‹ Les Infections SanguinesChapitre 13 sur 37 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(Hôtel-Dieu.)

Erythème noueux. — Infection enlérococcique.

Eugénie O..., vingt et un ans, entre à l'Hôtel-Dieu le 6 janvier 1906 salle Saint-Anne.

Antécédents personnels. — Fièvre typhoïde pour laquelle elle fut traitée à l'Hôtel-Dieu du 2 novembre au 18 décembre 1905, trois hémorragies intestinales. Le séro-diagnostic fut positif à 1/300, l'hémoculture pratiquée donna un bacille d’Eberth à

Loiseleur

Duls

MR re HS

l'état de pureté, Après avoir passé trois jours à la campagne, la malade reprend son service de cuisinière.

Or le 2 janvier, quinze jours après sa sortie de l’'Hôtel-Dieu, la malade ressent une fatigue générale avec anorexie et œdème des jambes.

L'œdème disparaît par le repos, mais apparaissent des petites plaques érythémateuses au-devant des deux tibias. Elles s'accusent de plus en plus et sont douloureuses.

Le 6 janvier elle entre à l'Hôtel-Dieu, on constate un

érythèmenoueux typique aux deux jambes.

Le 8 janvier, douleurs articulaires généralisées sans gonfle-

Im. $. Qui re m.S$ m.$. m.S m. $. m. $ PUS ms m.$ HS m. f. vf. + $. EU AE PAU BEI DEN REA re 5 ; RE D nu RTE L TE æ D, en.

GA LP A D ne Lie | #16, 1% 81e dre [a [2 | 2 lu Vus le IF |18 | 19 | 20 | 2, |22 Lo ; ù S |

ment. Elles disparaissent le 15 janvier. Le 10, on constate aux avant-bras de nouvelles plaques érythémateuses.

Pendant tout ce temps, l’état général reste bon.

Cœur et poumons normaux.

Guérison après vingt jours de fièvre.

Examen bactériologique. — Hémoculturele 7 janvier : 5 cen-

timètres cubes de sang sont ensemencés sur bouillon et don-

nent une culture pure d’entérocoque,

Ce microbe n’est pas virulent pour le lapin.

Ces diverses observations viennent confirmer les

conclusions que formulait Trastour :

Pa

SN

CO

SN

CN

Pà

CS

« La septicémie à entérocoque en même temps qu'elle donne lieu aux signes ordinaires de toutes les infections (troubles gastro-intestinaux, grosse rate, modifications sanguines, etc.), nous paraît se traduire cliniquement par un certain nombre de caractères assez spéciaux.

« Une température peu élevée, presque normale, alterne avec des élévations considérables de cette température qui redescend ensuite et, dans certains cas, au-dessous de la normale.

« Il en résulte une allure rappelant le paludisme, les accès étant du reste irrégulièrement espacés, fréquents ou rares.

« La ressemblance peut s’accentuer du fait de l’apparition possible d’un stade de frissons, auquel succèdent d'abondantes transpirations.

« L'état général est gravement touché; ce qui domine surtout c’est un état de prostration extrême d’affaissement général, le malade conservant du reste toute sa lucidité d'esprit, contrairement à ce qui se passe dans l’état typhique que produisent

d’autres infections.

.« La septicémie a entérocoques peut s'accompa- « gner de phénomènes éruptifs le plus souvent scar- « latiformes.

« Même grave, elle peut guérir après une évolu- «tion souvent indéfiniment prolongée, qui conduit « alors le malade à un état de cachexie comparable «<àce que MM. Thiercelin et Jouhaud ont observé « chez les animaux dans les infections expérimen- « tales. »

Nos trois premières observations cadrent d'une façon remarquable dans ce tableau tracé par M. Trastour.

Etat général gravement touché sans cette prostration et cet abattement qui caractérisent le syndrome typhique, une température souvent peu élevée, ressemblant assez. bien au début à une courbe de septicémie éberthienne, mais s’arrêtant à ce stade d’hypothermie qui caractérise la convalescence dans cette dernière maladie. Puis les divergences s'accentuent de plus en plus entre les deux affections. Au lieu de la convalescence, l'état infectieux continue, les accès fébriles se succèdent et, dans les intervalles, on croit constamment arriver au terme d’une maladie qui n’en finit plus.

Dans l'observation III, Ia malade traîne pendant deux mois el demi, tous les deux ou trois jours, elle accuse un léger accès de fièvre précédé ou non de frissons, on en comple quatorze depuis la première rémission de température. Elle se cachectise de jour en jour sans présenter aucun symptôme grave; une

auscultation minutieuse ne constate pas de signe de tuberculose, d’ailleurs une deuxième hémoculture confirme l’entérococcie.

Nombreuses ont été les observations d’érythèmes dus à l’entérococcie secondaire dans le cours ou le déclin d’une maladie infectieuse.

Citons les faits de Remlinger, Hutinel, Legendre, Gaillard, Londe, Courtois-Suffit, Leroux et Lorain, Deguy et Legros ; dans tous ces cas on a trouvé des agents que M. Trastour identifie à l’entérocoque.

Chez notre malade de l'observation IV:-le début est brusque, l’entérococcie est primitive et passagère. Un érythème noueux typique évolue en quelques jours et tout rentre dans l’ordre.

Dans l'observation V l’entérococcie, bien que secondaire à une fièvre typhoïde, survient cependant à une époque tardive. C’estseulement après un mois de convalescence, à l’occasion d’une première fatigue, que l’érythème apparaît avec ses accidents infectieux. Dans l’un et l’autre cas l’action érythrogène du microbe de Thiercelin est manifestement mise en relief.

Septicémie primitive dans l'observation IV ; l’entérocoque est également rencontré seul dans le sang chez notre deuxième malade, alors qu’une précédente hémoculture pratiquée le 8 novembre avait fait constater une septicémie éberthienne.

Enfin nous signalerons la fréquence relative des septicémies secondaires où concomitantes dues à l'entérocoque au cours des maladies infectieuses,

Et ER &

had sur 38 observations de nu paraty- “ . | phoïdes qu'il rapporte dans sa thèse (1906) signale |

9) cas | observés par M. Sacquépée dans lesquels

ue a été rencontré à côté du bacille

nan pe ue

Page 1