‹ Les infractions aux lois & conventions de la guerre commises par les ennemis de la Serbie depuis la retraite Serbe de 1915. Résumé de l'enquête exécutée sur le front de MacédoineChapitre 9 sur 28 · TRAVAIL FORCÉ · texte numérisé non relu

TRAVAIL FORCÉ

La 4* Convention de la Haye défend expressément d'utiliser aux travaux militaires la population des territoires ennemis occupés. Et pourtant, Allemands et Bulgares l'ont fait en Macédoine. Pis encore, ils ont fait travailler femmes et enfants dans la zone battue par le feu de leurs adversaires.

Les prisonniers bulgares eux-mêmes ne cachent pas cette grave infraction aux lois de la guerre et de l'humanité :

A^° 2o, sergent au 2" régiment d'infanterie bulgare': < Dans les villages de la Macédoine, la population vit très mal parce qu'on l'oblige à travailler aux tranchées et parce qu'on lui prend tout ce qu'elle |a. On donne, aux gens qui travaillent, un pain par jour. Les femmes et les enfants travaillent également aux tranchées. Près de Béchichte, à un endroit où les femmes ont été obligées de travailler, un obus est tombé et a tué deux femmes et en a blessé trois autres. "

N" 2g, 22 ans, J' régiment d'infanterie bulgare : « On fait travailler les paysans des villages macédoniens du front, aux routes et aux tranchées. On les nourrit. »

N° 3o, caporal au 3" régiment. — < On oblige les habitants des villages de Macédoine à travailler aux routes et aux tranchées. On fait aussi travailler aux routes et aux tranchées les enfants et les jeunes filles. A Béchichte, des obus sont tombés au milieu de civils et de femmes qui travaillaient. »

A' " Ji, caporal du service de santé au 2'' régiment bulgare : « A Bécbichte, les femmes et les enfants travaillent aux tranchées. Ce travail est commandé par des officiers bulgares et allemands. Le témoin n'a pas été ailleurs et il ne sait pas si, à d'autres endroits, on a également fait travailler la population aux tranchées. Il n'a pas osé parler aux femmes, carie commandant, qui était là, le défendait. »

;V" 32, 26 ans, sergent au 2" régiment : « Les femmes et les enfants travaillent à la seconde ligne de tranchées sur tout le front, seconde ligne qui est battue par le feu de l'adversaire. Le témoin a entendu dire qu'il y a eu des morts. »

A'" JJ, 32 ans, du 21'' régiment, 4 bataillon, 5' compagnie : « Tous les habitants des villages, y compris les femmes et les enfants, sont envoyés aux tranchées pour travailler. On les relève quelquefois. Aux secondes lignes des tranchées, beaucoup ont été tués par les bombes d'aéroplanes. Il y a des commandants allemands spécialistes pour diriger ces travaux de tranchées. »

A^o 34, 20 ans, caporal au 21^ régiment d'ijjfanterie: «Il n'a pas vu de villageois travaillant aux tranchées. Par contre, il en a vu, femmes et enfants compris, qui portaient des munitions. »

L'aveu des prisonniers bulgares est net : suf le front macédonien, des Bulgaro-AUemands forcent la population civile, femmes et enfants compris, à travailler aux tranchées et au transport des munitions. Ces tranchées sont parfois battues par le feu des canons ennemis et par celui des bombes d'aéroplanes. Des femmes ont été ainsi tuées au travail, à Bécbichte par exemple. Les Allemands sont d'accord avec les Bulgares pour cette façon d'agir, contraire aux lois et conventions de la guerre; la preuve en est que les travaux « sont dirigés par des commandants allemands spécialistes ».

Les témoins 28 et 29 disent que les paysans sont nourris pendant le travail. Il est fort possible que cette assertion soit vraie pour les endroits où se trouvaient les deux soldats. Nous verrons dans ce qui suit que, la plupart du

temps, les travailleurs n'étaient pas nourris; parfois même ils ont encore dû nourrir les soldats qui les surveillaient.

Village de Grounichte. — « La population n'a pas été battue, mais les Bulgares ont obligé les habitants à travailler pour eux. Ainsi, après avoir été vaincus au Kaimaktchalan, ils ont forcé les femmes et les enfants à travailler aux tranchées. » — Nikola Petrovitch, 28 ans.

