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LE SON ET LE BRUIT

Vieille question, c’est entendu, et voilà bien longtemps, depuis Boileau tout au moins, que l’on se plaint du bruit intense et incessant dont souffrent les habitants des grandes villes. Ce siècle devait entendre, à cet égard, plus de doléances encore que n’en connurent les précédents. La situation s’est, en effet, singulièrement' aggravée pour les citadins condamnés à vivre dans une perpétuelle cacophonie et les campagnes prennent leur part des protestations. Des ligues se sont créées un peu partout pour combattre le péril évident, des commissions ont été constituées : elles ont travaillé, ce qui, pour des groupements de ce genre, est déjà louable; elles ont même réussi à faire prendre quelques mesures répressives et préventives. Mais le progrès constant de l’industrie, la fièvre toujours croissante de notre existence ont fait que ces mesures ont été aussitôt dépassées et que le bruit persiste à se multiplier. Il est donc légitime de continuer la lutte contre lui.

Il est curieux de constater que ce tumulte que nous subissons tous et non sans grand dommage, a trouvé des défenseurs. Des médecins même, qui exercent probablement leur profession dans des campagnes silencieuses et qui, peut-être, s’y ennuient, n’ont pas hésité à avancer que le bruit est nécessaire à l’activité intellectuelle (!) Il est facile de cultiver le paradoxe. Mais il est certain, d’autre part, que nombre de nos contemporains, représentatifs au plus haut point de notre existence actuelle, ne se trouvent à leur aise que dans une atmosphère agitée et bruyante. Ce sont des intoxiqués qui souffrent quand leur poison leur fait défaut. Il y a là un genre de toxicomanie qui manquait à la collection. Seulement, si l’on ne voit nul inconvénient à ce que ces malades satisfassent comme ils le voudront leur besoin

de bruit, on permettra aux autres humains, infiniment plus nombreux, de réclamer qu’on leur épargne l’absorption forcée d’un poison dont ils ne ressentent nullement la nécessité et qui leur fait mal.

Et c’est justement ce point particulier de l’influence désastreuse du bruit sur l’organisme qu’il paraît nécessaire d’aborder. Pour cela il serait peut-être nécessaire de préciser les conditions particulières qui rendent certains bruits plus nuisibles que d’autres. Sans doute, néanmoins, n’est-il pas besoin d’y insister car la chose a été déjà étudiée un bon nombre de fois. Chacun sait qu’il convient d’établir une différence fondamentale entre les bruits suivant leur hauteur, leur intensité, le plus ou moins de brusquerie de leur émission. Des travaux consciencieux ont noté en « phons » ou en « décibels » les sons qu’il nous faut percevoir et dressé le bilan des nuisances à cet égard. Tous les facteurs de la question ont été ainsi analysés. Il n’est pas douteux qu’un son aigu soit beaucoup plus offensif qu’un son grave et c’est pourquoi on a demandé que la hauteur du son émis par un avertisseur d’automobile, par exemple, demeure au-dessous du la du diapason. En outre, la soudaineté, l’inattendu de la secousse subie est pour beaucoup dans la reaction du sujet qui l’éprouve. Il existe dans les cités un bruit sourd, continu, grave, qui ne gêne personne parce qu’en réalité personne ne l’entend plus; c’est « cette paisible rumeur là » qu’a chantée Verlaine. Sur ce fond sonore, le bruit nuisible se détache soudain et c’est sa brusquerie qui le rend offensif. Il l’est parfois de telle façon qu’il man que son but. Il n'est pas exceptionnel de constater qu’un passant traversant une rue et qui est tout à coup surpris par un avertisseur au bruit trop fort ou trop aigu, réagit par une sorte d’inhibition qui le cloue sur place et qui, justement, l’empêche de se garer comme il conviendrait.

Mais il est surtout intéressant de rechercher quels sont ceux de nos appareils organiques sur lesquels le bruit peut avoir une action et comment se manifeste le danger qu’il porte en lui. Il est évident pour tout le monde que notre système nerveux est le plus directement atteint. Le bruit compris comme

nous l’avons dit est une cause de fatigue nerveuse indéniable et ce n’est pas une exagération de lui attribuer une part notable de responsabilité dans le surmenage qui est peut-être la caractéristique principale du nervosisme contemporain : « Il n’y a pas, a dit un savant physiologiste, de surmenage cérébral, il n’y a que du surmenage sensoriel. » Celui-ci naît par deux voies : l’œil et l’oreille. Mais, contre le surmenage d’ordre visuel nous pouvons nous défendre, car il nous est loisible d éviter son risque. L’offensive sonore pénètre en nous malgré nos parades illusoires et le péril qu’elle recèle en devient incomparablement plus menaçant.

