‹ Les Infections Du Premier AgeChapitre 11 sur 58 · TR MA · texte numérisé non relu

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productions cornées au niveau de la tête et des pattes; ces lésions ont une évolution extrêmement lente. |

Le Chien et le Chat ne sont pas moins exposés à contracter la tuberculose et à présenter des lésions ouvertes. Depuis longtemps, Cadiot a attiré l'attention sur la fréquence de la tuberculose chez le Chien ; d’après les statistiques de Cadiot et Petit,6 à 9 pour 100des Chiensde Paris seraient tuberculeux. Ces animaux sont contaminés par l'Homme tuberculeux, notamment en déglutissant les crachats projetés à terre. En effet, Cadiot à remarqué que les Chiens les plus infestés sont ceux qui fréquentent des établissements mal tenus, tels que les débits de boissons, certains cafés et restaurants, dont le sol est souillé de crathats.

Les Chiens et les Chats peuvent être atteints de lésions tuberculeuses ouvertes très variées, pulmonaires, intestinales ou cutanées. Ces dernières sont assez fréquentes; Cadiot, Petit et Basset en ont réuni un certain nombre de cas; quelques-uns sont rapportés, avec figures à l’appui, dans la thèse de Letourneur.

Notons enfin que les Punaises et les Poux sont soupçonnés de transmettre la tuberculose. Imhoff a constaté qu'à la suite d'une infection parle Phthirius inguinalis, un individu bien portant a eu un bubon, puis une coxalgie. A la suite de cette observation, il a pratiqué l'ophtalmo-réaction chez les enfants présentant des adénites cervicales d’origine pédiculaire : il à obtenu 33 pour 100 de résultats posilifs. Ge point, comme le dit Brumpt mérite de fixer l'attention d’une façon toute particulière.

Pneumonie lobaire

Rare au-dessous de deux ans, la pneumonie lobaire à son maximum de fréquence entre deux et six ans. Exceptionnelle dans les premières semaines de la vie, elle a pourtant été vue chez le fœtus et le nouveau-né. C'est une maladie endémique, due aux Pneumocoques, hôtes normaux de la bouche et du

pharynx qui deviennent pathogènes sous des influences diverses. Elle revêl parlois la forme épidémique, mais sa contagiosité est faible.

L'agent de la pneumonie lobaire est le Pneumocoque lancéolé encapsulé de Talamon-Frænkel (Micrococcus pneumonie). 11 y a d'abord pneumococcémie, puis envahissement du poumon.

Psittacose

Une des maladies bactériennes les plus graves, transmise par les Oiseaux, est la psittacose. Elle est produite par une Bactérie spéciale et se manifeste par un état typhoïde, accompagné de fièvre et d'accidents pulmonaires graves. Ceux-ci consistent généralement en une congestion pulmonaire, procédant par poussées successives en des points variés et accompagnée d’une toux quinteuse sans expectoration ; il peut y avoir aussi de la pneumonie secondaire et infectieuse à allure très grave. On constate également des accidents sous forme de stomatite ou de boutons buccaux rouges et douloureux.

Cette affection est transmise à l'Homme par les Perruches malades. Depuis la première épidémie de 1892, on en a signalé un certain nombre d'autres, tant en France qu'à l'étranger. Letourneur en à donné un excellent résumé dans sa thèse sur les maladies transmises par les animaux d'appartement. Naturellement, les enfants sont atteints de cette maladie aussi bien que les adultes, surtout s'ils jouent avec les animaux malades.

GEHAPITRE, II

LES INFECTIONS INTESTINALES

Dyserteries et Colites dysentériformes

Il n’y à rien de particulier à dire sur la dysenterie bactérienne; l’étiologie et l’évolution sont les mêmes chez l'enfant que chez l'adulte. Le rôle de l'infection y est bien évident, puisque cette maladie est produite par le Bacillus dysenteriæ.

L'infection joue aussi un grand rôle dans les colites dysentériformes ou choïériformes des pays tempérés. Ces affections, quelquefois très graves et mortelles, sont caractérisées surtout par une congestion intense de la muqueuse intestinale, pouvant aller jusqu'à la production de taches hémorragiques. Les ulcérations sont exceptionnelles et superficielles; l'infection microbienne estévidente, mais il est difficile d’incriminer plus particulièrement telle ou telle espèce. La flore intestinale comprend des Colibacilles, du Bacille pyocyanique,des Streptocoques, des Entérocoques, divers anaérobies mal connus, des Spirochètes dont le rôle est mal défini, ete. Il paraît certain que la pullulation et la virulence microbiennes sont sous la dépendance de facteurs provenant du terrain: il y a de la dyspepsie et de la constipation, liées tout d'abord à l’arthritisme, à une mauvaise alimentation, etc.

