DENT
Ossenavarion X (du D° Monnier).
Service du D° Monnier.
Broncho-pneumonie à streplocoque et à bacille pyocyanique.
Méningite à streptocoque et à bacille pyocyanique. Mort.
Vieillard de 75 ans, venu à diverses reprises à l’infirmerie pour poussées aiguës de bronchite. C’est un vieux bronchitique comme nos malades précédents.
Il'entre de nouveau, le 23, mais cette oppression est plus grande que de coutume et son expectoralion, caractérisée autrefois par des crachats verts et abondants, l’est cette fois par des crachats plus jaunes, purulents et sanguinolents.
Il s'agit, comme le démontrent les signes sthéthoscopiques, de
- broncho-pneumonie.
| L'auscultation du cœur révèle des signes d’embryocardie, indice presque certain de myocardite.
Pouls fréquent et irrégulier.
Urines albumineuses.
Prescriplions : Todd. Café. Badigeonnages de teinture d'iode.
Soir. — T. M. 385,9.
24 janvier. — T. M. 380,8.
Soir. — T. M. 40°,
25 janvier. — T. M. 380,2.
Les oscillations thermométriques se sont montrées à partir de
ce moment jusqu'à la mort du malade avec les mêmes carac-
tères. À
27 janvier. — Abattement très prononcé, Pouls filiforme.
Il meurt le 29 janvier.
D os
Aulopsie. — Les poumons présentent des lésions de bronchopneumonie comme chez nos autres malades. Mais ici les reins ne paraissent pas infectés. En revanche, il existait au niveau de la région du pli courbé, sur l’hémisphère gauche, une nappe puru-
lente, de la largeur d’une pièce de cinq francs environ.
Cuwur. — Pelit ; plaques de sclérose, sur la coupe, au niveau
de la paroi ventriculaire gauche en avant.
Foie. — Petitet cirrheux.
Rate. — Ramollie.
Reins. — Lésions macroscopiques du rein sénile : reins petits,
rouges et granuleux ; capsule adhérente.
Examen bactériologique. — L'examen toujours d’après la même méthode que précédemment (culture et inoculation), du pus trouvé dans les noyaux hépatisés, de l’exsudat méningitique et des caillots cardiaques, nous a permis de trouver la présence du bacille pyocianique associé au streptocoque. Nous devons dire toutefois que les caillots n’ont donné que du streptocoque.
Il est rationnel de noter ici que, malgré la présence d’un exsudat purulent dans les méninges, cette méningite suppurée ne s’est traduite par aucun symptôme appréciable. .
Peut-être faut-il attribuer ce fait à ce que le pus n’a atteint que celte partie du territoire de l’écorce dévolue comme on l’admet aujourd’hui à la sensibilité, respectant les zones excito-motrices, le cerveau moteur en un mot, |
OrsERvATION X (prise avec le D' Monnier).
Service du Dr Monnier.
Broncho-pneumonie et arthrites multiples à streptocoques.
Le nommé T..., âgé de 71 ans, alteint dépuis 4 ans de bronchite chronique, entre dans le service le 3 janvier 1894 pour une broncho-pneumonie. ; | eu
À son entrée il est en proie à une dyspnée excessive, tousse beaucoup, mais ses crachats sont peu abondants et purulents.
Le cœur présente un dédoublement très net du deuxième temps.
Pouls fréquent. T. m. 38°,7. Urines non albumineuses..
Soir, T. m. 380,9. D
Jusqu’au 8 janvier rien de particulier, . température he entre 38, et 39, comme il arrive dans les broncho- pneumonies du vieillard. Le soir de ce même jour, vers 4 à ÿ heures de l'après-midi, le malade est tout d’un coup ie de frissons répétés, le thermomètre monte à 40,6, |
9 janvier. — Le malade se plaint d’ une douleur très vive. au niveau du poignet droit, il croit s’être heure pendant la nuit aux barreaux du lit. L'aspect de la région esl rouge, œdémaleux, mais non ecchymolique comme dans les contusions. La pression du doigt à ce niveau est insupportable et les mouvements. de l'articulation provoquent la plus vive douleur. Il s’agit évidemment-là d’une affection rhumatismale; la coexistence d’une ee
vation subite de la température suivie d’une chute brusque le
matin, la localis ation à un seul article font penser à une > arthrite
infectieuse.
Prescription. — Immobilisation de l'avant-bras dan sune gout-
nn
tière, application d’un one calmant {oco dolenti. on te du régime institué pour l affection broncho-pulmonaire.
Soir T. m. 389,6. 3
L'état général et local reste le même jusqu’au 14 janvier.
