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! Ossenvarion (du Dr Monnier).
Bronchite chronique, bronchectasie, emphysème, gangrène pulmo-
naire chez un vieillard:
Le nommé 0..., 58 ans, entre dans le service du D' Monnier
(iufirmerie des vieillards hommes), le 1 novembre 1894.
Anticédents héréditaires. — Négatifs. Dans les antécédents personnels il n’y a à noter que des accès de fièvre intermittente ayant duré 3 mois.
Pensionnaire de l'Hospice Général depuis un an, il serait entré à l’infirmerie én 1893 pour une bronchite, C'était comme la plupart des vieillards de l'asile un chronique dans toute l'acceplion du mot.
Le 1* novembre, jour de son entrée, il accuse une toux presqu'incessante accompagnée d'une douleur dont le siège occuperait les espaces intercostaux moyens. La toux et la douleur existeraient depuis trois mois. Cetle douleur d'ailleurs persistante s'exagère au moment de la toux, le malade la compare à une
brûlure intra-thoracique, Voici les résultats de l'examen clinique.
Pourmons. — L'expectoration est formée de crachats épais et verdâtres, ils ont en somme les caractères de céux que l’on trouve dans {ous les cas de bronchite chroniqne. | | . L’auscullation confirme ce diagnostic que fait porter le seul aspect de l'expecloration, il s’agit de la bronchite chronique avec dilatation des bronches, surtout à droite, et emphysème généralisé.
Cœur, — Normal.
Foie, — Normal.
Re Reins. — Les urines a un volume physiologique, elles ne contiennent ni sucre, ni albumine.
Malgré l’état normal de la plupart des grandes fonctions de l’économie, M. Monnier fut frappé dès le premier jour de l’entrée
du malade de son faciès pâle et blafard dont il ne pouvait nulle part trouver la raison.
Traitement. — Capsuies de térébenthine.
Gargarismes. — Compresses de lérébenthine sur le thorax. Toniques.
La situation rose la même jusqu’ au 22 novembre.
Ce jour-là le malade se plaignit d’avoir la bouche empoisonnée. Son haleine exhalait une odeur nauséabonde que les malades percevaient même à l'extrémité dela salle.
L’ expectoration était composée de crachats, les uns verdâtres et purulents comme ceux qu'il avait l’ habitude de rendre depuis son entrée; les autres, mais plus rares, étaient jaunâtres ou même gris sale. Une fétidité horrible s'exhalait du vase qui les
contenait. | :
| L'idée qui s’imposait en présence de ces nouveaux signes physiques, élait évidemment celle d'un processus gangréneux ou pronchique ou pulmonaire. Malgré l'incertitude qu'on avait sur le siège exact de la lésion, M. Monnier porta sur le malade un pronostic fatal. Le faciès blafard du malade, l’abaissement de la température, un pouls petit et fréquent, telles sont les principa-
les raisons qui lui firent craindre une issue fatale.
Prescription. — Révulsions térébenthinées sur le thorax. : : Toniques. Kola. Café. Grogs. Gargarismes au salol. Hyposulfate de soude. |
Le 23 novembre. — L'état général et local sont à peu près les mêmes. Les crachats sont expulsés après des quintes nombreuses sous forme de vomiques.
Le PE
A parlir de ce moment la tempéralure n'a pas dépassé 36°. Le | pouls ést petit mais régulier, Mêmes prescriptions. 24 nôv. — La percussion de la fosse sous- épineuse à droite
révèle plutôt de la submatité que de la matité vraie. L’oreille
perçoit des râles sous= crépitants qui éclatent par bouliées, l'ex
piration est prolongée et rude. T. m. 35°,7 Mêmes prescriptions.
25 nov. — À l'auscultation, on nole à droite et en arrière du
souffle tubaire, de la bronchophonie. Si l’on fait tousser le malade,
à celte résonnance manifeste, s’ajoutent les signes ordinaires des
‘excavalions du poumon : gargouillements, râles humides, souffle
amphorique.
L'état général est de plus en plus mauvais, le pouls filiforme et la température toujours au-dessous de la normale. L'alimentation est impossible.
Mort le 26 septembre à 4 heures du matin.
Aulopsie. — Poumon gauche. — Emphysème surtout marqué le long des bords antérieurs du poumon,
La coupe du parenchyme est difficilé, il sort par les bronches béantes, surtout par places, une grande quantité dé muco-pus. Tout-à-fait au sommet, on voit une large cicatrice fbreuse qu’entourent encore quelques noyaux tuberculeux nettément crétacés.
Poumon droit. — Ici encore, existent quelques granulations tuberculeuses crétacées. Les bords antérieurs sont également emphysémateux.
Les lobes moyen et supérieur, rouges, présentent à la maia
une consistance dure, ils offrent, en un mot, la consistance dé l'hépatisation pulmonaire. Mais déjà avant d’en faire la coupe, M. Mounier fut frappé dé l'aspect particuliér du lobe moyen. Vers
son milieu el sur une élendue de la largeur dé la paume de la.