<( Lorsque les Bulgares battaient en retraite, après la défaite du Kaimaktchalan, Vicha était malade, mais on l'a obligée à travailler dans les tranchées. Quand elle déclara qu'elle ne pouvait plus le faire étant malade, on lui répondit : « Tu travailleras et, si tu meurs, on t'enterrera ici. » Ce sont des soldats avec un sous-officier qui sont venus chez elle et chez les autres pour les forcer à travailler' aux tranchées. Les Bulgares ne payaient pas ce travail et n'ont rien donné à manger aux villageois, au contraire, ils les forçaient encore à nourrir les soldats qui les surveillaient.» — Vicha Bochkovitch, 40 ans (femme).

Village de Boiidimirtzi. — « Avant d'envoyer la population en arrière, les Bulgares ont fait travailler les hommes, les femmes et les enfants aux tranchées sans les payer. Les soldats prenaient même la nourriture que les villageois avaient apportée au travail pour se nourrir. » — Ilko Sivevitch, 55 ans, et Diautrie VASsiLJEvrrcH, 43 ans.

Village de Jivouja. — « Les habitants n'ont pas été maltraités par les Bulgares à coups de bâton, mais ces mêmes Bulgares les faisaient travailler énormément sans les payer. Les femmes et les enfants n'ont pas été forcés de travailler. On employait les hommes pour transporter le ravitaillement et pour apporter le bois servant à la construction du pont sur la Tzerna. Les habitants n'ont pas creusé de tranchées.» — Vassilie Georgevitch, 56 ans; RisTO LAZAREvrrcH, 53 ans; George Petritgh, 38 ans, et Danas Kouljeviïch. 60 ans.

« Kostevitch a dû travailler sans paiement. Il a été forcé de transporter les blessés et d'apporter les vivres. « Pen- « dant tout l'été, au lieu de pouvoir labourer nos champs,

« on nous a fait travailler. Ainsi nos champs n'ont rien « donné et nous sommes sans nourriture », dit-il. » — KosTA KôsTEviTCH, 5o ans.

Village de Dobroveni . — « Les Bulgares taisaient travailler les hommes et les enfants, mais non les femmes. Ils ne payaient rien pour le travail. C'est aux routes que les femmes et les enfants ont été employés. » — Yovanka Nai- DANOviTCH, 3o ans.

« Les Bulgares les ont fait travailler aux transports et aux routes et ce travail n'a jamais été payé. Les paysans devaient eux-mêmes acheter leur nourriture. » — Todor Petrovitch, 68 ans, kmet du village, Naidan Todorovitch, 49 ans; Naoum Petrovitch, 41 ans, et Bojin Naideff,

Village de Slivitza. — « Les soldats ont fait travailler les hommes et les enfants aux routes et aux transports sans les payer. » — Ilia Georgevitch, 37 ans, kmet du village; déposition confirmée par les autres témoins de Slivitza.

Village de Batch. — « Pendant tout l'été, les habitants ont dû travailler aux transports sans paiement et ils ont dû se nourrir eux-mêmes. » — Alexo Kostovitch, 5o ans.

« Pendant tout l'été, les villageois ont dû travailler pour les Bulgares et cela sans paieinent. » — Alexo Talevitch, 60 ans, garde champêtre.

Village de Gnjilech. — « Les Bulgares n'ont pas battu les villageois, mais ils leur imposaient des corvées de toute sorte, surtout le ravitaillement des troupes du Kaimaktchalan. L'âne du témoin y est resté, crevé à la suite des mauvais traitements. On a forcé lies habitants à travailler dans les tranchées autour de Bitolj. » — Boiko Toloff, 58 ans, et Andon Mitroff.

Village de Tépavtzi. — « Tout l'été, les habitants ont dû travailler pour les Bulgares et les Allemands. D'abord, ils ont été employés au transport du ravitaillement. Lorsque les combats ont commencé, ils ont été forcés de transporter les munitions aux positions et de porter les blessés et

les morts. Dans les villages près de Bitolj, les femmes et les filles ont dû également travailler. » — Bogoyk Traja- NOviTCH, 53 ans, kmet du village, et Vovan Petrovitch, 86 ans.

Village de Skotchivir. — « Les villageois ont exécuté, pendant tout l'été, à dos d'âne le ravitaillement des troupes en montagne et en chariots jusqu'à Prilep et à Gradsko. » — Stoitche Ristitch, 65 ans; Rista Kolljevitch, 6o ans; RisTA TcHEBLAGOviTCH, 62 aus, et RisTA KoTEViTCH, 39 aus.

