‹ Les infractions aux lois & conventions de la guerre commises par les ennemis de la Serbie depuis la retraite Serbe de 1915. Résumé de l'enquête exécutée sur le front de MacédoineChapitre 20 sur 28 · PILLAGES ET RÉQUISITIONS · texte numérisé non relu

PILLAGES ET RÉQUISITIONS

Pillage

« Les comitadjis ont tout pillé dans les villages. Les soldats s'en sont mêlés aussi. Il n'y reste que les murs. Avant la guerre, la moitié du village de Fariche (en Macédoine) était pour les Bulgares, l'autre pour les Serbes. Les Bulgares ont pillé les deux parties. » — Vélia Mant- CHITCH, de Fariche, 22 ans.

<< Bulgares,~Autrichiens et Albanais pillaient les maisons. Avant la révolte, les Autrichiens avaient pour habitude d'envoyer des patrouilles de gendarmes dans les villages, patrouilles qui pillaient tout et pendaient chaque fois un grand nombre d'habitants. » — Vladiaur Voukovitch, 19 ans, de Komiritch, élève de gymnase et insurgé évadé.

« J'ai constaté en passant parles villages que les Austro- Hongrois emmenaient tout le bétail des paysans. Les Bulgares ont pillé toutes les maisons serbes dont les propriétaires étaient partis, tués ou internés (à Skoplié). D'autres maisons, dont les propriétaires sont rentrés, ont aussi été pillées. Les maisons de commerce sont toutes complètement dévalisés. Le général Ratcho Petroff tenait le record du pillage. Ce pillage se faisait d'ailleurs ouvertement. Les Allemands ont pillé dans les villages comme les. Bulgares. A Skoplié ils ont été un peu plus réservés. En Serbie, après la révolte, on a permis aux troupes de piller comme elles voulaient et de faire ce que bon leur semblait. »l — B0JIDAR Mladenovitch, de Skoplié, 24 ans,

soldat serbe enrôlé de force dans le ii régiment bulgare. Evadé.

« Les Bulgares ont pris à la succursale de la Société de Banque de Belgrade à Skoplié i3o.OOO francs qui se trouvaient dans le coftVe-fort. » — Bojidar Mladenovitch, deuxième interrogatoire.

« Le témoin a vu sur tout le chemin (de Nich à Chtipina, département de Zaitchar) et on le lui a aussi raconté, que les Allemands avaient beaucoup plus pillé que les Bulgares. La population s'efforce de garder les vivres et les cède a linsu de la commission de réquisition qui existe dans toutes les communes. « — Dolchan Manoh.ovitch, de Chtipina, 3l ans, en dernier lieu gendarme serbe du détachement de Tétovo. Evadé.

« Les Bulgares ont rançonné la population. Les comitadjis ont pillé et assassiné les gens. Tous les biens des tués ou internés ont été confisqués. A Kavardartzi la population est contre les Bulgares à cause du pillage continuel et à cause du chantage. » — \r.u\ MANTCHrrcH, sergent ebser et déserteur bulgare.

(' Le 10 ou 11 novembre î9i5, à 2 heures de l'après-midi, la cavalerie bulgare est entrée la première à Prjchtina. Ensuite ce fut l'infanterie autrichienne et allemande. Les militaires n'ont pas usé de violence le premier jour, mais le second, les magasins étant restés fermés, ils se sont tous rués au pillage, défonçant les boutiques et enlevant tout ce qui s'y trouvait, de sorte qu'on n'aurait plus pu y découvrir une aiguille. Les soldats ont pillé non seulement les magasins, mais aussi les maisons privées, surtout celles où il y avait des vivres. De même, ils ont enlevé toutes les constructions en bois afin d'utiliser le bois pour se chauffer.r. (à Belgrade). A cette occasion j'ai appris que les troupes austro-hongroises avaient complètement pillé un grand nombre de maisons et que tout avait été envoyé en Autriche-Hongrie et en Allemagne. » — D' Athanasiadès, Grec, médecin de l'arrondissement de (iratchanitza.

