V, Traité de biolologie, §§ 4 et
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Chez les animaux supérieurs, au contraire, l'appréciation des nécessités actuelles est utilisée pour la mise en train des mécanismes convenables, mais ces mécanismes sont différents suivant les différentes espèces et adéquats, dans chaque individu, à la conservation de la vie individuelle.
On peut diviser en deux catégories les nécessités auxquelles doit faire face un individu pour ne pas mourir ; il y a d'abord celles qui ont trait directement à l'entretien de la vie, c'est-à-dire au renouvellement du milieu intérieur ; il y a ensuite celles qui résultent des autres relations de l'individu avec le milieu, relations qui doivent être telles que le mécanisme individuel ne s'en trouve ni dérangé ni détruit.
§ 27. Le renouvellement du milieu intérieur.
Le renouvellement du milieu intérieur constitue à proprement parler la vie de l'être supérieur ; il est nécessité par les échanges incessants qui se font entre ce milieu intérieur et les éléments histologiques ; ceux-ci, au cours de leur vie élémentaire manifestée, empruntent, en effet, au liquide dans lequel ils baignent, toutes les substances nécessaires à l'assimilation (oxygène, aliments) et rejettent dans le même liquide les produits accessoires ou excrémentitiels. Le milieu intérieur deviendrait donc très vite impropre à l'entretien de la vie élémentaire des cléments histologiques s'il n'était fréquemment renouvelé en tous les
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points de l'organisme ; ce renouvellement du milieu intérieur se compose de plusieurs opérations que l'on peut étudier séparément.
D'abord, la circulation qui brasse sans cesse ce milieu et le répartit en tous les points de l'organisme, depuis les points d'entrée des aliments jusqu'aux points de sortie des excréments, en passant par les endroits où se fait l'assimilation.
Cette opération, éminemment utile, ne peut être suspendue longtemps sans qu'il en résulte pour certains tissus délicats les plus graves dangers ; la circulation est indispensable à chaque instant, quelles que soient d'ailleurs, à cet instant, les relations de l'organisme avec le monde extérieur; aussi s'exécute-t-elle indépendamment des organes par lesquels l'individu connaît son ambiance ; l'appréciation des états extérieurs n'intervient en rien dans le fonctionnement circulatoire; la circulation s'est établie dans les êtres au cours des générations successives, et s'accomplit durant la vie de chacun, quels que soient les accidents qu'il rencontre sur sa route.
Nous pouvons, en étudiant aujourd'hui l'état du mécanisme circulatoire dans les divers groupes animaux, depuis les plus inférieurs jusqu'aux plus élevés, nous rendre compte, jusqu'à un certain point, des étapes qu'a parcourues ce mécanisme pour devenir aujourd'hui ce qu'il est chez l'homme. Mais ce qu'il faut surtout remarquer, c'est que ce mécanisme, à cause de la nécessité de son fonctionnement régulier, est devenu aussi indépendant que
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possible des autres mécanismes soumis aux influences extérieures. Le rytlimedcs mouvements circulatoires est légèrement modifiable sous l'influence de variations intérieures, mais il n'a aucun rapport avec le rythme des mouvements des membres, avec le rythme de la parole, etc.
Il est vraiment curieux que l'on ait été amené à localiser dans le cœur, le plus égoïste, si j'ose m'exprimer ainsi, de tous nos muscles, les sentiments altruistes et généreux; cette erreur très ancienne vient probablement de ce que certaines émotions très fortes peuvent accidentellement retentir sur le mouvement du cœur et en accélérer ou en suspendre les battements; mais il faut justement remarquer que ces émotions très fortes sont des événements anormaux qui ne se sont pas reproduits fréquemment dans l'histoire de l'espèce et dont, par suite, la sélection naturelle n'a pu tenir compte; si ces événements avaient été ordinaires, il eût fallu, sous peine de mort, que le mouvement circulatoire en devînt indépendant, comme il est indépendant de la plupart des phénomènes extérieurs ; une série de syncopes est en effet très dangereuse.
En dehors de ces cas tout à fait accidentels, on peut considérer le mécanisme circulatoire comme un mécanisme isolé, dont le fonctionnement est seulement subordonné au maintien de certaines conditions physiques et chimiques dans le milieu intérieur ({u'il a pour fonction de brasser sans cesse. C'est précisément au maintien de ces condi-
tious particulières dans le milieu intérieur de l'individu, que sont préposées les autres fonctions qu'il nous reste à étudier.
La fonction d'excrétion qui a pour objet de débarrasser l'organisme des produits excrémentitiels sans cesse formés à son intérieur est, chez les espèces peu compliquées, sous la dépendance directe de l'ambiance; elle consiste simplement en un régime d'échanges qui s'établit physiquement à travers une paroi perméable, entre un milieu de concentration plus grande et un milieu de concentration moindre.