Village de Veleselo. — « Les habitants ont travaillé tout l'été gratuitement pour les Bulgares et ils ont dû transporter la nourriture du village jusqu'au Kaimaktchalan et porter les blessés- » — Trajan Ristitch, 6o ans, kmet du village; Bojin Markovitch, 70 ans; Antoine Petkoff, 60 ans, et Trajan Traikoff, 17 ans.

Village de Kenali. — « Pendant tout l'été, les villageois ont été forcés de travailler au transport du ravitaillement et des munitions. Ceux qui n'avaient pas de charrettes, ont été employés aux routes. Le travail n'a pas été payé. » — Omer Osman, 40 ans; Haban Ahmed, 45 ans; Mahmoud Alil, 40 ans, et Adem Cheriff, 5o ans.

Village de Medzidli. — « Tout l'été, la population mâle a été forcée de travailler. Les Bulgares ne donnaient ni argent ni nourriture. » — Moustapha Rouchan, 40 ans; Ibrahim Osman, 45 ans; Ilia Ibrahim, 25 ans, et Abdoula Osman, 12 ans.

Village de Donje Egri. — « Pendant tout l'été, les villageois ont travaillé au transport des vivres, des munitions et des blessés. Pendant quelques jours on les a fait travailler aussi aux tranchées. Aucun travail ne fut payé, et les villageois ont dû se nourrir eux-mêmes. C'étaient des officiers allemands qui traçaient les tranchées que les paysans creusaient ensuite (mois de mars 17). » — Lazare Pavleff, 52 ans; Mitar Kotevitch, 58 ans; Nikola Milevitch, 38 ans; Nikola Ristevitch, 37 ans, kmet du village; Vassilie Dimovitch, 55 ans, et Rista Koitcheff, 65 ans.

Village de Srednje Egri . — « La population a été forcée

de travailler pendant tout l'été au transport des vivres, des munitions et des blessés. C'étaient les Bulgares et les Allemands qui commandaient Ces travaux. Les paysans ont dû se nourrir eux-mêmes. » — Athanassie Dimitrieff. 58 ans, kmet du village; Spasse.Toleff, 32 ans; Nedeljko VassilieviTCH, 40 ans; Trajan Nedel.ikovitch, 40 ans; Dimitrie Stoyangvitch, Pavi.e Petkovitch, 40 ans, et Andjel Hoff, 16 ans.

Village de Négotchani. — « Les paysans ont travaillé tout le temps sans paiement. On les a forcés de transporter les vivres et les munitions. Ils ont été tellement occupés avec les travaux pour les Bulgares qu'ils n'ont pas eu le temps de travailler leurs terres. » — Tzvetko Dimo, 55 ans, et Traitche Kitanoff, 56 ans.

Village de Yarotok. — Les habitants n'ont pas eu le temps de travailler leurs champs, car les Bulgares et les Allemands les ont fait travailler continuellement aux transports. » — Yovan Petkoff, 52 ans; Stoiko Ritkoff, 87 ans; Bojin Stoikovitch, 17 ans.

Village de Lajetz. — « Les villageois ont ,dû travailler tout le temps au transport des vivres, des munitions et des blessés. On ne les payait pas et ils ont dû fournir leur nourriture. Les enfants ont aussi travaillé. » — Nikola ToDOROviTCH, 36 ans, kmet du village, et Andria Jlievitch, 38 ans, pope du village.

Village de Velouchina. — « Les paysans ne pouvaient pas cultiver leurs champs parce que les Bulgares les ont toujours occupés au transport des vivres, à celui des munitions et des blessés de Banitza jusqu'à Velouchina. Lorsque les Bulgares ont fait des fortifications à la montagne, ils ont forcé les paysans à fabriquer des espèces de claies pour retenir la terre et à les transporter sur place. Ils n'ont pas été payés pour cela et, seulement une fois, on leur a donné de la nourriture, à Banitza.» — Pavle Georgevitch, 5o ans, kmet du village.

Village de Kanina. — ■ Les villageois ont dû travailler tout le temps au transport des vivres, des munitions et des blessés. Ils ont aussi été forcés de creuser des tranchées.