« L'ennemi cherchait partout à faire le plus de dégâts possible et confisquait tous les vivres et le bétail. Sur la route,

il prenait aux paysans tout ce qu'ils avaient. » — Vitèze Bradilovitch, percepteur à Ganitxa, sous-lieutenant au 9^ régiment d'infanterie serbe. Évadé des Austro-Hongrois.

« L'ennemi a complètement pillé la ville (Belgrade) dès son arrivée. Un très grand nombre de maisons sont restées absolument vides. » — Marie Milkovitch, de Belgrade.

« A l'hôpital militaire de Jaitze (en Autriche), les malades couchaient sur des lits qui paraissaient avoir été le produit du pillage en Serbie. » — Renseignement de au Ministère de l'Intérieur.

« J'ai entendu dire que les Bulgares, en pénétrant dans le territoire delà Vieille Serbie, se sont très mal comportés envers la population. En Macédoine, par contre, ils ont, par ordre, défendu le pillage général (voir la circulaire du colonel Betcharoft reproduite dans le chapitre II). Mais, malgré cet ordre, on a pillé beaucoup dans les villages macédoniens et, en général, dans toute la Macédoine. C'étaient tout spécialement Tés comitadjis bulgares et les chefs des divers comités, composés d'hommes dépravés, qui coinmettaient ces pillages, toujours sous le prétexte que les tués et les pillés étaient suspects comme Serbes. » — Georges Todgrgvitch, soldat serbe et évadé des Bulgares dans l'armée desquels il avait été enrôlé de force.

Le prisonnier bulgare N° 5, déjà cité à propos des massacres de civils en Macédoine, dit ce qui suit du pillage exécuté par son armée :

« Les soldats bulgares ont pillé partout où ils pouvaient. Après avoir comniiis les massacres de Roudna Glava, les soldats du 9^ régiment ont brûlé le village. Les massacres ont été exécutés pour pouvoir piller. D'ailleurs, tous les villages où les gens ont été massacrés, furent d'abord pillés et ensuite incendiés. Le lieutenant Koitcheff, du 9^ régiment, qui commandait les tueries de Boljevatz et de Bor, a promis à ses soldats 20.000 lèves du produit du pillage après les massacres. Mais au lieu de tenir sa promesse, il a envoyé iSo.OOO lèves chez lui, à Plevna, et n'a donné aux soldats que des sommes minimes. Alors ceux-ci ont raconté tout ce qui s'était passé. Les soldats s'habillaient en civil

et allaient piller pendant la nuit. Dans la région de Prokouplié, 184 villages furent détruits. Les maisons de ceux qui ont été déportés furent pillées d'abord, incendiées ensuite. »

Il résulte donc nettement de ces quelques témoignages que partout où les envahisseurs ont mis le pied, ils ont pillé. Oui des Allemands, Austro-Hongrois ou Bulgares étaient les plus pillards, on ne pourra le dire qu'après la rentrée en Serbie. iMais, à en juger d'après les constatations faites dans la petite portion de territoire libéré et d'après les témoignages qui se trouvent dans mon dossier, tous les trois paraissent avoir été d'égale force. Que faut-il dire des deux puissants empires prétendant être à la tête de la « Kultur », qui envahissent un petit pays pauvre, raflent tout ce que possède sa population et envoient une partie du butin chez eux? Et les Bulgares qui, ainsi que l'ont écrit leurs propres journaux, arrachent même les pierres tombales serbes pour les envoyer à Sofia !

Les Austro- Hongrois, Allemands et Bulgares ont enfreint, par leur pillage des pays serbes, les articles suivants de la Convention de la Haye du 18 octobre 1907, Convention qu'ils ont signée :

Article 2(>. — « Il est interdit de livrer au pillage une ville ou localité, même prise d'assaut. »

Article 4/. — « Le pillage est formellement interdit. » Suivant la déposition de Bojidar Mladenovitch, les Bulgares ont saisi i5o.OOO francs dans les coffres-forts de la Société de Banque de Belgrade à Skoplié. Ce faisant, ils ont violé l'article 33 de la Convention de la Haye, article qui dit :

« L'armée qui occupe un territoire ne pourra saisir que le numéraire, les fonds et les valeurs exigibles appartenant en propre à l'Etat. »

Enfin, nous savons déjà par les dépositions publiées dans la première partie de ce résumé, que les Bulgares ont confisqué, à leur profit, tous les biens des personnes temporairement émigrées (pendant la guerre), des déportés et

tles gens massacrés par leurs propres troupes. Les témoignages contenus dans cette partie du présent travail ne font que confirmer le fait, d'ailleurs déjà indiscutablement établi par les aveux de la presse bulgare elle-même.

