‹ Les Infections Du Premier AgeChapitre 15 sur 58 · COS · texte numérisé non relu

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n’avons-nous trouvé que trois observations ayant trait au petit enfant.

Le cas le plus ancien est celui de Shegalov, publié en 1899. Il a trait à un garçon de cinq ans et quatre mois présentant de la diarrhée, du météorisme, de la sensibilité de l'abdomen, de la pâleur des muqueuses. Le malade à été suivi pendant trente huit jours, durant lesquels on observa de la fièvre pendant les vingt-huit premiers jours. On finit par débarrasser l'enfant de ses parasites, en lui donnant de l'huile de ricin et des lavements d'acides tannique el acétique.

Le cas de Chichuline date de 1900. Le malade, âgé de six ans, était le fils d’un fermier ; il avait déjà eu un premier accident imputable à la viande de Pore. Au cours de ce premier accident, le père, la mère et la servante tombèrent malades en même temps que l'enfant. La mère mourut et les autres guérirent : tous avaient mangé du saucisson de Porc préparé par eux-mêmes.

Au cours de sa seconde atteinte, l'enfant, quand il fut examiné, souffrait depuis deux semaines d’une diarrhée sanguinolente ; il avait commencé à manger du Porc peu de temps auparavant. Il était très anémié ; l'abdomen était distendu et sensible ; il avait de la fièvre et uu peu d’æœdème malléolaire ; les selles étaient douloureuses et renfermaient du sang, du pus, des œufs d'Ascaris lumbricoïdes et de nombreux Balanlidium. Les Ascarides furent expulsés facilement par ladministration de santonine et de calomel, mais l’état de l'enfant ne fut pas amélioré. Alors, on lui donna de l’opium et finalement des lavements de benzoate de soude, alternant avec des lavements d'acide borique à | pour 100. Après une semaine de ce traitement, l'état de l'enfant ne fit qu'empirer et le nombre des Balantidium augmenta considérablement, si bien qu'en examinant les selles, tout le champ du microscope en était rempli. Finalement, l’enfant mourut dans le collapsus ; il ne fut pas possible de faire son autopsie.

Le cas de Toboadela est le plus récent (1911). La malade était une petite fille de dix ans, originaire des Canaries et

arrivant de la Havane. Les symptômes qu’elle présentait étaient de la fièvre, une rougeur généralisée de la peau avec prurit intense, de l’angine erythémateuse avec dysphagie ; la langue était saburrale ctil y avait de la diarrhée. On porta d'abord le diagnostic d'urticaire fébrile et de dermopathie cutérogène. L'examen microscopique des selles montra ensuite la présence du Balantidium coli, associé à des œufs d'Ascaris lumbricoïdes, d'Oxyurus vermicularis et de Trichocephalus trichiurus. La malade fut suivie pendant dix-sept jours, du 11 àau 28 décembre 1910 ; elle sortit de l'hôpital très améliorée, sinon guérie complètement. Le traitement consista en administration de thymol, puis d'extrait éthéré de Fougère mâle, alternant avec dés purgatifs salins. L'emploi de potions au chlorure de calcium et d'eau de chaux ne semble pas avoir apporté d’obstacle à la disparition des Balantidium, dont le nombre diminua rapidement.

Nous devons noter ce fait intéressant de pathologie comparée, mis en lumière par Brumpt et- Joyeux, que, chez le Porc, hôte habituel du Balantidium coli, les parasites, quand ils existent, sont très abondants chez les jeunes Pores de quelques semaines, puis deviennent de plus en plus rares et disparaissent vers le huilième ou neuvième mois qui suit l'infection.

L'infestation se produit par l’ingestion de kystes avec l'eau ou les aliments : ces kystes sont répandus dans la nature par les Porcs, porteurs normaux de cette Infusoire. Divers Singes (Orang-Outang, Cynocéphales, Macaques) peuvent aussi être infestés naturellement.

Toboadela incrimine la consommation et la mauipulation de la viande et des viscères du Pore ; 1l remarque que 35 pour 100 des cas observés chez les adultes se rapportent à des individus en contact avec les Porcs et à des régions où l’on manipule et consomme beaucoup de préparations de viande de Porc et notamment des sausisses. Il y a même des cas d'infestation subite, par exemple ceux de Gurvich, de Jonowski et de Chichuline.

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Mais, ainsi que l’a montré Brumpt, il ne suffit pas d'avaler des kystes pour être infesté ; il faut encore que lInfusoire trouve un milieu dont le chimisme lui soit favorable, autrement les kystes sont tués. Il semble que la réaction acide normale de l'estomac et des fèces s’oppose à la pullulation de ce parasite. Il reste aussi à voir si l'enfant est un terrain plus favorable que l'adulte.

Diarrhées à Flagellés

Les diarrhées à Flagellés sont produites par des Cercomonadinés appartenant aux genres Lamblia, Proivazekia, Tri-

Fig. 6. — Lamblia inteslinalis, À, vu de face: B, vu de profil; C, Kyste. Coloration à l'hématoxyline ferrique, d’après Wenyon. x 2.500

chomonas et Tetramitus. Ces trois genres diffèrent essentiellement, au point de vue pathogénique, par leur siège : Les Lamblia (fig. 6) vivent dans l'intestin grèle, tandis que les

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Trichomonas et les Telramilus se rencontrent dans le gros intestin : cæcum et côlon. On voit tout de suite par là que les Lamblia sont beaucoup plus difficiles à atteindre et causent des affections plus graves et plus tenaces.

Il est rare de trouver des Lamblia dans les selles sous la forme flagellée, sauf dans les cas de diarrhée intense ; ils sont presque toujours enkystés. Leurs kystes ovalaires peuvent être reconnus à l'examen microscopique direct, et encore mieux sur les frottis colorés à l’hématoxyline ferrique : on distingue alors les flagelles repliés à l’intérieur de la membrane kystique.

Dans lintestin grêle, les Lamblia vivent fixés sur les cellules épithéliales. Lorsque leur nombre est considérable, ils peuvent causer des accidents sérieux, sous forme de catarrhe rebelle. Noc à trouvé ce parasite en abondance chez des individus atteints de diarrhée de Cochinchine ; Musgrave l’a vu très souvent chez les dysentériques amibiens ; il n'est pas rare à Paris (Brumpt et Goiffon). On connaît peu de cas chez les enfants, toujours parce qu'on néglige de faire systématiquement l'examen microscopique des matières fécales à l’état frais. Darling en a signalé récemment un cas chez un enfant de deux ans, dans la zone du canal de Panama. II attribue l'infestation de son petit malade à une contamipation possible par les déjections des Rats, qui sont tous infestés dans cette région.

En effet, divers Rongeurs, tels que les Rats et les Souris, sont les hôtes normaux du Lamblia intestinalis, qui pullule dans leur intestin grêle. Ces animaux expulsent de nombreux kystes dans leurs matières fécales; aussi n'est-il pas étonnant qu'ils les dispersent autour d’eux et que ces kystes puissent parvenir dans le tube digestif de l'Homme et notamment de l'enfant, qui porte volontiers à sa bouche toute espèce d’objets. D'autre part, Noc, à Saïgon, a reconnu que ces kystes peuvent être ingérés avec l’eau de boisson, car, il les a retrouvés dans les boues des filtres en porcelaine. Il estcertain aussi que, comme pour les Infusoires, un chimisme parti-

RAYMOND CAPDEVILA o)

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