Les tranchées qu'ils faisaient étaient entre Porodine et Lajetz. Ils n'ont été ni nourris ni payés. » — Dimitri JvanoviTCH, 39 ans, kmet du village; Stevan Nikoljemtch, 62 ans, kmet du temps bulgare ; Petar Spasevitch, 36 ans : Marko Yovanovitch, 65 ans; Ko§ta Ristoff, 70 ans, et Spase Boyeff, 60 ans.

Village d'Ostretz. — « Tous les jours les villageois ont été forcés de travailler pour les Bulgares sans payement. Ils transportaient les vivres et les munitions. Les enfants ont dû également travailler, mais on leur donnait des travaux faciles ». — Halim Hassan, 60 ans, et Risvan Redjep, 72 ans.

Village de Bistritza. — « Les habitants ont dû travailler « jour et nuit >>. Les femmes étaient forcées de faire des chemises. < Vous êtes Serbes, nous allons vous faire rendre l'âme », disaient les Bulgares. » — Rista Georgevitch, 21 ans ; Zvetan Talevitch, 59 ans, kmet du village, et Dlmh RiSTEviTCH, 67 ans.

Village de Zabjani. — « Depuis que les Bulgares sont arrivés, ils ont fait travailler la population au transport des vivres et des munitions, à la construction des ponts, des routes, etc. Ils n'ont rien payé et les paysans ont été obligés de se nourrir eux-mêmes. Parfois, quand ils avaient volé au village, les soldats donnaient un tout petit peu de nourriture. » — Spasove Yovanovitch, 40 ans, kmet du village; Apostol Sekoulovitch, 45 ans, et Petkana Risteff, 5o ans.

Village de Brnik. — « Les villageois ont été forcés de travailler pour les Bulgare^, sans dédommagenient et sans nourriture, au transport des vivres et des munitions. Les femmes de Brnik n'ont pas travaillé, par contre celles de Dounje, de Kalen et de Kogosch ont travaillé aux routes. » — Stoyan Stoikovitch, 65 ans, kmet du village ; Athanase YocHEViTCH, 26 ans; Yasna Nedelkovitch, 5o ans, et Velika Nedelkovitch, 45 ans.

Village de Paralovo. — « Les habitants du village ont dû travailler beaucoup au transport des vivres, du matériel pour les ponts et les fortifications, et des blessés, etc., tou-

jours sans payement, Ils ont été forcés de sé~ nourrir euxmêmes. ' — MiTZA Ilitch, 45 ans, kmet du village, et MiTzo YocHEViTCH, 6i aus.

Village de Dupeni . — < Les paysans ont été forcés de travailler tout le temps comme comordjis (convoyeurs de transports), aux routes et aux tranchées. On a payé une seule fois Kousman Ristovitch, dont le fils a travaillé avec leurs bœufs pendant vingt jours. Ce travail fut payé 20 lèves. En dehors de ce payement les Bulgares n'ont jamais rien donné. >' — Vasilie PopovrrcH, 45 ans, kmet du village ; Krste Popovitch, 46 ans; George Ristovitch, 40 ans; Krste Todorovitch, 46 ans.

Village de Nakoletz. — « Les Bulgaro-Allemands ont fait travailler la population "au transport des vivres. Une seule fois, quand ils sont allés à Gradsko, ilsont été payés 26 lèves par voiture. Ce travail avait duré treize jours. On ne donnait pas de nourriture. » — Mitar Stephanovitch, 28 ans, kmet du village ; Jorgatch Nikoloff, 40 ans; Abedin Hamid, 40 ans ; Islam Cheriff, 5o ans, et Marko Popovitch, 17 ans. Ville de Bitolj . — « Les Bulgares ont forcé les habitants à travailler aux fortifications. II y a une semaine (la déposition est du 21 novembre 1916) on ramassait beaucoup de gens pour travailler aux fortifications. » — Chrisostomos, métropolite grec de Bitolj.

« Ces derniers temps il était impossible de sortir, car toute personne rencontrée dans la rue était forcée de tra-r vailler sur les routes. Les femmes et les enfants n'ont pas travaillé. » — Mihailo Belitch, 33 ans, commerçant, et Gortcha KoiRTEviTCH, 42 ans, hôtelier.

« Trois jours avant de s'en aller, les Bulgares raflaient tout le monde dans les rues. Ils ont contraint ces personnes à travailler aux routes et aux positions. Ainsi ils ont pris des bourgeois et des paysans, de même que des enfants de 14 a i5 ans, au nombre de plus de trois cents (en réalité 700). » — Petar Bovadjitch, 64 ans, commerçant.