Or, cette confiscation n'est conciliable avec aucun principe de droit actuellement existant, si ce n'est avec le droit du plus fort, le droit de la brute. Tout au contraire, la propriété privée est expressément protégée contre de tels attentats par les articles suivants de la Convention de la Haye:

Article 23. — « Il est interdit de détruire ou de saisir des propriétés ennemies, sauf les cas où ces destructions ou ces saisies seraient impérieusement commandées par les nécessités de la guerre. »

Article 46 , al. 2. — « La propriété privée ne peut pas être confisquée. »

De plus^, l'article 43 de la Convention de la Haye stipule le respect par l'occupant des lois en vigueur dans le pays :

« L'autorité du pouvoir légal ayant passé de fait entre les mains de l'occupant, celui-ci prendra toutes les mesures qui dépendent de lui en vue de rétablir et d'assurer, autant qu'il est possible, l'ordre et la vie publics en respectant, sauf empêchement absolu, les lois en vigueur dans le pays. »

Or la Constitution du Royaume de Serbie dit dans son article 17 :

« La peine de confiscation des biens ne peut être instituée. »

Quel « empêchement absolu » peuvent invoquer les Bulgares pour se justifier d'avoir violé à la fois la Constitution du Royaume de Serbie et l'article 46, al. 2, de la Convention de la Haye? Aucun! Cette confiscation, constituant une grave violation du droit des gens, montre à l'évidence la véritable nature de « leur guerre » : C'est une guerre de conquête oîi les Bulgares ont pour unique but de s enrichir aux dépens des autres. Pour y arriver, ils ont utilisé et ils utilisent encore tous les moyens, même les plus criminels.

Réquisitions

« Le témoin a ^ u pendant son voyage (transport des prisonniers) et pendant son séjour à Belgrade que les soldats allemands prenaient à la population de l'eau-de-vie et du vin. Il ne sait pas s'ils payaient ce qu'ils prenaient. Il a entendu dire également qu'on a pris aux gens du blé et tout leur cuivre. » — Georges Yovanovitch, de Gostirazna, du 5^ régiment d'infanterie serbe, versé plus tard, comme prisonnier, dans l'armée bulgare. Ê%adé.

« Dès l'occupation de nos territoires, les ennemis ont tout réquisitionné : le blé, le foin, le bétail, etc. Ils n'ont rien payé, mais ils ont donné des bons de réquisition payables après la guerre. Tous les moutons en Macédoine et en Serbie ont été réquisitionnés par les Allemands. » — Vélia Mantchitch, sergent serbe et déserteur bulgare.

« Chez lui, à Chtipina, Manoilovitch a trouvé tout le monde en bonne santé. Les soldats ont pris le bétail des villageois. Le témoin a passé une nuit à Radomir avec les internés de la région de Kniajevatz. Ceux-ci lui ont raconté que toute la contrée de Kniajevatz a été colonisée avec des Bulgares qu'on a amenés de toute part. Les terres n'ont pas été confisquées, mais chaque village doit nourrir la population étrangère qu'on a amenée. Les militaires ne réquisitionnaient pas beaucoup au commencement et ils payaient au dixième du prix tout ce qu'ils prenaient. Mais ensuite les Bulgares ont commencé à ra%r tout le blé, et ils n'en ont laissé aux habitants qu'une petite quantité. Au mois d'avril 1917, chaque habitant a dû fournir 3 kilogrammes de fromage . La population s'efforce de garder les vivres et les cède à l'insu de la commission de réquisition qui existe dans chaque commune. » — Dolchan ALanoilovitch, de Chtipina, 3i ans, en dernier lieu gendarme serbe du détachement de Tétovo. Kvadé des Bulgares.