Diarrhée irfartile

Une question étiologique importante, concernant les diarrhées infantiles, est le rôle que peuvent jouer les Mouches

dans leur propagalion (1). Il est certain que les recrudescences de la diarrhée infantile correspondent avec les années où les Mouches foisonnent : les maisons les plus atteintes sont celles où les Mouches sont très nombreuses et pénètrent librement. En Anglelerre,les recherches de Niven et Climens, de Capeman; en Amérique, celles de Jackson et de Nash ont montré le danger des dépôts de fumier, d’ordures et de gadoues, qui favorisent l’éclosion de myriades de Mouches. Les maisons voisines de ces dépôls sont les plus atteintes par les épidémies de diarrhée.

D'ailleurs, les Mouches constituent un puissant agent de dissémination de toute espèce de virus ; elles les transportent mécaniquement avec leur trompe et leurs pattes,ou bien elles les ingèrent et les répandent ensuite en tous lieux avec leurs excréments. Ces faits sont démontrés expérimentalement pour le choléra et la fièvre typhoïde. Cette démonstration est plus difficile pour la diarrhée infantile, qui est certainement produite par plusieurs germes bactériens différents.

Nous laissons de côté l'étude du choléra qui, lorsqu'il se rencontre chez l'enfant, ne présente pas de symptômes particuliers.

Ekiri

Parmi les dysenteries, nous devons une mention toute spéciale à une maladie qui paraît être particulière au Japon. C'est une affection dysentériforme très aiguë, épidémique, atlaquant presque exclusivement les enfants de deux à six ans dans la zone chaude de l'archipel japonais. Elle porte, dans ce pays, le nom d'ekiri. Elle est caractérisée par des évacuations glaireuses, très abondantes, se produisant sans douleur ni

(1) M. Stephen Coudray, notre collègue au Laboratoire de Parasitologie de la Faculté de Médecine de Paris, va soutenir prochainement une thèse importante sur le rôle de la Mouche domestique dans les infections. Il y traitera sans doute de cette question avec plus de détails que nous ne saurions le faire ici.

ténesme. Un signe important est la mollesse de l'abdomen. Le tout s'accompagne de fièvre élevée et de phénomènes cérébraux. L'évolution est très rapide, elle dure deux ou trois Jours; là mortalité est très élevée. L'agent pathogène paraît être un Bacille décrit par Sukehiko-Ito. Non seulement l’enfant est infiniment plus exposé que l'adulte à la maladie, mais, chez ce dernier, la guérison est la règle, tandis qu'elle est l'exception chez l'enfant.

Fièvre typhoïide

Nous ne dirons que quelques mots de la fièvre typhoïde, dont l’évolution ne présente aucun caractère bien particulier à l'enfance. Due au Bacille d'Eberth (Bacillus typhosus), cette maladie doit être souvent méconnue dans la première enfance, en raison de l'inconstance des principaux symptômes et de la façon uniforme dont l'organisme infantile réagit au début de la plupart des maladies infectieuses aiguës. Ses causes sont les mêmes que ehez l'adulte : l’eau, le lait coupé sont, chez le tout jeune enfant, les principales sources de la contagion. Reber, puis Neuhauss, Eberth, Chantemesse, Widal, Ernst, Legry, Egiglio, Frascani, Jarziewsky, Hildebrandt qui se sont occupés de la question, ont montré la possibilité de la contamination fœtale. Le Bacille pénètre directement dans le sing et tue le fœtus par septicémie. On ne constate jamais de lésions viscérales, la rate n'est pas hypertrophiée, il n'y a pas d'ulcérations des plaques de Peyer.

La fièvre typhoïde peut être également transmise par les Mouches. Le Bacille spécifique se rencontre dans l'urine, les expectorations et surtout les déjections des malades alités; il existe également dans les selles de sujets guéris depuis fort longtemps et chez des individus «porteurs de germes ». Or, à la campagne où les déjections sont déversées un peu partout, sur le fumier,surle sol, desessaims de Mouches, après

avoir butiné sur ces ordures, rapportent à l'intérieur du logis les germes et les matières dangereuses dont elles sont souillées. A là ville également, des faits semblables sont possibles, si on laisse les Mouches prendre contact avec les déjeclions des malades. Hamilton en 1903, à Chicago, trouve cinq fois le germe, sur 18 Mouches capturées dans une chambre de typhique. Ficker, en 1903, réussit également à déceler le Bacille typhique sur des Mouches capturées dans les mêmes conditions. De nombreuses recherches entreprises par Acrissworth, Poona, Kerkée, Nuttall, viennent confirmer ces faits. Citons également la possibilité de la transmission de la fièvre typhoïde par les Poux: dans un cas, Abe a trouvé 15 pour 100 de ces animaux porteurs du Bacille {yphique.