A mesure que l'on s'élève dans l'échelle de l'organisation, on constate, non seulement une spécialisation croissante des parois perméables, dont chacune, en un endroit différent de l'organisme, excrète des produits différents gaz excrétés par le poumon, sueur, urine, etc.), mais encore, dans certains cas, une formation de cavités intermédiaires creusées dans la profondeur des tissus et où s'accumulent les produits d'excrétion jusqu'à ce qu'il soit commode à l'individu de s'en débarrasser définitivement; telle est, par exemple, la vessie, dont la cavité est en dehors du milieu intérieur et qui, néanmoins, ne se vide dans l'ambiance que sous l'influence de certains mouvements de l'individu. L'existence de ces cavités intermédiaires fait que la fonction d'excrétion se dédouble en deux temps, d'abord l'excrétion proprement dite qui dépend des conditions réalisées au niveau des surfaces excrétrices et qui se "produit, pour
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ainsi dire, passivement; ensuite l'émission des substances accumulées dans les réservoirs intermédiaires, émission qui est commandée par l'individu, lorsqu'il en éprouve le besoin.
Le besoin est une de ces appn'-ctations dont nous parlions tout à l'heure et qui sont les mobiles des actes des êtres; nous allons le retrouver jouant un rôle de premier ordre dans l'alimentation.
§ 28. L'alimentation.
De toutes les fonctions dans lesquelles se décompose le renouvellement du milieu intérieur, l'alimentation est celle où l'individu doit le plus constamment utiliser sa connaissance du milieu ambiant ; et cependant, une partie de cet^e fonction, l'alimentation gazeuse, est encore à peu près indépendante des appréciations des êtres ; cela se comprend aisément, si l'on réfléchit que la distribution des gaz utiles à lavie est à peu près uniforme dans les endroits habités par une espèce donnée ; l'alimentation gazeuse se fait donc d'une manière uniforme dans l'ensemble d'une espèce, et il faut bienavouer que lorsque, par hasard, la distribution des gaz en un certain point est défavorable à la vie d'un être, cet être, quel qu'il soit, est fort mal outillé pour se défendre contre cette mauvaise condition.
Si l'espèce a ses surfaces respiratoires enfermées dans uue cavité qu'il est possible de clore, les individus sont capables de lutter un instîml contre
les gaz délétères en fermant provisoirement leurs cavités respiratoires; mais, lorsque quelqu'un éprouve, à l'improviste, la sensation d'étoulTement, il doit chercher son salut dans la fuite, et essayer de se transporter, avant l'asphyxie complète, dans une région pourvue de gaz bienfaisants ; c'est donc à la locomotion qu'il doit avoir recours, et la locomotion nécessite une connaissance approfondie de l'ambiance; mais, du moins pour l'espèce humaine, l'expérience ancestrale relative aux gaz est presque nulle, et si nous savons, pour fuir l'asphyxie, éviter de nous heurter aux corps solides et de nous noyer dans les liquides, nous n'avons aucun moyen de deviner si, pour trouver des gaz meilleurs, nous devons nous diriger à droite ou à gauche.
En définitive, l'alimentation gazeuse des êtres vivants est subordonnée aux conditions de milieu ; leur rôle personnel relativement au choix de cette alimentation est presque nul.
Il n'en est pas de même pour l'alimentation en corps solides ou liquides.
Une partie de cette alimentation, qui est l'alimentation proprement dite, se passe normalement en dehors de toute appréciation personnelle de l'être, exactement comme la circulation ou l'alimentation gazeuse; c'est l'ensemble des phénomènes qui s'accomplissent après l'introduction des aliments dans les cavités digestives; dans la digestion et l'absorption interviennent principalement l'état des surfaces digestives et la nature des
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.ilinicnls ingérés ; rarement ces phénomènes locaux retentissent sur l'ensemble du mécanisme individuel de manière à être subitement interrompus par des mouvements d'expulsion; on vomit quelquefois quand on a ingéré des poisons ou qu'il s'est produit, dans le tube digestif, des phénomènes anormaux (indigestions), mais ce sont là des cas pathologiques, et il faut avouer que le rôle appréciateur de l'intestin n'est pas bien merveilleux ; il vaut mieux éviter de s'en rapporter à lui et choisir avec soin les aliments convenables avant de les ingérer; c'est d'ailleurs parce que les animaux sont le plus souvent admirablement outillés à cet effet, que l'éducation appréciatrice de l'intestin n'a pas été poussée bien loin au cours de la formation des espèces ; ne recevant normalement que des aliments convenables, le tube digestif n'a pas été suffisamment préparé à la discrimination.