Dans une communication faite à l’Académie de médecine, il y a quelques années (i), M. Portier rappelait les expériences conduites dans un laboratoire de psychologie et qui démontraient que le bruit met à mal les facultés d élaboration et sensibilise de plus en plus, quand il se répète, le système nerveux si bien que l’on entre vite dans un cercle vicieux. Et l’éminent physiologiste n’hésitait pas à conclure qu’il y a là une cause de déchéance qui s’attaque aux individus les mieux doués, les plus cultivés, et qui diminue le rendement intellectuel. N’y aurait-il que la façon dont le sommeil est influencé par le bruit que nous aurions déjà là une preuve de son action défavorable sur le système nerveux. Quand le sommeil n’est pas empêché par le bruit, il est tout au moins troublé de façon marquée, il est moins profond, moins réparateur; et qui ne sait que le sommeil est nécessaire à l’homme pour refaire ses forces non seulement physiques, mais aussi intellectuelles? L observation de Mosso, que nous rapportons plus loin, est démonstrative de ce retentissement, dont nous sommes souvent inconscients, du bruit sur le repos physiologique.' A l’état de veille, dit M. Franquet (2), tout bruit arythmique, aigu, dissonant, élevé, détermine une dissociation brutale, un véritable choc mental et qui peut être comparé en quelque sorte aux chocs humoraux,

(1) Académie de médecine (séance du I er juillet 1930).

(2) Leçon professée à l’École d’anthropologie (1928).

ceux qui déclenchent des accidents de floculation. Quoi d’étonhant, dans ces conditions, si le rendement intellectuel est sévèrement compromis? Il ne l’est pas par un ou quelques chocs légers, mais par la sommation de chocs successifs, sommation qui aboutit, pour les « bruités chroniques » dont parle M. Gommés (i), à détraquer le délicat mécanisme cérébral. Il se crée ainsi une hyperexcitabilité pleine de péril et le même auteur considère ceux qui sont soumis à ce régime de vie comme prédisposés aux grandes psychonévroses. Pour éviter les conséquences sérieuses de ce regrettable surmenage, encore faut-il qu’ils dépensent une force de résistance importante, et cette dépense, à son tour, contribue à les fatiguer.

D’autre part, il serait surprenant que l’appareil récepteur des sons, c’est-à-dire l’oreille, ne fût pas offensé au premier chef. Sur-ce point les travaux sont rares. Cependant M. Ramage et M. Wittenack ont constaté qu’il se fait peu à peu des lésions des terminaisons nerveuses dans le limaçon. Comme conséquences, on enregistre assez rapidement, chez les chaudronniers, les forgerons, par exemple, un affaiblissement progressif de l’ouïe pour les sons élevés et, à mesure que les lésions de dégénérescence s’accentuent, la surdité s’établit pour des bruits de moins en moins aigus. Évidemment, ces travailleurs sont dans des conditions spéciales, mais il est bien permis de conclure de ces observations qu’à un degré moindre, l’audition, chez les simples habitants de nos cités tumultueuses, doit s’émousser aussi. Pangloss y verrait peut-être une défense naturelle de l’organisme contre ces offenses au système nerveux. Heureux les sourds..., a dit quelqu’un.

Si l’on veut quitter le point de vue individuel- et envisager la question sous l’angle du rendement du travail par les .collectivités, on constatera non moins nettement cette action fâcheuse du bruit sur le système nerveux. Rappelons à cet égard les expériences faites à la Colgate University [Hamilton] (2) qui ont

(1) Société de médecine de Paris (juillet 1931-7 octobre 1932).

(2) Cité par A. Lecomte, Du bruit et de ses effets dans la vie urbaine (Thèse de Paris, 1930).

porté sur des dactylographes et montré que si leur rendement ne diminue que peu (4 pour 100) quand ils travaillent dans le bruit, leurs échanges respiratoires augmentent par contre notablement, ce qui prouve qu’à résultat à peu près égal, ils se fatiguent beaucoup plus. M. Bernardin parle (1) d’essais effectués dans les tissages et qui ont permis de constater que la production est beaucoup plus satisfaisante quand les ouvriers sont protégés contre le bruit. Les laboratoires de psychotechnique ont de même établi que le bruit modifie notablement le temps de réaction des sujets examinés en l’allongeant la plupart du temps et que, notamment, les réactions visuelles deviennent, sous son influence, irrégulières.

Tous ces faits répondent à une argumentation spécieuse qui voudrait faire admettre que les troubles enregistrés ne se manifestent que chez des sujets déjà quelque peu suspects à l’avance d’un déséquilibre nerveux, si léger fût-il. En somme, ce serait le système nerveux qui aurait commencé. S’il faut à ceux qui pensent de la sorte d’autres preuves de l’influence du bruit sur l’organisme, le système circulatoire les leur fournira.

