LE SEXE
miiii à tous les ovules de la mère, que le résultat de la fusion sera toujours le même, quels que soient le spermatozoïde et l'ovule choisis dans la fécondation. Ce serait là une erreur grossière et dont l'observation la [)lns superficielle fait immédiatement justice.
Etant donnés deux parents, il se forme autant d'œufs différents qu'il y a de fécondalions d'un ovule de l'un par un spermatozoïde de l'autre: chaque œuf fécondé est bien effectivement quelque chose de spécial, quelque chose de nouveau, qui n'a jamais existé et ne se reproduira plus jamais ; tous les enfants résultant de l'union de deux parents sont différents, non seulement par suite de divergences possibles dans leur éducation, mais par ce qu'il y a de plus intime dans leur structure, par le patrimoine héréditaire qu'ils tiennent de leur œuf. Dans la génération sexuelle, il ne se produit jamais deux individus identiques.
La constatation de l'existence des jumeaux semble être en contradiction formelle avec cette affirmation ; il y a des jumeaux tellement semblables que les petites différences qui les séparent ne peuvent être attribuées au patrimoine héréditaire et sont certainement du ressort de l'éducation. Mais, précisément, l'on est arrivé à se rendre compte de l'origine des jumeaux et à en fabriquer expérimentalement (en dehors de l'espèce humaine, naturellement). Deux jumeaux proviennent d'un seul et même œuf ; seulement, dès le début de la segmentation, au lieu de deux blastomères accoléa, il s'est
256 LES IM-l.UENCi:S ANCESTRALES
forme (sous l'infliieiico du {jIus ou moins d'acidilé ou d'alcalinité du milieu, par exemj)le), deux blastomères isolés dont chacun, moitié de Tœuf primitif, a été, pour son compte, le point de départ d'un individu séparé. En d'autres termes, l'œuf fécondé a donné, par une parthénogenèse hàlive, deux œufs parthénogénétiqucs ayant naturellement même patrimoine héréditaire, et dont les développements ne différeront que par les hasards de l'éducation. Deux jumeaux iiroviennent d'une seule fécondation; c'est pour cela qu'ils sont semblables.
Au contraire, deux individus provenant de deux fécondations sont forcément différents, même s'ils se développent ensemble dans l'utérus maternel comme les faux jumeaux, comme les produits de l'accouplement de deux rats ou de deux cobayes. Et pour être absolument démontré par l'observation journalière, ce fait de la diflérence fondamentale qui sépare les enfants d'un même couple n'en est pas moins tout à fait impressionnant si l'on veut bien admettre l'identité des patrimoines héréditaires dans les divers éléments de chacun des parents.
Pour fabriquer uu onifon prend en effet un mor ceau mâle d'une substance A caractérisée par un patrimoine héréditaire a et un morceau femelle d'une substance B caractérisée par un patrimoine héréditaire b ; or, chaque fois que l'on répète l'opération, on olHient, par amphimiicio, une substance NOUVELLE C, caractérisée par un i)atrimoine héréditaire c. J'ai été conduit à sujiposer que les diffé-