Le choix des aliments dans l'ambiance est une fonction dont le mauvais accomplissement entraîne fatalement la mort; le mécanisme qui en est chargé a donc été admirablement perfectionné par la sélection naturelle.
Sauf, peut-être, l'homme, qui sest dégradé à ce point de vue sous l'influence de la civilisation, tous les animaux savent reconnaître immédiatement la nourriture qui leur est convenable ; ils savent aussi quand son ingestion est nécessaire; nous donnons le nom de/«(?/ietde soif a.ux sensations de besoin qui poussent les animaux à manger et à boire.
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Et rien n'est plus merveilleux, pour un observateur qui ne songe pas aux adaptations progressives des êtres pendant leur évolution spécifique, rien n'est plus merveilleux, dis-je, que cet admirable instinct qui pousse les animaux à choisir, au milieu de tant d'objets divers, ceux dont l'ingestion leur est utile ; le poussin qui sort de l'œuf dans une couveuse artificielle sai7 manger et boire; il choisit, dans la pâtée qui lui est offerte, les morceaux les plus appétissants ; il a des yeux pour voir, un organe olfactif pour sentir ; les émanations odorantes excitent son besoin de manger, et il sait manger.
Cette fonction, la plus difficile à accomplir de toutes les fonctions indispensables à la conservation de la vie, met en jeu la plupart des mécanismes individuels; les sens d'appréciation chimique (palper, goût, odorat, sens de la couleur, sens du timbre) renseignent l'individu sur la nature chimique des objets extérieurs ; sa vue lui indique la place qu'occupe dans l'ambiance l'objet intéressant ; son sens des attitudes lui fait savoir quels mouvements il doit exécuter pour s'emparer de cet objet et le déglutir après l'avoir, s'il le juge nécessaire, trituré. Tous les sens et tous les organes de locomotion sont utilisés par l'être vivant pour son approvisionnement en substances alimentaires; l'accomplissement de cette fonction indispensable à la vie a donc naturellement développé et perfectionné toutes ces parties du mécanisme individuel.
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Si la nourriture est uniquement végétale, (les animaux se nourrissent tous d'êtres vivants ou de cadavres d'êtres vivants), ce n'est pas le besoin de s'approvisionner qui a beaucoup développé la locomotion; il suffit à Tanimal de savoir reconnaître les plantes utiles et les plantes nuisibles. Évidemment, son éducation n'est faite à ce sujet que relativement aux plantes que lui-même ou ses ancêtres ont fréquemment rencontrées ; pour les plantes nouvelles, son instinct est en défaut; mais, précisément, l'obscure conscience de son expérience insuffisante se traduit chez lui par une défiance instinctive de ce qu'il ne connaît pas ; encore celte défiance n'cst-elle pas toujours assez violente; les moutons que l'on importe au Tonkin, y meurent tous parce qu'ils ne savent pas se défier de plantes qui leur sont nuisibles.
Chez les herbivores, les qualités locomotrices n'ont pas été développées par le besoin d'approvisionnement, mais par le danger qui résulte du fait qu'eux-mêmes peuvent servir de nourriture à d'autres animaux.
Pour les carnassiers, au contraire, c'est la nécessité d'atteindre une proie fuyante qui a développé, non seulement Tagilité et les autres qualités locomotrices, mais encore les organes des sens qui permettent de découvrir la proie quand elle se cache. La locomotion joue alors un rôle si important dans la recherche des aliments, que cette partie du « renouvellement du milieu intérieur » se confond avec les autres nécessités que nous étudierons
tout à l'heure, à propos des relations générales qui existent entre l'individu et son milieu.
Avant de nous livrer à des considérations générales sur ces relations, c'est-à-dire avant d'entreprendre la seconde partie de l'étude de l'instinct de la conservation, il faut dire quelques mots des condiiions physiques réalisées dans l'individu.
§ 29. Les conditions physiques.
Si le milieu intérieur doit, pour l'entretien de la vie élémentaire manifestée des tissus, jouir de certaines propriétés chimiques que lui assure son renouvellement, il faut aussi qu'il remplisse quelques conditions physiques indispensables.
Le degré d'hydratation peut être considéré, soit comme condition physique, soit comme condition chimique, car le rôle de l'eau, véhicule des réactions chimiques, peut être rapporté à l'une quelconque de ces sciences ; on a précisément créé le mot de chimie physique pour l'étude des phénomènes qui sont à cheval sur la physique et la chimie ; les phénomènes d'osmose, si capitaux dans la vie élémentaire manifestée, sont du ressort de la chimie physique.
L'hydratation et la teneur en sels de nos tissus sont maintenues constantes par l'alimentalion ; c'est surtout la sensation de soif qui nous avertit d'une hydratation insuffisante ou d'une concentration saline exagérée ; nous n'avons donc pas à
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nous occuper davantage de cette question qui rentre dans le paragraphe précédent.
