CHAPITRE XVII LE SEXE
^ 5:5. L'amphimixie,
ou mélange des caractères des parents
dans la reproduction sexuée.
Toutes les iniluences anceslrales dont nous nous sommes occupés jusqu'à présent se manifestent clans les individus actuels comme une conséquence nécessaire de la continuité des lignées. Or, dans presqne toutes les espèces bien connues, la lignée ascendante d'un être n'est i)as unique ; elle est infiniment dicholome à cause du mode sexuel de génération.
Dans l'espèce humaine, en pailiculier, nu individu qui apparaît provient toujours de deux ascendants immédiats. Ces deux ascendants sont di/fi':-
rents, non seulement par leur sexe, mais encore par un très grand nombre de particularités (jui constituent \a. personnalité de chacun; et l'étude impartiale des faits prouve que les rôles des deux parents sont, au point de vue héréditaire, absolument équivalents dans la fabrication de l'œuf qui est le point de départ de l'individu nouveau ; il ne saurait donc plus être question d'une cuntinualion d'un être dans un autre être, puisqu'il y a collaboration équivalente de deux êtres dilTérenls ; la fécondation crée quelque chose de réellement nouveau; elle fabrique un œuf qui a un patrimoine héréditaire personnel. Or, chacun des éléments sexuels qui prennent part à la fécondation possède le patrimoine héréditaire du parent qui l'a fourni, c'est-à-dire que si, au lieu de devenir, par le phénomène de la maturation, un gamète incapable d'assimilation, l'un d'eux restait un élément cellulaire complet, capable d'assimilation, il transmettrait à l'individu qui en proviendrait parthénogénétiquoment le patrimoine intégral du parent; l'individu parthénogénétique est réellement la continuation de celui dont il dérive, et ne diffère de son ascendant que par les hasards de l'éducation. La fécondation d'un ovule par un spermatozoïde est donc la fusion de deux patrimoines héréditaires ditïérents.
Quoique ne sachant rien de la nature de cette fusion, nous pourrions penser a priori, puisque le premier patrimoine est commun à tous les spermatozoïdes du père et le deuxième patrimoine com-