On comprend done sans peine avec quelle facilité le tout jeune enfant, incapable de se défendre et d'écarter de lui ces Insectes, peut être contaminé.

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CGÉEAPITRE. III

Méningite cérébro-spinale à Méningocoques

C’est encore une maladie épidémique, plus particulière aux climats tempérés, attaquant de préférence les enfants et, chose curieuse, les soldats. Les statistiques s'accordent pour reconnaître qu'au moins 95 pour 100 des cas se produisent audessous de douze ans. C’est donc une maladie du jeune âge au premier chef.

Les épidémies se propagent par contagion directe évidente, comme pour la coqueluche ou la diphtérie.Il est très difficile d'établir une relation entre les cas; il semble que les enfants soient frappés au hasard. En somme, l’étiologie est très mal connue ef on en est réduit à attribuer la dissémination de la maladie aux « porteurs de germes ». Les Méningocoques se trouveraient dans le nez et le pharynx et deviendraient virulents sous certaines influences; ils passeraient alors par la voie lymphatique pour infecter les méninges.

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Erysipèle

Nous avons peu de chose à dire sur l'érysipèle dans la première enfance. Due au Streptocoque, cette maladie est très grave avant trois mois, pour devenir ensuite reiativement bénigne et évoluer rapidement. Passé l'âge de deux ans, son évolution est à peu près identique à celle de l'adulte. Il ne semble pas que la contagion puisse se faire pendant l’allaitement. Roger a laissé des mères atteintes d’érysipèle allaiter leurs enfants, après avoir constaté que leur lait ne contenait pas de Streptocoqges: neuf enfants ont été laissés au sein, trois autres ont eu une alimentation mixte pour contrebalancer la diminution de la sécrétion maternelle. Dans ces conditions, tous les enfants ont prospéré; aucun d'eux n’a présenté de troubles digestifs ou de manifestations morbides quelconques.

L'érysipèle se transmet surtout par contagion. La ltransmission transplacentaire est fort douteuse, d'après les observations de Roger portant sur douze cas. L'érysipèle des nouveaux-nés, consécutif à l'infection puerpérale de la mère, est acquis très probablement après l'accouchement. Le Professeur R. Blanchard nous signale tout spécialement l'influence de la famille et de l'habitation sur l’érysipèle. De même qu'il y à des familles de tuberculeux et de diphtériques, il y a des familles d'érysipélateux et des maisons à érysipèle: ceci, selon toute apparence, est la cause de cela.

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CONJONCTIVITES

Corjonrctivite à Gonocoques. — Vulvo-vaginrite des petites filles

Parmi les infections d’origine bactérienne, nous devons mentionner la conjonctivite à Gonocoques, qui serait si fréquente chez le nouveau-né si on ne prenait pas la précaution de faire des instüllations de nitrate d'argent. Il est inutile d'insister sur la gravité de ces ophtalmies purulentes des nouveaux-nés; dans les pays non civilisés, cette maladie est une des causes les plus fréquentes de cécité. Le Gonocoque est aussi l'agent qui produit presque toujours la vulvo-vaginite des petites filles; d'après Veillon et Hallé, le Gonocoque est ici en cause dans 25 cas sur 27.

Conjorctivite «à inelusiors ». — Trachôme. — Conjorctivite phlycténulaire

Bien que l’on ‘ne connaisse pas encore la nature de ces infections, nous avons pensé qu'il y avait intérêt, pour la clarté et la bonne compréhension du sujet, àgrouperensemble toutes les conjonctivites dont nous avons à nous occuper.

Conjonctivile dite « & inclusions ». — Elle est particulière aux nouveaux-nés ; on trouve dans les cellules épithéliales, obtenues par raclage de la conjonctive, des inclusions de nature inconnue qui réntrent dans la catégorie des corps décrits par von Prowazek sous le nom de Chlamydozoaires ; on ñe sait encore rien de précis à l'heure actuelle sur la véritable nature de ces corps. Ils ressemblent beaucoup à

RAYMOND CAPDEVILA 4

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ceux qui ontété décrits dans le trachôme ou conjonctivite granuleuse, qui s'observe aussi chez les tout jeunes enfants.

