CD'SOUE
Soir: T; mn 988,7.
14 novembre, — L'état général est resté le même. T. m. 38°.
Râles fins plus nombreux du côté droit. Un nouveau foyer -d’hépatisation s’est formé à gauche, vers le 1/3 inférieur du poumon. Foyer caractérisé par des bouffées de râles crépitants et par un souffle tubaire peu intense.
Même prescription que la veille. Soir. T. m. 39.
15 novembre. — T. m. 38°,3. La dyspnée s'accentue encore, |
On n’entend plus aussi nettement les signes stéthoscopiques de la veille. La percussion du côté droit dénote dans la partie inférieure une matité assez étendue.
Les vibrations thoraciques ne sont plus perçues à ce niveau.
Il nous paraît évident qu'il doit se faire un épanchement pleural.
Même prescription. Soir, 38°,8.
16 novembre. — T. M. 38,2. Expectoration plus sanguinolente que les jours précédents, mêmes signés stéthoscopiques ; de plus, souffle doux voilé, vers la base du poumon droit ; en un mot souffle pleurétique. ;
Etat général très mauvais, pouls presque filiforme.
Prescription. — Même prescription alimentaire, application des ventoûses au niveau des régions malades.
Soil. In, 98095 0:
Le malade meurt le 17 à 7 b. 1/2 matin.
. Autopsie. — L'autopsie est pratiquée 24 heures après la mort. En voici les résultats.
Epanchement purulent du volume environ de 1/2 litre dans la plèvre droite.
Fausses membranes récentes au niveau du cul-de-sac inférieur de la plèvre ; pleurésie diaphragmalique.
Ganglions péri-bronchiques volumineux,
due
Poumon droit. — Coloration gris ardoise, emphysème le long du bord antérieur.
La section du parenchyme laisse voir une dilatation énorme par places et presque généralisée des bronches ; des points manifestement atteints de broncho-pneumonie ; hépatisation et abcès bronchique.
Poumon gauche. — Les lésions chroniques prédominent : bronchite et dilatation des bronches.
Cœur. — La cavité du cœur gauche est remplie dans sa partie
inférieure d’une masse énorme qui après avoir détruit l’endo-
carde pariétal, lout en laissant intacte l’endocarde valvulaire, s’est substiluée peu à peu au tissu propre du cœur, au myocarde dont il ne reste qu'une faible couche immédiatement accolée au péricarde.
On a en somme sous les yeux l’apparence d’une sorte de poche anévrysmale : anévrysme dont la paroi serait formée par le péricarde doublé d’un très mince revêtement myocardique et dont le contena consisterait en celte masse qui nous semble déjà macros-
copiquement être constituée par des caïllots en couches strati-
fiées.
Ilest certain qu'il s’agit là d’une lésion anatomique rare répon-
dant aux cas d’anévrysme faux du cœur.
Foie. — Normal.
Rate. — Capsule très épaissie et d'apparence cartilagineuse. Le tissu splénique est ramolli. :
Reins. — Aspect mamelonné, kystes superficiels, adhérence de
la capsule. Ala coupe, hypertrophie de la substance corticale,
destruction d'un grand nombre de pyramides. D'après l'aspect
. macroscopique on peut conclure à une néphrite diffuse.
© Examen bacténiologique. — Le 16 novembre, M. Monnier
avait déjà injecté à deux souris blanches un demi c. c. des crachats expectorés par le malade. L'une et l’autre avaient succombé au bout de 36 heures. Des cultures faites avec le sang de ces animaux lui donnèrent le bacille pyocianique à l’élat de pureté.
Au moment de l’autopsie il recueillit :
1° Du pus pleurétique, avec lequel il fit des cultures sur agar et gélatine et des inoculations à une souris blanche et à un cobaye.
Les cultures ont donné le bacille pyocianique à l’état de pureté.
La souris est morte et son sang ensemencé a donné ce même bacille. Le cobaye a été malade pendant 10 jours avec inappétence et diarrhée profuse.
2° Le suc pulmonaire ensemencé et puis inoculé à une souris blanche a encore donné le bacille pyocianique.
3° Nous avons dit qu’on avait trouvé, à l’autopsie du malade, le cœur gauche rempli d’une masse végétante tapissant l’endocarde pariétal au niveau de la pointe du ventricule et laissant absolument intacte la valvule mitrale. Cette masse était composée de couches stratifiées.
Ceite pièce présentée à la Société Anatomique de Nantes fut considérée comme une endocardite végétante, et les couches stratifiées comme des caillots sanguins organisés, ce qui fut confirmé par l'examen histologique. Les végétations les plus externes élaient dures, épaisses; les plus internes friables, rouges, rappelant assez exactement ce que les auteurs ont décrit comme végétations en choux fleurs.
M. Monnier fit des cultures et des ensemencements avec ces deux catégories de végétations. Les cultures faites sur agar et gélatine avec les couches stratifiées avoisinant la périphérie donnèrent un coccus énorme ne liquéfiant pas la gélatine sur laquelle d’ailleurs il forme des colonies citrines et donnant sur
gélose après 24 heures un enduit épais, visqueux, sans caractère