'il
6 -|- 8, soit 14 fr. le baril. En plus, les fabricants gagnant plus sur les petits clous que sur les grands imposaient aux marchands en gros des commandes assorties.
avait su obtenir de ses associés, grâce à ses moyens ingénieux de surveillance, qu'il put mener la campagne hardie que nous allons voir.
Au mois de juin, la clientèle effrayée des préparatifs d'accaparement du ypooZ absorba en douze jours le stock réduit de marchandises que M. Parks mettait à sa disposition. Du 12 au 30 juin, on refusa constamment les commandes; on affamait savamment le consommateur. A la réunion de ce mois les membre du pool décidèrent — toujours d'après l'avis de M. Parks — de livrer en juillet une quantité de barils égale à la moitié seulement de la vente mensuelle moyenne de l'année précédente et fixa le prix de base à 1 dollar 55 cents (environ 8 fr.). La manœuvre réussit à souhait, les clous furent enlevés en quelques jours et le prix de base atteignit 2 S 05 (10 fr. 50 environ) pour le mois d'août.
A la suite de cette première période d'effarement pendant laquelle le pool avait fait acheter à sa clientèle une quantité considérable de marchandises, succéda une période inévitable d'encombrement. Les approvisionnements faits en mai n'étaient pas épuisés; pendant trois ou quatre mois il y eut peu de transactions. Néanmoins le pool augmenta le prix de base de 25 cents (1 fr. 30) le 1" septembre, en raison, disait-il, de la hausse de la matière première. Il est vrai que l'acier et le fer avaient monté, mais par contre-coup de la progression ascendante des wire nails, et ce détail donne une idée du bouleversement que les manœuvres d'un pool peuvent produire sur le marché général.
En décembre, le pool se montra bon prince. Il fit savoir aux marchands en gros que, si le prix des clous baissait en janvier, il leur remettrait la différence entre le taux réduit et le taux actuel pour tous leurs achats effectués en décembre. C'était une manière de les amadouer. Mais les marchands firent généralement la sourde oreille. Ils aimaient mieux attendre la chute du pool, se disant que sans doute elle ne tarderait pas. Tout l'hiver le même espoir les retint; en vain le pool augmentait son prix de base de 15 cents le l^*" mars et d'une somme égale le l*^"" mai, le portant ainsi à 2 dollars 60 cents (13 fr. 70 environ); il ne réussit plus à créer la panique qui lui avait si bien réussi au début.
Avec l'été une certaine activité se produisit dans les demandes, mais déjà elle ne profitait plus entièrement au pool, et c'est une question de savoir si les gros sacrifices consentis par lui pour fermer quelques usines, celles de la Pit.tshiu'gli Wire Co. et de Baackes and Co. par exemple, furent des sacrifices rémunérateurs. De toutes parts, la concurrence se manifestait, excitée par l'appât des prix de vente excessifs, et en novembre, après avoir profondément bouleversé le marché pour une longue période, et malgré l'habileté de M. Parks, lej»oo/dut se dissoudre.
On est très peu d'accord sur le résultat financier de l'opération. Le trésorier du pool publia, après sa dissolution, une sorte de manifeste dans lequel il vantait son « succès sans précédent » [unprece^ dented success *) et affirmait que la durée de la com~