Je n'ai cité qu'une petite partie des témoignages reçus par moi : tous ceux que j'ai encore dans mon dossier répètent la même chose. La concordance de tous les témoi-

gnages, qui concordent aussi avec ce que m'ont dit les prisonniers bulgares, permet d'établir avec sûreté :

1" Que les Bulgaro-Allemands ont fait travailler aux travaux militaires la population civile de presque tous les villages de la contrée aujourd'hui délivrée des envahisseurs, ce qui est formellement défendu par la Convention de la Haye ;

2" Que non seulement les hommes furent astreints à ces travaux, mais, dans beaucoup d'endroits, également les femmes et les enfants ; ' -

3" Que les civils, hommes et femmes, ont été forcés quelquefois de travailler dans la zone battue par le feu des adversaires et que des civils ont péri de cette façon ;

4" Que ces travaux n'ont pas été payés ; seulement deux fois, à Dupeni et à Nakoletz, on a donné une petite gratification qui ne peut être considérée comme un 'payement ;

3" Que les villageois ont dû se nourrir eux-mêmes : parfois même, à Grounichte et Boudimirtzi, ils ont été forcés de partager leurs propres vivres avec les soldats qui surveillaient le travail ;

6'- Que Bulgares et Allemands agissaient de la même manière illégale.

J'attire tout spécialement l'attention sur ce qui s'est passé à Bitolj. Les ennemis, inquiets des progrès faits par l'armée serbe sur les montagnes du Tchuké, sentirent le besoin de renforcer leurs ouvrages de défense de Bitolj. Pour avoir la main-d'œuvre nécessaire ils font des rafles dans les rues de la ville et tous ceux qu'ils peuvent attraper, ils les amènent aux positions pour creuser des tranchées, renforcer celles qui existaient déjà, faire de nouvelles routes, etc. La position sociale, l'état de santé, etc., de l'individu raflé leur importait peu. Il leur fallait des bras et ils ont cherché à s'en procurer, contre tout droit et contre toute humanité, parmi les civils de la ville qu'ils avaient déjà ruinés par les excès de leur occupation. Tous les témoins monastiriotes entendus à ce sujet, sont parfaitement d'accord.

Pour tenter d'excuser le travail forcé de la population

miacédonienne, les adversaires des Serbes et de leurs alliés allégueront le fait que ceux-ci aussi ont fait travailler la population civile macédonienne aux routes et au ravitaillement. Le fait est absolument exact, cependant il y a des différences fondamentales entre le travail civil exécuté pour l'armée d'Orient alliée et celui qu'ont imposé les Centraux et leurs vassaux.

Les contrées où opère l'armée d'Orient alliée appartiennent légalement à l'Etat serbe et à l'État grec, tous deux en guerre avec les Centraux et leurs troupes faisant partie de l'armée d'Orient. La population des contrées où se déroulent actuellement les opérations est donc serbe et grecque. Or, tout Etat a le droit de faire travailler toute sa population à la défense nationale et cela d'autant mieux qu'on paie le travail fourni, comme on l'a fait pour la population macédonienne qui est occupée par les Alliés.

Les Bulgaro-Allemands, par contre, ne sont que des occupants provisoires. La population des territoires occupés garde la nationalité qu'elle avait avant la guerre, jusqu'au moment où un traité de paix en règle fixe son sort. Donc, les habitants de la Macédoine envahie restent des Serbes, du moins jusqu'à la conclusion de la paix. Les conventions et lois de la guerre défendent, avec raison, d'occuper cette population aux travaux militaires qui sont dirigés contre son propre pays. Et cependant Bulgares et Allemands commettent cet attentat contre une loi qui n'est pas seulement une convention internationale de guerre, mais qui est surtout une stipulation de l'humanité !

De plus, les Alliés occupent leurs propres sujets, qu'ils paient et nourrissent, aux travaux de l'arrière où ils sont parfaitement en sûreté, pendant que les officiers de Guillaume de Hohenzollern et de Ferdinand de Cobourg envoient les civils du pays adverse, qu'ils ont envahi, tra- \ ailler en pleine zone de feu. Enfin ils ne dédommagent nullement ces civils pour le travail fourni et les dangers courus et ne leur donnent pas même la nourriture î

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