Chacun sait que le saisissement, provoqué par un bruit soudain et fort, détermine souvent une accélération des mouvements du cœur, ainsi que le font, d’ailleurs, toutes les émotions. Ce n’est là qu’une manifestation momentanée d’une influence beaucoup plus générale. Les sons, si faibles soient-ils, sont cause d’une accélération de la circulation et la chose est connue depuis longtemps, tout au moins depuis l’observation si curieuse de Mosso (2) faite sur un sujet porteur d’une large brèche crânienne par laquelle on pouvait étudier la circulation du cerveau. Il a noté qu’au moindre bruit qui se produisait autour de ce sujet, une onde sanguine envahissait la surface cérébrale : « La cloche de l’hôpital venait-elle à sonner, quelqu’un passait-il sur la terrasse, remuait-on une chaise, remontait-on une montre, quelque malade toussait-il dans la chambre voisine, cela suffi-

(1) Idem.

(2) Idem.,

sait pour modifier d’une façon très apparente la circulation cérébrale. » A considérer l’effet produit par des sons aussi légers, on peut se rendre compte de l’influence des bruits forts et répétés. D’autres ont noté, lorsque des bruits un peu intenses se produisent, une élévation de la pression sanguine. Or, s’il n’y a aucun inconvénient à cette -accélération circulatoire, à cette élévation de la pression artérielle chez les sujets sains (malgré l’irrégularité du pouls, notée aussi par Peyser), on voudra bien admettre qu’il n’en soit pas de même si le choc se répète souvent, s’il est fort et surtout si le sujet ne possède pas un système circulatoire rigoureusement indemne. N’envisageons qu’en passant cette dernière éventualité et reconnaissons que toute personne dont la circulation est en quoi que ce soit déficiente doit observer un régime de vie où le silence figurera à côté des autres prescriptions; mais ne nions pas que la répétition du choc sonore, la sommation, comme on disait plus haut, des atteintes dues au bruit soit l’habitude pour qui vit et circule dans une grande cité. L’influence nuisible sur la circulation existe donc bien aussi pour les bien portants.

Passons à l’appareil digestif. Vous pensiez peut-être qu’il n’a rien à voir en l’affaire? Détrompez-vous. M. Feldstein avait déjà observé que tel nourrisson, qui se refuse à prendre le sein dans une chambre exposée aux bruits du dehors ou de la maison, tête fort bien si on le transporte dans une pièce silencieuse (i). Donald Lair a fait en ce chapitre, des expériences curieuses (2) sur des étudiants qui s’y sont bénévolement soumis. Elles lui ont montré une diminution appréciable de la sécrétion normale de la salive en milieu bruyant, et proportionnelle à l’intensité du bruit. Des expériences analogues ayant pris pour sujet la sécrétion gastrique, ont montré qu’une chute semblable de celle-ci était enregistrée dans les mêmes conditions. Il suit de là que le bruit constant, au milieu duquel nous sommes contraints de vivre, assume sans doute une responsabilité au moins par-

(1) Cité par R. Mathieu et E. Leroy, Bulletin médical (24 octobre 1931)-

(2) Medical Journal and Record (18 mai 1932)-

tielle dans les troubles gastriques dont se plaignent tant de nos contemporains.

Ces remarques sur le bruit des villes (et maintenant des campagnes, comme l’a précisé une lettre de M. W. Loubat, publiée jadis par le Temps) pourraient porter à des développements beaucoup plus amples. Il conviendrait d’analyser les causes de ces bruits répétés et incessants, qu’ils se produisent à l’extérieur ou dans les habitations mêmes. Il faudrait chercher le remède à cet état de choses préjudiciable à la santé de chacun, car on ne saurait se contenter de solutions individuelles qui ne portent généralement pas. Il nous faut bien admettre que parmi ces bruits dont nous souffrons, il en est qui sont inévitables parce qu’ils sont, suivant une expression devenue classique, mais qui reste discutable, la rançon du progrès dont est fait notre confort. Pour les autres, qui sont nettement inutiles, on peut les éviter; c’est affaire d’organisation et, au besoin, de police. Pour ce qui concerne les bruits intérieurs, il s’agit surtout de défaut d’éducation et l’éducation ne s’impose pas à coups d’ordonnances. Mais on a voulu s’en tenir dans ce qui précède, au côté physiologique et médical du sujet. On voit, bien que l’on ait passé sous silence quelques éléments du problème, que ces considérations revêtent une réelle importance et l’on peut même penser qu’elles sont susceptibles de servir de base à la lutte que l’on a entreprise de divers côtés contre les bruits inutiles.

