‹ Les Infections PyocyaniquesChapitre 5 sur 34 · février Température normale · texte numérisé non relu

février Température normale

1. février Quitte l'hôpital dans un état de santé satisfaisant.

Séro diagnostic positif. Bacille d'Eberth isolé des urines, associé au bacille pyocyanique retiré le 16 décembre (16e jour de rechute), cultivé et inoculé, et présentant tous les caractères du pyocyanique type.

Sérum agglutine au 40° jour son propre bacille pyocyanique au 1/50.

Mais ce sont là des cas isolés d'infection à bacille pyocyanique. Il ne manque pas, à côté, de véritables épidémies où le microbe de Gessard a été considéré comme spécifique ou au moins comme jouant un rôle pathogène important dès le début, en aggravant la maladie soit par sa propre virulence soit par l'exaltation de la virulence des germes auxquels il s'associait.

En 1893 Calmette dans 16 cas de diarrhée de Cochinchine retrouvait 15 fois le bacille pyocyanique dans les selles, en très grande abondance, dans quelques cas dans le sang.

Maggiora, dans 20 cas de dysenterie épidémique en Italie, a vu dans les matières fécales des coli bacilles et des pyocyaniques doués d’une très grande virulence, mais peu abondants.

Lartigau, dans l'épidémie de dysenterie d'Hartwick, examina les selles de 6 malades et en isola le bacille pyocyanique en culture presque pure, 2 fois 1! trouva quelques coli-bacilles,

3 fois le proteus vulgaris. Il ne rencontra pas d'amibes. Le pyocyanique inoculé, comme dans le cas de Calmette, se montra d'une grande virulence.

Enfin nous avons recueilli ce même microbe dans plusieurs épidémies de fièvre typhoïde et affections colibacillaires à allure grave ayant sévi aux environs d'Angers, et dont nous parlerons ultérieurement à propos des analyses d'eaux.

Basée sur ces nombreuses observations, sur la multiplicité des formes d'infection d'où on a retiré le baclle pyocyanique virulent pour l'animal de laboratoire, la démonstration du rêle pathogène de ce microbe pour la race humaine nous semble bien nette. Son action est surtout manifeste dans les affections gastro-intestinales, la fièvre typhoïde en particulier à laquelle son association imprime une allure si spéciale.

Mais par où s’introduit ce germe pour venir créer ou compliquer ces infections portant sur le tube digestif ? Est-il un hôte habituel de nos voies digestives, devenant de saprophyte qu’il était, pathogène à l’occasion d’une débilitation de l'organisme par une infection ? Cette hypothèse ne nous parait pas vraisemblable, et notre opinion à ce sujet se base sur Îa rareté des cas où il a été trouvé dans les selles à l’état normal, et sur nos nombreux examens ayant porté sur des matières fécales tant à l’état sain qu’à l’état pathologique. Nous écartons ici les observations ‘où le bacille pyocyanique, pénétrant à la faveur d’une plaie du tégument cutané, a pu provoquer dans l'organisme des manifestations intestinales : de même nous ne parlerons pas des cas où, localisé (pus des otites, rhinites) le bacille dégluti (Kossel) a pénétré dans les voies digestives et provoqué des entérites. Ce sont là des exemples d'infection isolée, et nous n’envisageons ici que les infections à allure épidémique. è

Le bacille pyocyanique n'étant pas un saphrophyte de 1 intess tin, il était naturel de rechercher s'ilne venait pas de l'extérieur,

s’il n’était pas introduit par l'alimentation. L'alimentation lactée ne peut guère être incriminée : le bacille pyocyanique n'y a jamais été rencontré (Freudenreich). La clinique nous montrant la présence fréquente de ce bacille dans les selles de dysentériques, cholériques, typhiques, dans certaines épidémies, d'autre part l’origine hydrique de ces maladies ne faisant plus aucun doute aujourd’hui, fallait-il voir si l’eau d'alimentation ne servait pas de véhicule à ce germe.

M. le Professeur Pouchet et M. Bonjeau trouvèrent ce microorganisme dans les eaux d'alimentation et indiquèrent un procédé de choix pour déceler sa présence dans une eau contaminée. Ces résultats positifs rapprochés des cas où le pyocyanique avait été vu dans les matières fécales montrèrent la corréla-: tion existant entre l'épidémie et la corruption de l'eau alimentaire.

Tels sont les faits que nous nous efforcerons d'établir dans un prochain chapitre

Savoir qu'une eau est contaminée par le bacille pyocyanique et impropre à l’alimentation n’est pas encore un résultat satisfaisant. Îl nous faudra étudier ensuite, comme ce fut fait pour le bacille d'Éberth, la résistance et la virulence du pyocyanique dans l'eau, — savoir l'influence des microbes associés sur l’augmentation ou la diminution de sa virulence. Nous étudierons sa symbiose, ses associations, ses antagonismes, et donnerons les conclusions de nos travaux de laboratoire.

Il nous restera à exposer une méthode d'analyse de l'eau suspecte, la recherche du bacille pyocyanique dans cette eau avec les difficultés attenant aux propriétés biologiques de ce microbe (perte du pouvoir chromogène) ; puis nous le différencierons des espèces voisines, qui l'accompagnent,

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