Après avoir parlé des réquisitions à Prichtina (voir

chapitre III), le témoin continue : « Je suis parti avec M. Tomitch pour Krouchevatz , dans la voiture de M. Péchitch. J'ai déclaré que cette voiture était à moi, et c'est pourquoi on ne l'a pas réquisitionnée. Il y avait beaucoup de troupes à Krouchevatz et un très grand nombre de maisons étaient réquisitionnées sans égard pour les familles, auxquelles on laissait une chambre. Les militaires ne payaient rien, mais exigeaient tovijours du linge propre malgré la pénurie de savon et de bois de chauffage. Ils mettaient des écriteaux sur les maisons réquisitionnées... A Belgrade, les autorités militaires avaient réquisitionné beaucoup de maisons pour les officiers, qui ne payaient aucun loyer. » — D' AthanasiADÈs, Grec, médecin de l'arrondissement de Gratchanitza.

« Plus tard, on a continué à piller (à Belgrade) sous forme de réquisition, des objets en laiton, en acier, en aluminium, en cuivre, etc. et, jamais, on n'a rien payé. >> — Marie Milkovitch, de Belgrade.

« Les vivres disponibles devenaient toujours plus rares. Cela provenait de ce que l'ennemi réquisitionnait des quantités énormes de blé, de maïs, d'avoine, de bétail et de volaille. » — Même témoin que le précédent .

« Aussitôt entrés en Macédoine, les Bulgares ont commencé à réquisitionner tout ce qu'ils pouvaient et la famine suivit immédiatement ces réquisitions. La façon de réquisitionner des Bulgares était effrayante... A Prilep, dès leur arrivée, les Bulgares ont ordonné que chaque maison dont le propriétaire possédait quelque chose, donnât deux ou trois miches de pain par jour pour l'armée bulgare. Cela a duré pendant deux mois. Pour s'excuser, les Bulgares ont déclaré que la population devait nourrir les troupes pendant un certain temps parce qu'on ne pouvait pas faire venir des vivres de la Bulgarie, les routes et les ponts étant impraticables. » — GeoRgEs ToDOROViTCH, 29 ans, de Prilep, soldat serbe, enrôlé de force dans l'armée bulgare et évadé.

Les Bulgares ont donc laissé entièrement à la charge

de la population de Prilep le ravitaillement de leurs troupes. Dans d'autres endroits, les vivres, etc., réquisitionnés furent envoyés en Bulgarie. Ainsi Danka PopoviTCH, 22 ans, institutrice de Bitolj, dit à propos de ce qui s'est passé à Bitolj :

« Le comité bulgare, pour les réquisitions, avait donné l'ordre que tous les vivres, tant de la ville que de la campagne, fussent réquisitionnés et que la dixième partie seulement en fût laissée aux propriétaires. Ceci fut fait à la suite d'un ordre télégraphique de Sofia, dans lequel il était dit que tout devait être réquisitionné, parce que la famine, en Bulgarie, serait telle qu'on ne l'avait jamais connue. Peu après ces réquisitions, les vivres commencèrent à manquer de façon terrible, et des milliers de gens s'assemblèrent devant la Préfecture de police pour réclamer du pain. La Préfecture, où je travaillais à ce moment, fut informée qu'une cinquantaine de personnes étaient mortes de faim. De partout, on demandait au préfet (de l'arrondissement) Rasvigorofï, qui était en même temps président du comité de réquisition, de céder un peu de vivres à la population. Sur un ordre du comité central, il ne donna que 200 kilogrammes de blé. Au mois de septembre, les Allemands ont réquisitionné tous les objets en cuivre, mais ils les ont payés. »

Dans le chapitre III, j'ai déjà cité une série de dépositions de prisonniers ennemis qui admettent tous que les envahisseurs ont beaucoup réquisitionné. Mais, alors que. les uns prétendent que ces réquisitions auraient été payées, les autres avouent, par contre, que les bons de réquisition n'ont pas été payés. Ainsi le n" 17 dit : « Tout a été réquisitionné. On a bien donné des bons de réquisition, mais on ne les payait pas. »

