Cité par The Gunton's Magazine, January 1897, p
binaison avait dépassé les prévisions les plus favorables. Ce qui est certain, c'est que le pool avait une caisse alimentée par des retenues opérées sur les ventes de chacun de ses membres et qu'il dépensait des sommes énormes pour arrêter la concurrence. Ce qui est certain encore, c'est qu'il a dû céder devant la concurrence qu'il suscitait fatalement par l'élévation artificielle des prix. Le rapport du trésorier s'en explique très simplement : « Nous ne pensons pas, dit-il, que ce serait une bonne affaire [agood business) de continuer plus longtemps une manœuvre qui augmente la concurrence d'une manière si rapide ». Piesterait à savoir si, en fait, les manufacturiers membres du pool ne se sont déliés qu'au moment où ils commençaient à être en perte, ou bien s'ils ont prolongé la partie dans l'espoir de rattraper des pertes déjà subies; mais cela ne changerait rien à la physionomie essentielle du phénomène. La question n'est pas pour nous de savoir quels profits ont réalisés les associés, et si réellement M. Parks se faisait donner un cent (0 fr. 05) par chaque baril de clous vendu, comme on l'a affirmé; nous nous proposons seulement d'étudier un jwol fondé principalement sur les brevets d'invention, et le caractère qui nous apparaît le plus nettement ici est celui de la concurrence que le pool développe ou crée par le fait même de son existence.
Nous avons vu comment elle s'était produite aux États-Unis mêmes malgré les efforts du pool pour empêcher la vente des machines à fabriquer les
Ui'ù^e nails. La concurrence étrangère se fit sentir elle aussi. UAct du 27 août 1894, sous le régime duquel on se trouvait alors, frappait, il est vrai, les clous d'un droit d'entrée de 25 pour 100 ad valorem ^, mais cette barrière se trouvait insuffisante en présence du triplement du prix de vente. En novembre 1895 la maison Bigelow^ and Dowse Co. de Boston importa un lot de 5 000 barils, et quelques autres lots moins considérables furent reçus à New-York. La difficulté principale de ces importations tenait à un détail de fabrication et à l'emballage. Les clous belges et allemands n'ont pas exactement la même forme de tète que les clous américains, ce qui dérange les habitudes de la clientèle, puis ils sont emballés en sacs, et les importateurs devaient les faire mettre en barils pour les vendre , ce qui leur occasionnait une dépense de 10 à 20 cents par baril (de 0 fr. 50 à 1 fr.). Enfin, il y avait toujours à craindre que le l)Ool, averti à temps du départ d'une forte cargaison pour l'Amérique, baissât subitement les prix à son arrivée et déjouât le calcul de l'importateur.
Une maison de Baltimore avait imaginé un moyen de concurrence plus ingénieux. Elle faisait la guerre au pool avec ses propres armes. Le pool, en effet» maintenait les anciens prix, ou des prix très peu différents, pour les marchés étrangers que la fabrication américaine a coutume d'approvisionner en partie. Dès lors, on pouvait faire revenir avec avan-