Trachéme. — Il paraît certain que, dans les régions où se montre le trachôme ou ophtalmie granuleuse, les Mouches prennent une part à la transmission de cette grave affection. En Algérie, en Egypte, on les voit s'accumuler en grand nombre au coin de l'œil des indigènes, qui supportent très bien leur contact ; on conçoit donc qu'elles transmettent le germe de la maladie, en passant d’un individu à l'autre

Conjonctivile phycténulaire. — P. de Font-Réaulx vient de montrer récemment qu'elle est produite uniquement par les piqûres des Poux de tête. L'agent de cette maladie est encore inconnu, mais il est maintenant certain quil est transporté el inoculé par le Pediculus capitis. La meilleure preuve est que les accidents disparaissent lorsqu'on débarrasse l'enfant de ses parasites. Cette maladie s’observe exclusivement dans l’enfance, soit dans 98 pour 100 des cas d’après True, Valude et de Font-Réaulx. Elle est rare avant un an et après la puberté. Les adultes qu’elle atteint sont ceux qui sont en contact avec les enfants où qui vivent en groupement (soldats). C’est surtout une maladie de misère, puisque Truc compte 12 pour 100 de cas chez les pauvres et 3 pour 100 chezles enfants aisés.

Sur {65 cas, de Font-Réaux trouve :

16 cas au-dessous de 3 ans, 13l cas de 3 à 18 ans, 18 cas au-dessus de 18 ans.

Sur ces 165 cas, il constate 142 fois la pédiculose et la tient pour probable dans les 23 autres cas soit 15 pour 100. Au contraire, chez des enfants non atteints de conjonctivite phlycténulaire, ilen trouve 69 pour 100 indemnes de Poux. Les filles, chez lesquelles la pédiculose est plus fréquente et plus difficile à soigner, sont plus atteintes que les garçons.

Cette maladie n'est pas négligeable, car elle laisse souvent derrière elle des opacités de la cornée.

ROLE DES ARTHROPODES ET DES ANIMAUX D'APPARTEMENT DANS LA TRANSMISSION DES INFEC- TIONS BACILLAIRES.

En étudiant l’étiologie des diverses infections bactériennes que nous venons de passer en revue, nous avons eu plusieurs fois l’occasion de dire quelques mots du rôle que jouent certains Arthropodes dans leur transmission.Nous avons signalé, pour certaines maladies telles que la tuberculose et la psittacose, le danger que présentaient pour l'Homme certains animaux d'appartement. En étudiant les infections causées par les Protozoaires et les Helminthes, celles produites par les Champignons et les maladies à virus invisible ou inconnu, nous reviendrons à chaque instant sur cette question.

En Angleterre el en Amérique, l'attention des hygiénistes a été tout particulièrement attirée sur ce point, surtout en ce qui concerne le rôle que peuvent jouer les Mouches dans la propagation de certaines maladies bactériennes. On commence en France à en comprendre l'importance, puisque, cette année même,sur l'avis du Conseil d'hygiène du département de la Seine, des affiches ont été placardées à Paris et dans la banlieue, pour signaler à la population le danger des Mouches et vulgariser la connaissance des procédés à employer pour les détruire.

Sur l'initiative d’un de ses plus sympathiques Vice- Pre dents, M. André Gent, le Conseil Municipal de Paris, poursuivant le même but, adopta le rapport qui lui fut présenté par ce Conseiller et décida, l’année dernière, la réorganisation du Musée d'hygiène. Sur les indications fournies par le laboratoire de Parasitologie de M. le Professeur R. Blanchard et grâce aux qualités d'organisateur de M. Leroux, qui eut à s'occuper un des premiers de l'installation intérieure de ce Musée, dont il vient d'être nommé tout récemment

Conservateur, des salles spécialement consacrées aux parasites ont été créées. De nombreux moulages montrent l'aspect des viandes parasitées que l’on doit impitoyablement rejeter de la consommation; des tableaux représentant ce que l'Homme doit faire et ne pas faire, notamment dans ses rapports avec les animaux, ont été apposés sur les murs. Enfin, la plupart des Insectes nuisibles, parmi lesquels les Mouches, y sont représentés sous un grossissement suffisant, avec une légende explicative. Il serait à souhaiter que cet exemple fut suivi par d’autres villes, car c’est encore là le meilleur moyen de faire l’éducation du public.

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