A ce moment les oscillations de la température diminuent d'amplitude, l'état général s'améliore, la rougeur disparaît, l'articulation semble s’ankyloser, mais les signes de broncho-pneurmonie existent toujours. . ET
Le 20 janvier. — Nouveaux frissons, mais moins longs et moins intenses que lors de l'infection articulaire. FM: 39° Sc
21 janvier. — 38°, Nous sommes alors étonnés. À constater une tumeur grosse comme-une mandarine au niveau de la partie antérieure du larynx. lette tumeur est sonore, bien circonscrite. et suit les mouvements du larynx. ù La
La soudaineté de son apparition et la sonorité à a percussion font penser à l'apparition d’un gazocèle. Et voici comment M. Monnier expliquait ce fait :
Il s'était formé, pensaït-i, une nécrose ER lcnelilages du larynx, nécrose suivie d’une perle de substance laquelle aurait permis à l’air de faire irruption en avant. Mais celte nécrose ellemême, à quoi était-elle due? |
La malade niait la tuberculose et la syphilis ; ; était-ce une
lésion carcinomateuse ? i Cette tumeur demeura telle. jusqu’ au 6 St Péndants ve temps l'état général avait été marqué par. des oscillations thermométriques très accentuées. | Le 6 février. — L'état général était des LL mauvais, lg pouls filiforme. Il mourait le 7.
… Autopsie. — Les poumons étaient le siège de lésions de bron cho-pneumonie, mais avec plus de pus dans les bronches me É habitude. :
Cœur. — Hypertrophie énorme du ventricule gauche,
Foie. — Lésions macroscopiques de cirrhose cardiaque. |
Rate. — Ramollie.
Reins. — Type du rein sénile déjà donné précédemment. L'incision de la peau au niveau de la région carpienne droite nous montra qu'il s’agissait bien d'une arthrite, on trouvait én effet dans l'articulation un exsudat purulent en voie de résorp- tion il est vrai. L’incision de la région thyroïdienne permit l’écoulement d’un pus sans odeur, pus bien lié et dont la quantité pouvait êlre évaluée à un verre environ. cs
Les cartilages du larynx, et la muqueuse du larynx, ainsi que les cordes vocales, tout était en état normal.
Les limites de cette poche purulente élaient celles que les auteurs ont données à la bourse séreuse dé Boyer. Cette localisation d’une arthrite suppurée n’a jamais jusqu'à présent été signalée. à
Examen bactériologique. — L'examen bactériologique a révélé dans le pus des poumons, des bronches, du poignet et de
la bourse séreuse le streptocoque à l’état de pureté. -
Dans les observations qui précèdent, dont nous avons ; connu et soigné les malades sous la direction de M.Monnier, on peut voir la broncho-pneumonie chez le vieillard aboutir dans son évolution à la pyohémie. Mais à quel moment cette broncho-pneumonie devient-elle infectante? C’est ce qu’il est impossible au clinicien de savoir, car ainsi que l’a montré M. Netter, un des caractères cliniques de la broncho-pneumonie à streptocoques est précisément d'offrir des oscillations thermometriques analogues à celles des états pyohèmiques. :
L’attention du médecin devra donc.se porter vers les
se dre articulations sur lesquelles le streptocoque semble avoir une tendance manifeste à se localiser.
Quant aux caractères cliniques que présente cette localisation ce sont ceux que l’on a décrits aux pseudorhumatismes'infectieux (1). Il n’y a peut-être pas dans la littérature médicale d’autres cas aussi nets de pyohèmie streptococcique. Mais peut- -être leur rareté vient-elle de ce que l’on à toujours jusqu’à présent négligé d'examiner systématiquement le sang d'individus morts d'infections aiguës des bronches. Re
OBsErvATION XI (du D° Monnier). :
Service du D' Monnier.
- Marie-Anne Borl..., âgée de 70 ans, atteinte depuis longtemps de bronchite chronique, entre dans le service le 24 février 1894, avec une broncho-pneumonie äroite bien caractérisée.
L’affection a évolué avec une rapiditéextraordinaire. La malade . mourait le 27 au matin.
À l’autopsie nous avons trouvé le poumon droit gorgé de pus
et les reins présentaient aussi quelques gouttelettes purulentes.
Examen bactériologique. — Ici encore nous pûmes déceler le streptocoque, avec le même procédé et par le même moyen que précédemment.
OgservaTION XIT (du D' Monnier).
Service du Dr Monnier.
La nommée Lor.…., âgée de 62 ans, est entrée dans le service de M. le Dr Bécigneul, le 4 février 1894, où on posa le diagnostic