‹ Les infections du tronc cérébral: à virus neurotrope indéterminéChapitre 23 sur 40 · LES SYNDROMES VASCULAIRES · texte numérisé non relu

LES SYNDROMES VASCULAIRES

Les lésions consécutives à une thrombose ou à une hémorragie dans la région que nous étudions peuvent créer les syndromes de Weber, de Bénédikt, de Millard-Gübler ou des syndromes bulbaires type Avellis, Schmidt, Jackson, Wallemberg, Babinski-Nogeotte, et en sont même les causes les plus fréquentes. L'interrogatoire serré et les divers examens cliniques complémentaires auront vite fait de nous éclairer sur l’étiologie. Cependant, dans certains cas, et en particulier dans les syphilis du névraxe, la discussion peut être faite avec un processus encéphalitique

indéterminé, d'autant plus que la syphilis peut produire des lésions vasculaires assez semblables à celles de l’encéphalite épidémique. Ses lésions tertiaires ccléreuses et gommeuses, en touchant soit l’endartère, soit la périartère, aboutissent à une thrombose créant un foyer de ramollissement.

Nous allons citer, à ce sujet, une observation intéressante :

OBSERVATION XXXV (résumée).

(Ch. AcHARD et ROUILLARD.)

Syphilis mésocéphalique, prise avant de connaître les réactions sérologiques, pour une encéphalite épidémique.

Femme de 62 ans, ayant présenté des phénomènes ’embarras gastrique, avec vomissements, de la gêne de la vue et de la faiblesse des mains.

A l’examen, on constate un léger ptosis à droite. Les pupilles sont paresseuses à la lumière, Pas de Romberg, mais tendance, les veux fermés, à tomber en arrière. Un peu d’adiadococinésie à la main droite. Un peu d’asynergie au membre inférieur gauche dénotant l’atteinte du système cérébelleux.

Aux doigts, de temps en temps, petites secousses choréiformes. Nulle paralysie, nulle contracture des membres, les réflexes rotuliens et achilléens étaient exagérés, les radiaux et olécraniens étaient un peu forts ; clonus des deux pieds, Babinski intermittent. Pas de température, état général assez bon. Tension artérielle : 14/6.

Devant la variété de ces symptômes, le caractère de dissociation des parésies oculaires et des phénomènes spasmodiques du faisceau pyramidal faisaient incliner vers le diagnostic d’encéphalite, d'autant plus que la malade présentait, aux doigts, de petites secousses choréifor-

TO

mes et, depuis quelques jours, il y avait de l’assoupissement. Quelques jours après, le ptosis augmentait, le clonus du pied disparaissait pour apparaître à gauche.

Les troubles de l'équilibre s’accentuaient pour disparaître complètement, mais la paralysie de la 3° paire droite était complète, sauf l’accomodation.

La ponction lombaire semblait confirmer l'hypothèse mais la réaction de Wassermann fut trouvée positive dans le liquide céphalo-rachidien et dans le sang. Une nouvelle ponction lombaire montra 40 lymphocytes, hx peralbuminose, glucose à 0 gr. 70. De plus, par Ia suite, s’établirent des troubles de la mémoire, de la parole, des absences, de la faiblesse motrice. On fit un traitement aux arsénobenzols et les paralysies oculaires disparurent, puis huit mois après, la guérison était complète.

La confusion entre les deux états morbides était donc facile avant qu’on n'eut trouvé la syphilis. La réaction du Bordet-Wassermann et la lymphocytose rachidienne stable sont venues éclairer le diagnostic et favoriser la guérison rapide par l'établissement

d'un traitement anti-syphilitique.

Page 1