‹ Les Infections Du Premier AgeChapitre 14 sur 58 · RUE · texte numérisé non relu

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l’'émétine permit de guérir rapidement le petit malade etles Amibes disparurent des selles dès le 17 mars, soit au douzième jour.

Ces deux observations sont très intéressantes au point de vue étiologique. Le petit garçon a été évidemment contaminé par sa sœur, l'incubation a duré plus de trois jours et moins de treize. Cet enfant s'est montré très sensible au virus, alors que les parents, exposés aux mêmes chances d'infestation et se trouvant même en contact plus intime avec la malade, n'ont présenté aucun accident.

Bobillier rapporte en outre deux observations relevées par le D' Lesage et ayant trait, l'une à un enfant d’un an, l’autre à un enfant de treize mois sevré.

D'après les constatations microscopiques faites dans les quatre cas, il semble bien qu'il y ait eu toujours des kystes tétranucléés. Dans ses deux observations personnelles, Bobillier dit avoir vu dans les Amibes un, deux, trois ou quatre noyaux à l'élat frais ou après coloration à l'hématoxyline ferrique. Il considère les formes tétranucléées comme des kystes en voie de formation ; les véritables kystes à membrane nette étaient plus rares. Un détail pourtant nous à surpris : dans les formes mononucléées, Bobillier aurait vu un uoyau volumineux occupant presque toute l'Amibe. Il est regrettable que l’auteur n'ait pas joint à sa description une figure dessinée à la chambre claire, car généralement, on n'observe pas chez Entamæba dysenteriæ, Un noyau aussi volumineux.

Dans les deux cas de Lesage, des kystes tétranucléés peu nombreux ont été constatés.

Au point de vue expérimental, Bobillier a obtenu un résullat très intéressant, Alors que, dans les deux cas de Lesage, l'inoculation intra-rectale au jeune Chat, avait été posilive, elle n'avait pas réussi avec le second malade de Bobillier. Par contre, un autre jeune Chat, nourri avec du lait tenant en suspension des selles desséchées depuis près d'un mois, présenta au bout de dix-huit jours une dysenterie

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amibienne typique. Cette expérience montre bien la réalité de la contamination par les kystes même désséchés.

Ces faits concordent avec les résultats des inoculations expérimentales. Il est reconnu que celles-ci réussissent beaucoup mieux avec de jeunes Chats qu'avec des Chats adultes. En inoculant dans le rectum des selles toules fraîches et riches en Amibes, Brumpt à obtenu, notamment à Paris, 100 pour 100 de succès avec deux cas de dysenterie amibienne autochtone et quatre cas de dysenterie exotique. Garin et Parrot ont obtenu à Lyon dans les mêmes conditions £0 pour 100 de succès; ils ont même observé l'éclosion spontance d'une conjonctivite purulente avec présence d’Amibes dans le pus.

Abcès amibien du foie

L’abcès du foie d’origine amibienne parait rare chez l’enfant. Leblond, dans sa thèse publiée en 1892, n’a pu en réunir que quatre cas. Zancarol n’en a pas vu un seul sur 600 cas de dysenterie amibienne ; Oddo n’en a réuni que 13 cas y compris les 4 cas de Leblond ; Olivito de Oliveira (1903), au Brésil, n’en à vu que 3 cas chez des nourrissons de cinq, dixsept et vingt et un mois. Slaughter en cite un cas en Virginie, en 1895. Oddo conclut que la rectite amibienne, quoique très commune chez l'enfant, n'amène que rarement la suppuration hépatique.

Ce fait concorde encore avec les résultats expérimentaux. Brumpt, malgré de nombreux passages, n'en à jamais obtenu. Pourtant, avec un virus, il est arrivé à 10 passages successifs et le même virus, repris par Chatton, lui a encore fourni 11 passages, soit en tout 2! passages.

Par contre, Marchoux au Soudan a obtenu 52 abcès sur 82 cas. Il semble donc que, chez les jeunes sujets, l’abcès amibien du foie est exceptionnel, par suite d'une résis tance particulière. Ce fait est d'autant plus intéressant que l’abcès du foie non amibien est loin d'être une rareté

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chez l'enfant. Mais, tandis que l’angiocholite et la -dysenterie sont les deux grandes causes de suppuration hépatique chez l'adulte, chez l'enfant cet accident reconnait surtout pour cause les traumatismes ou l'appendicite chronique, plus rarement des Helminthes tels que des Ascarides remontant par les voies biliaires. D'ailleurs, les caractères anatomo-pathologiques de ces divers abcès sont assez différents : l’abcès dysentérique et l'abcès traumatique sont isolés et volumineux; l’abcès vermineux est aréolaire, tandis que Pabcès métastatique, lié à une infection générale, est de petit volume.

Il est important de savoir comment s’infeste l'enfant, afin de pouvoir le préserver. Une des causes d’infestation est certainement l'absorption des kystes; ceux-ci existent évidemment dans la nature, mais en outre, il ne faut pas oublier qu'ils se forment en quantité dans ie tube digestif des malades, et particulièrement des chroniques. Le contact des selles fraîches d'individus en bonne santé apparente peut donc être très dangereux et produire des infections familiales. Voici donc le second exemple d'infection susceptible d'être transmise de l'Homme à l'enfant par la voie familiale.

Dysenterie à Irfusoires

La dysenterie à Infusoires estpresque toujours produite par le Balantidium coli (fig. 5). D'ailleurs, quel que soit l'Infusoire en cause, le diagnostic microscopique s'impose. Cette forme de dysenterie ne se complique généralement pas d’abcès du foie, mais il se produit des ulcérations du gros intestin qui, pour être superficielles, n'en causent pas moins de graves désordres. La dysenterie balantidienne est une mala- anti die encore très peu étudiée ; aussi coli, d'après Brumpt. x 480.

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