Il n'en est pas de même d'un autre facteur physique, la température.
De mémo que toutes les réactions chimiques, la vie élémentaire manifestée d'une espèce présente un optimum de température; à mesure qu'on s'éloigne de cet optimum, soit en montant, soit en descendant, la vie élémentaire manifestée se trouve gênée; elle peut être, suivant les cas, soit simplement ralentie ou presque suspendue, (engourdissement de certains animaux par le froid), soit au contraire remplacée par des réactions destructives des suhstances vivantes. Or, d'une part, la température de l'amhiance varie sans cesse, d'autre part les réactions de la vie produisent de la chaleur.
Chez certaines espèces dites poïkilothermes, les réactions vitales ont seulement pour résultat d'élever très légèrement la température individuelle au-dessus de la température amhiante ; la température de ces animaux varie constamment avec la température extérieure et leur activité vitale s'en ressent; un crocodile, très actif à 35°, est entièrement engourdi à une température assez basse; une température trop élevée lui devient bientôt nuisible et même mortelle.
Chez d'antres espèces, en particulier chez les mammifères et les oiseaux, les variations de la température en deçà et au delà de l'optimum spécifique sont bien [tlus limitées ; un écart de quel-
ques degrés entraîne nécessairement la destruction de quelques-uns des tissus les plus importants pour la coordination ; or les variations de la température atmosphérique sont, chaque jour, plus considérables que celles dont l'animal peut supporter les effets sans mourir; il est donc indispensable, sous peine de mort, que, à chaque instant, un mécanisme régulateur intervienne pour proportionner aux nécessités du maintien de la température individuelle la quantité des réactions thermogènes qui se produisent dans l'organisme; cette régulation se fait en nous sans que nous nous en doutions, et, à l'état de santé, notre température n'oscille pas de plus d'un degré en 24 heures; c'est même là une des particularités les plus merveilleuses de notre organisation.
La recherche de la genèse ancestrale de cette particularité est très difficile ; comment ont apparu ces substances vivantes qui ne peuvent vivre qu'autour d'une température donnée ? Des hypothèses ont été émises à ce sujet, mais ce ne sont que des hypothèses et je les trouve pour ma part bien peu satisfaisantes. Voilà un exemple de l'insuffisance de nos documents historiques et préhistoriques; la méthode darwinienne nous permet de concevoir que, ces substances vivantes à nécessité homothermique s'étant produites dans des conditions que nous ne connaissons pas, il en soit résulté ultérieurement et progressivement des mécanismes régulateurs de température dont nous constatons aujourd'hui le fonctionnement
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automatique, sans d'ailleurs être capables de les décrire dans leurs détails et de les analyser complètement.
Mais connaissons-nous davantage la genèse de notre circulation à rythme régulier? Darwin nous a appris à ne pas nous étonner de ce que les choses sont comme elles sont, et c'est déjà beaucoup; mais il ne faut pas avoir la prétention de reconstruire tout le passé avec ce qu'on connaît du présent; nous sommes certains seulement que le passé a conduit au présent, et nous n'en savons pas davantage dans beaucoup de cas.
Une constatation intéressante, que nous pouvons faire cependant au sujet de ce merveilleux o?'(/a«ei de la régulation des températures^ est que, comme tous les organes que nous pouvons décrire complètement, il vérifie le principe de Lamarck, du développement par le fonctionnement habituel et de l'atrophie par désuétude, ce qui nous rend plus facile encore la conception de sa genèse ancestrale.
Si, au milieu de l'été, la température s'abaisse brusquement à 8 ou 9 degrés centigrades, nous grelottons, même en nous couvrant comme en hiver ; tandis que lorsqu'une pareille température survient du milieu des froids de l'hiver, nous
1. La définition de Vorgane est purement pliysiologiqiic : on appelle organe l'ensemble de tous les éléments anatomiqucs qui collaborent k l'exécution d'une fonction. C'est la fonction qui définit l'organe et c'est pour cela que. par le fonctionnement habituel, la fonction développe, are l'organe.
éprouvons du plaisir à nous vêtir légèrement. Notre organe de la lutte contre le froid est développé par l'exercice à la fin de l'hiver; il s'atrophie par désuétude au milieu des chaleurs de l'été, et l'on peut se demander si l'emploi des calorifères, qui nous permettent de ne plus lutter par nos propres moyens contre les rigueurs hivernales, ne conduira pas à la longue à une atrophie dangereuse de ce mécanisme essentiel ; il est certain que les citadins jouissant d'un grand confortable sont plus frileux que les paysans; l'emploi des vêtements chauds nous a déjà rendus inaptes à supporter des froids que nos ancêtres ne redoutaient peut-être pas dans leur nudité.
CIIAPITHK IX