‹ Les infections du tronc cérébral: à virus neurotrope indéterminéChapitre 29 sur 40 · LES PARALYSIES DIPHTÉRIQUES · texte numérisé non relu

LES PARALYSIES DIPHTÉRIQUES

La plupart du temps, il s’agit d’une lésion du neurone périphérique, mais en plus des polynévrites clasciques, on sait depuis le travail de Mme Roudinesco, que la diphtérie peut donner des hémiplégies et des chorées. Des observations de Hutinel et Décourt, ont révélé la possibilité d’ataxie cérébelleuse de même cause ; Mille Segal cite, dans sa thèse, des cas d’encéphalomyélites post-diphtériques. Tinel a bien étudié le syndrome bulbaire de la maladie et anatomiquement on a mis en évidence la présence de la toxine dans le bulbe et même du bacille. Il existe donc une paralysie diphtérique d’origine centrale et spécialement bulbaïre, et le diagnostic avec les infections du tronc cérébral à virus indéterminé pourra se poser.

Nous allons citer, à ce sujet, une très belle, mais très rare observation de R. Froment et R. Masson, dans laquelle on relève un hémisyndrome bulbaire direct à la suite d’une angine diphtérique.

Nous classons ce cas dans ce groupe, malgré l’atteinte des cordons qui, somme toute, est exceptionnelle dans la diphtérie.

089 2 OBSERVATION XXXIV (résumée).

Atteinte des VI° et XII° paires droites. Troubles labyrinthiques droits, troubles de la sensibilité profonde et troubles de la coordination en résultant.

Mlle P.., 30 ans, entre le 1° février 1936, ‘ans le service du Professeur Froment, se plaignant de troubles moteurs du côté droit.

A l’interrogatoire, on apprend qu’en juillet 1929, la malade eut une angine diphtérique accompagnée, le 4° jour, d’une paralysie du voile, puis quelques jours après, une paralysie des membres inférieurs puis supérieurs, et de l’accomodation.

Traitée par la sérothérapie, les troubles moteurs régressèrent mais il restait de la faiblesse des membres inférieurs et des vertiges sans nausées ni vomissements, qui allèrent s’accentuant.

Les troubles moteurs droits s’accusèrent jusqu’en 1930 et, depuis lors, l’état fut stationnaire.

A l'entrée : malade apyrétiqûe qui, subjectivement, présente des sensations vertigineuses continues avec paroxysmes et céphalées, de l’amblyopie et de la diplopie dans certaines positions du regard, un reflux des liquides par le nez, une voix nasonnée et une grande maladresse des membres du côté droit.

Obiectivement, on constate : des troubles de la marche avec impossibilité de la progression sans appui, incoordination des mouvements au niveau des membre: droits. Aucun signe pyramidal, aucun trouble de la réflectivité, aucune contracture.

A droite : troubles importants de la sensibilité profonde.

À la face : aucun trouble sensitif, maïs :

— une paralysie du droit externe droit avec diplopie latérale homonyme dans le regard, à droite ;

—- un nystagmus spontanée dans le regard, à droite ;

Le fond de l’œil est normal.

— une paralysie de l’hypoglosse droit.

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