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I. — Les complications pulmonaires post-opératoires

L’atélectasie.

Le résultat le plus considérable que la chirurgie ait reçu de la méthode des inhalations carboniques, c’est son efficacité prophylactique contre les complications pulmonaires post-anesthésiques et post-opératoires.

Nul ne contestera leur fréquente et leur gravité (mortalité 4 p. 1000 en moyenne), et si vraiment cette médication peut diminuer un sujet de préoccupations si pénible pour le chirurgien, il est de toute nécessité que son emploi se généralise au plus vite.

Quand on étudie les symptômes et l’origine de ces

complications, on est frappé de l'imprécision extrême des descriptions cliniques; on souligne le désaccord entre de multiples théories pathogéniques dont beaucoup contiennent sans doute une part de vérité mais dont aucune ne semble capable de résoudre le problème.

Les auteurs américains, Coryllos en particulier, nous ont apporté une notion pathogénique nouvelle qui présente à elle seule un intérêt considérable et jette une clarté singulière sur Pétiologie et la symptomatologie des complications pulmonaires:

La lésion pulmonaire initiale, celle qui est le premier stade de toutes les complications pulmonaires, celle qui souvent demeure typique, c’est l'atélectasie.

1° L’atélectasie post-opératoire (collapsus pulmonaire aigu post-opératoire).

Depuis le premier cas signalé par W. Pasteur en 1908, l'étude de l’atélectasie pulmonaire ou collapsus pulmonaire aigu a fait en Amérique des progrès considérables.

Il serait fastidieux d’énumérer tous les auteurs qui ont attaché leur nom à cette étude; citons parmi les principaux:

Soltam, Churchill en 1925; Chevalier Jackson et Estell Lee, Hearn, Mastics en 1927; Scott et Cutler, Spitüler en 1928; Henderson, Haggard et Rodloff en 1929, enfin Coryllos, Brown, Dyke Mathes, Van Allen, Brunn.

En Allemagne, Doppier, Dzialozsynski, en Argen-

pa

tine, Diez, en Suède, Jacobaeus ont rapporté de nombreux cas d’atélectasie.

En France, la bibliographie est très restreinte.

J. Quénu et Oberlin en 1927, Fontaine et Lenormant en 1928 exposent les faits nouveaux apportés par les Américains. Quelques cas sont rapportés par Cotte et Savy ; Tixier, Mocquot, Rouillard, Secretan, Simon, Gardère et Savoye publient des observations isolées.

Sa rareté tient à ce qu’on la cherche peu, et à ce que rarement on pratique la radioscopie dans les complications pulmonaires des premiers jours.

« Je suis persuadé, dit Simon, que les cas seront plus nombreux au fur et à mesure que cette complication sera mieux connue, car d’après les auteurs anglo-américains, si cette affection n’est pas fréquente, elle est loin d’être exceptionnelle et mérite de retenir l'attention des chirurgiens. »

a) FRÉQUENCE:

Elle est beaucoup plus fréquente qu’on ne le croit en France, où Lenormant et Iselin pensent qu’elle ne rentre que dans 8 % des cas de complications pulmonaires post-opératoires.

- Scott estime sa fréquence à 0,6 % des cas, Scrimger à 1,3 %, Pasteur à 0,8 %, soit un cas d’atélectasie sur 100 ou 200 opérations.

Pour Coryllos, l’atélectasie, dans ses différentes formes lobaire, lobulaire ou massive, groupe 60 à 70 % des cas de complications pulmonaires post-opératoires, parce que les formes larvées de l’atélectasie passent souvent inaperçues ou sont étiquetées en l’ab-

sence d’un tableau clinique net: congestions, hypostases pulmonaires, bronchites post-opératoires.

Elle survient après n'importe quelle anesthésie. Ni l'éther, ni l’anesthésie générale n’y prédisposent. « Le terme de pneumonie à l’éther est un reste des temps où les méthodes anesthésiques étaient encore hésitantes; les complications pulmonaires surviennent aussi bien après une anesthésie générale quelconque, une anesthésie locale ou rachidienne » (Henderson). Diez confirme ce point de vue en publiant sur 33 cas d’até-

lectasies 9 cas survenus après anesthésie générale (5 éthers, 4 Schleich} et 24 survenus après rachianesthésie. « Il semble donc que cette dernière anesthésie y prédispose tout particulièrement » (Brown).

b) LÉSIONS ANATOMIQUES :

Elles sont caractérisées par l’affaissement des alvéoles pulmonaires qui contiennent très peu de sérosité; les bronches et les vaisseaux sont sains; il n’existe aucune lésion inflammatoire du poumon ni de l’épithélium bronchique.

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