‹ Les Infections Bronchiques Chez Le VieillardChapitre 39 sur 43 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

En présence d’un vieillard atteint d'infection chronique des bronches, qu’importe-t-il de faire? Nous n’hésiterons pas à établir en principe, qu'avant d’instituer tout traite-

ment il faut immédiatement éliminer l’idée de bronchite par insuffisance rénale, de bronchite albuminurique. |

Nous avons dit combien étaient fréquentes, on pourrait :

dire habituelles, les lésions rénales dans la vieillesse. Dés lors, il s’en suit qu’à cet âge, il faut, dans toute maladie, même dansune bronchite chronique, surveiller la fonction rénale. Aussi, est-ce à notre avis uneraison suffisante pour conseiller l’abstention systématique du vésicatoire chez le vieillard. | Nous sommes d’ailleurs peu convaincus de son efficacitè dans l’âge adulte, mais chez les personnes âgées nous en rejetons l'emploi pour deux raisons principales : C’est que d’abord, s’il est vrai, comme nous l'avons dit, qu’il existe presque certainement des lésions rénales, rien ne prouve que l’absorption par les tissus d’une quantité difficile à apprécier de cantharidine, ne puisse déterminer une poussée aiguë de néphrite épithèliale. De plus, n’y eût-il pas à craindre cette complication, il estimprudent, croyons-nous, d'introduire un toxique nouveau : Za cantha-

dus pour PL PE

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ridine dans un organisme doté d’un filtre rénal insuffisant.

Nous n’avons certes pas la prétention de chercher à enlever toute valeur à la méthode révulsive. D’après ses partisans les plus convaincus, elle donnerait lieu à des phénomènes vaso-moteurs, d’où il rèsulterait une dérivation vers la peau de la poussée congestive dont la plévre, le poumon, les bronches sont le siège. Peut-être en estil ainsi, mais en réalité le vésicatoire .n’a pas seul le monopole de cette dérivation dont en définitive on pourra mettre en doute la réalité tant que l’expérimentation n'aura pas établi la réalité de cette action. Cependant, dira-t-on, le vésicatoire est un puissant, le plus puissant peut-être des révulsifs. Soit : n'oublions pas

toutefois le vieil adage qui servait de base même à l’an-

cienne thérapeutique : primo non nocere. Or, il n’est pas douteux que dans le vieil âge, le vésicatoire soit souvent nuisible. En fout cas, c’est une arme qu'il faut savoir manier avec une telle prudence que nous préférons en

conseiller systématiquement l’abstention..

‘ Aussi, donnons-nous volontiers la préférence aux révulsifs plus anodins : {einture d’iode, ventouses, et surtout essence de térébenthine.

Comme complèment d’un traitement qui n’a d'autre

prétention que celle d’être symptomatique nous conseil-

lons l’emploi de capsules d’essence de térébenthine. On prescrit depuis longtemps ce médicament, comme d’ailleurs la plupart des balsamiques, en raison de la propriété qu’il aurait de tarir les sécrétions bronchiques. Loin de fatiguer les épithéliums rénaux, il s’èliminerait

sans nuire à leur délicate fonction. C’est peut-être à lui que nous devons d’avoir obtenu dans le service du D' Monnier des améliorations notables.

Quant aux opiacsé, à la potion calmante que réclame“ avec tant d’insistance le vieux catarrheux, sans doute elle peut avoir ce noble rôle de soulager la violence d’une toux opiniâtre, et par suite de procurer au bronchitique quelques heures de repos ; mais il ne faut pas oublier cependant que son emploi n’est pas toujours très logique. L’opium augmente en effet l’insensibilité déjà si grande

de la muqueuse bronchique et par conséquent amoindrit

encore les zônes tussipares.

Les expectorants, ilest vrai, ne manquent pas dans la thérapeutique, mais certaines potions expectorantes des Hôpitaux, par exemple, ne tireraient-elles pas leur action des principes diurétiques qu elles contiennent, et qui, par ce fait, permettent à l’économie d'éliminer par les reins les produits toxiques d’origine bronchique ?

Le traitement symptomatique n’a donc en somme

qu’une action bien faible. C'est en vain qu'avec lui on :

essaierait de guérir une lésion aussi tenace que le catarrhe des bronches.

Dans ce sens, le {railement général a, pensons-nous, une influence plus salutaire. Il ne faut done pas négliger de soutenir les forces affaiblies des vieux bronchitiques : phospho-glycérates, préparations de Kkola, toniques du cœur, Cafèine en particulier. Telles sont les ressources dont nous pouvons disposer avec utilité. "

L'heure n’est pas venue d’un traitement cwratif. Il serait téméraire de penser qu’on pourra guérir la plus

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simple bronchite chronique aussi facilement qu’une

. diphtérie ou qu’une streptococcie pure.

Il nous est du moins permis d’attendre des théories de ce génie que la Science et la France pleurent encore, des ressources que la seule thérapeutique ne saurait nous donner.

Déjà, nous leur devons, aux doctrines pastoriennes, sinon de guérir, tout au moins de prévenir l’extension, ou plutôt la contagion du catarrhe bronchique. Et cela par les bienfaits de l’hygiène prophylactique dont il nous reste à nous occuper en terminant.

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