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C. — Vitalité et virulence du bacille pyocyanique

Le bacille pyocyanique est un germe résistant dans les milieux de eulture. M. Gessard rapporte, d'après M. Binot, que des cultures ensemencées en janvier 1893 à l'Institut Pasteur, sont devenues stériles seulement en avril 1897 (F et P), en décembre 1898 (S), en février 1899 (A).

MM. Charrin et d'Arsonval l’ont soumis à des températures de __ 98e et même — 270° sans le tuer: ils n'ont obtenu que des

modifications de la forme et des caractères de culture. Une tem-

pérature de + 60° le tue en 10 minutes ; mais 1l végète encore à 420.

Une exposition de 2 heures à la lumière solaire retarde l'apparition du pigment : prolongée, elle supprime la fonction chromogène et finit par arrêter la végétation.

Le microbe conserve-t-il dans le milieu extérieur et en particulier dans l'eau sa vitalité et sa virulence ?

La nature n’emploie pas les moyens violents dont on dispose dans les laboratoires : cependant, beaucoup de causes se réunissent en général pour atténuer très vite la vitalité et la virulence des bactéries dans l’eau. Aussi n’est il pas rare qu'on ne puisse isoler les bactéries pathogènes, en particulier le bacille typhique, des eaux dont une enquête bien conduite a démontré le rôle étiologique. Malgré les efforts des hygiénistes, il arrive encore trop souvent que les échantillons destinés à l'analyse soient recueillis longtemps après le moment de la pollution.

En dehors des variations de température, de l'aération, de l'insolation, il faut tenir compte de la composition chimique des eaux et de leur flore microbienne. Les variations de température des eaux ne pourront pas avoir d’action sur un germe qui supporte d'énormes écarts. L'inftuence de la composition chimique n’a pas été étudiée.

Les expériences de Raulin ont montré l'influence des variations minimes du milieu sur la pullulation des microbes : d'après cela, on peut concevoir quelle tâche laborieuse et délicate ce serait entreprendre que de rechercher les éléments favorables au développement de chaque espèce bactérienne.

Nous avons étudié l'influence de la flore microbienne sur la conservation du bacille pyocyanique.

Dans une 1" série d'expériences, nous avions cherché la durée de la vitalité dans l’eau stérilisée (5 novembre 1904 au 5 avril 1905).

Expériences 1 à X

20 ballons, remplis à moitié d’eau stérilisée, sont ensemencés avec un échantillon de bacille pyoevanique, et placés par moitié, les uns à l'étuve

à 240, les autres abandonnés à la température du laboratoire, dans un endroit obscur. 2 ballons (un de chaque groupe) sont retirés tous les 15 jours. Ces ballons sont vidés lentement à l’aide d’un siphon capil-

laire stérile. — {Les expériences de M Chantemesse sur le bacille typhique nous ont appris que les bactéries restent attachées aux parois de récipients). — Les ballons étaient alors remplis à moitié de bouillon

peptoné à l’aide de pipettes Chamberland. Le bacille s’est toujours développé avec ses 2 pigments dans ces 10 expériences.

Donc 1° point acquis : la vitalité du bacille pyocyanique dans l’eau de Loire stérilisée persiste ax moins pendant 5 mois à la température ordinaire et à 24°.

Le germe choisi pour ces expériences avait au début une virulence remarquable. Il tuait le cobaye, à coup sûr, en injection intrapéritoniale à la dose de 0 gr. 0025 de culture en bouillon pour 100 grammes du poids de l'animal. Cette virulence nous obligeait à faire des dilutions dans de l’eau physiologique au moment des inoculations. Les bouillons de culture étaient inoculés après passage d'une semaine à l'étuve à 36°.

Les cultures obtenues avec les derniers ballons en expérience (à la température du laboratoire) furent inoculés dans le péri-

toire du cobaye.

Expérience XI Culture du 5 mars. Cobaye de 420 gr.

Inoculation de 0 gr. 01 de culture en bouillon dans le péritoine. Mort

en 36 heures Bacille pyocyanique dans le sang du cœur.

Expérience AI Culture du 45 mars. Cobaye de 460 gr.

Inoeulation de 0 gr. 015 de culture en bouillon dans le péritoine. Mort en 30 heures. Bacille pyocyanique dans le sang du cœur.

Expérience XIII Culture du 5 avril. Cobaye de 435 gr.

Inoeulation de 0 gr. 01 de culture en bouillon. Mort en 30 heures. Baclle pyocyanique dans le sang du cœur.

Done 2e point : la virulence du bacille pyocyanique s’est maintenue sensiblement après un passage de 5 mois dans l'eau de Loire stérilisée, à la température extérieure.

La conservation dans de l’eau stérilisée, pauvre en éléments nutritfs, d'une qualité aussi fragile que la virulence, donne à penser que la vitalité du bacille pyocyanique dans ces conditions est extrêmement longue.

Mais on se rapproche beaucoup plus des circonstances naturelles en faisant vivre le bacille pyocyanique dans de l’eau contenant des germes dont la concurrence vitale peut entraver la végétation du bacille.

Nous avons choisi dans ce but un certain nombre de microbes trouvés fréquemment dans les eaux de la région :

3 Colibacilles.

2 B. mesentericus.

1 B. prodigiosus.

3 Proteus vulgaris.

3 Streptocoques.

3 B. fluorescents.

8 Sarcines.

Nous avons employé le même bacille pyocyanique que dans les expériences précédentes.

Expériences XIV à XXII

10 ballons de 1 litre, contenant environ 800cc d’eau de Loire sont stérilisés à l’autoclave. Ils sont tous ensemencés avec 1 goutte d’une dilution dans de l’eau d’une trace de culture sur gélose de bacille pyocyanique. Ils reçoivent en outre 1 goutte d’une dilution de culture des bactéries suivantes :

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