Nous avons vu, au chapitre précédent, qu’aux influences mauvaises de la lumière et à ses dangers, on pouvait opposer, par un heureux équilibre, l’emploi de celle-ci en thérapeutique sous des formes diverses et très souvent bienfaisantes. Nous n’avons malheureusement pas la même favorable contrepartie à invoquer pour compenser l’action regrettable du bruit. Jusqu’à présent celui-ci n’a pas trouvé son emploi curatif. Tout au plus, pourrait-on faire état des tentatives qui ont été faites à toute époque pour utiliser les sons harmonieux dans la cure de certaines maladies. C’est ce que l’on a appelé la « mélothérapie ».

Celle-ci peut revendiquer une origine mythologique, puisqu’on nous a conté comment Orphée charmait les bêtes féroces au son de sa lyre; une origine historique très ancienne aussi, puisque nous n’ignorons pas que David, avec sa harpe, calmait les fureurs de Saül. Cependant, pour affirmer les mérites de cette méthode, peut-être faudrait-il- se baser sur des travaux un peu plus poussés au point de vue physiologique. Certains s’en sont avisés qui ont d’abord étudié les effets de la musique sur les sujets sains (animaux et humains) avant d en tenter 1 application sur des individus malades. Passant sur les faits anciens, rappelons que M. Pachon, en collaboration avec M. Guibaut, a établi (i) que la musique exerce une action indéniable sur l'amplitude et le rythme de la respiration, sur la tension artérielle et le pouls. La réaction circulatoire se traduit, disent ces auteurs, par une constriction des vaisseaux périphériques avec légère accélération du rythme cardiaque. Plus tard, MM. Binet et Courtier (2) ont repris ce genre d’investigations et distingué soigneusement l’excitation sensorielle pure, indépendante de tout sentiment suggéré, et l’excitation émotionnelle qui dépend de la nature du morceau exécuté. Voici d’ailleurs le résumé de ces recherches, tiré d’un travail de M. Guibier (3) : « L’action de la musique varie suivant les modes, les rythmes, les tonalités et leurs alternances. La prédominance du mode majeur, les rythmes vifs et variés, l’alternance des tonalités et des accords de signe contraire, la brusquerie et l’intensité des mouvements et des reprises, une disposition particulière des silences rompant le rythme au moment opportun produisent une accélération de la respiration et du coeur, une vaso-constriction, une exaltation de la contraction musculaire plus grande et des phénomènes plus marqués qu’un rythme uniforme, lent, la répétition d’un même son, d’accords soit consonants, soit dissonants et la prédominance du mode mineur. »

Passant à l’application pratique de ces principes physiolo-

(1) Güibaut, Thèse de Bordeaux (1898-1899).

(2) Binet et Courtier, Année psychologique (1896).

(3) Guibier, Thèse de Paris (1904).

giques, signalons que M. Martinez Torres a déclaré (i) considérer la cure 4e musique comme particulièrement indiquée au cours des névroses, ce qu’ont déjà pensé les anciens et ce qu’ont concrétisé de nos jours les Américains, puisqu’il existe aux États-Unis un Institut Sainte-Cécile, où n’est utilisé, contre les troubles mentaux, que ce que l’on appelle la « douche musicale ». Le physiologiste Laborde a rappelé (2) qu’un dentiste nommé Drossner complétait heureusement, chez ses patients, l’anesthésie au protoxyde d’azote par l’addition de quelque morceau de musique et le même auteur a proposé d’essayer cette unioii de l’anesthésique et du son dans tout le domaine chirurgical. Il n’a pas été suivi. D’autre part, Ferrand (3) a émis l’avis que la musique doit être classée parmi les antispasmodiques qui ont pour effet de modifier l’activité des centres nerveux en leur communiquant une impression autre que celle à laquelle ils obéissent.

Quoique l’on puisse facilement citer des auteurs par dizaines qui ont abordé cette question et qui même ont essayé d’expliquer les effets, qu’ils jugeaient favorables, de la musique dans mainte maladie, mais surtout dans les névroses et les affections mentales, le problème demanderait à être approfondi beaucoup plus qu’il ne l’a été si l’on voulait trouver dans la mélothérapie une méthode de traitement dont on puisse faire usage en des circonstances données et suivant une technique rigoureuse, qui reste, bien entendu, à établir. Quand on nous dit que Schubert est souverain contre l’insomnie, Brahms, contre la dépression nerveuse, Beethoven et Bach, contre certaines formes de rhumatisme, quand on précise, d’autre part, comme Demonchy, que le violon excite, que le violencelle apaise les émotifs, que la flûte calme et repose, nous ne demandons qu’à nous? laisser convaincre, mais nous demandons des observations médicales un peu moins vagues que celles qu’on nous propose en exemple. Est-ce le phonographe qui nous aidera à résoudre cette énigme?

(1) Martinez Torrès, Discours à l’Académie royale espagnole (1904).

(2) Laborde, Académie de médecine (14 mai 1901).

(3) Ferrand, Académie de médecine, (13 août 1895).

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