Il est certain, les témoins des villages libérés nous l'ont prouvé, qu'une partie des réquisitions a été payée. Mais dans quelle proportion ce payement des réquisitions fut-il fait? A en juger d'après ce qui s'est passé dans la région de Bitolj, où j'ai pu faire une enquête personnelle, cette proportion a dû être faible, très faible. Et encore, à quels prix étaient les payements ! Douchan Manoilovitch

dit que les réquisitions du comnienceinent lurent payées au dixième du prix. Nous avons vu dans le chapitre III que, souvent, les prix donnés ont été encore de beaucoup inférieurs au dixième.

11 est certain que les réquisitions, aggravées encore par le pillage, ont complètement ruiné les pays serbes de sorte que la population de ces régions fertiles souffre aujourd'hui cruellement de la faim. Les témoins nous le disent, et, d'ailleurs, nous le savons aussi par les journaux ennemis et par le fait que des pays neutres, comme la Suisse, ont dû venir au secours de cette population alïamée.

Or, l'article 32 de la Convention de La Haye prescrit :

« Les réquisitions en nature et les services seront en rapport avec les ressources du pays. Les prestations en nature seront, autant que possible, payées au comptant ; sinon elles seront constatées par des reçus et le payement des sommes dues sera effectué le plus tôt possible. »

Qu'ont fait. les envahisseurs? Ils ont tellement dépassé, dans leurs réquisitions, les ressources du pays, qu'il en est complètement ruiné. Ils n'ont pas même eu la pudeur de nourrir ensuite ce pays ruiné par eux. Ils l'abandonnent à la charité publique !

La plupart de ceux qui, dans la petite région libérée de la Serbie, détiennent des bons de réquisition des Bulgaro- Allemands, attendent encore aujourd'hui et attendront toujours leur payement. En Serbie envahie il y a aussi beaucoup de gens qui sont dans le même cas. Il est vrai que bien des Serbes, ruinés à l'heure actuelle, ne peuvent pas même présenter de tels bons parce qu'on leur a tout pris sans rien leur donner, pas même un « chiffon de papier ».

Il faut que je mentionne également à cette place les impôts nouveaux introduits par les envahisseurs dans le pays qu'ils occupent temporairement. Les témoins macédoniens nous ont dit que les Bulgares ont prélevé la dîme, impôt turc sur le bétail et les céréales, impôt aboli par les Serbes. Les Austro-Hongrois aussi ont chargé les Serbes

d'impôts nouveaux. Marie,, femme de Miloutine iMilkoviTCH, de Belgrade, dit à ce propos :

Sur tous les mandats envoyés de Suisse, on retient 2 ou ou 3 °/o (à Belgrade). Un impôt élevé est de même perçu tant sur les envois que sur les valeurs immobilières. Dès qu'on ne peut pas payer, les autorités mettent en vente tqus les biens mobiliers et immobiliers du débiteur dont ils peuvent se saisir. Les différentes taxes coinmunales sont aussi très élevées et la population en est tellement grevée que les gens perdent tout leur avoir. En outre, on perçoit encore une taxe de guerre de 5o 0 0 sur toutes les valeurs. »

Tous ces impôts, taxes, etc., ne paraissent nullement cadrer avec les articles 48 et 49 de la Convention de la Haye qui disent :

Article ^o. — « Si l'occupant prélève, dans le territoire occupé, les impôts, droits et péages établis au profit de l'Etat, il le fera, autant que possible, d'après les règles de l'assiette et de la répartition en vigueur. »

Article 4g. — « Si, en dehors des impôts visés à l'article précédent, l'occupant prélève d'autres contributions en argent dans le territoire occupé, ce ne pourra être que pour les soins de l'armée ou de l'administration de ce territoire. » .

Les impôts et taxes prélevés par les Austro-Hongrois et les Bulgares en Serbie envahie font partie du système commun adopté par eux envers ce malheureux pays, système qui peut se résumer dans les deux mots : extermination et exploitation.

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