‹ Les inhalations carboniques dans la pratique chirurgicaleChapitre 45 sur 65 · LES APPAREILS - LES MÉTHODES · texte numérisé non relu

LES APPAREILS - LES MÉTHODES

En France et à l'étranger surtout, un grand nombre d'appareils ont été prônés pour l'utilisation de la meéthode. Nous ne saurions émetire la prétention de les passer tous en revue.

Les Américains qui en ont conçu les premiers types ont imaginé d’ingénieux dispositifs, les uns réalisés en vue de l’anesthésie, les autres permetiant les applications très étendues de la thérapeutique carbonique.

Sans doute ces appareils, construits pour des dosages extrêmement précis, offrent un réel intérêt pour les recherches scientifiques, mais leur complexité les met à la portée des seuls spécialistes.

En France au contraire, les praticiens ont rivalisé d’ingéniosité pour réaliser des appareils simples, pratiques, peu coûteux, propres à répondre aux exigences de la pratique journalière ; leur souci dominant a été de créer des dispositifs dont le maniement ne puisse rebuter les nouveaux adeptes d’une méthode destinée à rendre à la chirurgie les plus grands ser-

vices.

Nous étudierons ces appareils en les classant suivant la méthode qui a inspiré plus particulièrement leur conception.

Nous n’insistons pas sur la méthode que préconise Coryllos. Il place ses malades après l'opération dans une chambre spéciale à atmosphère chargée de CO? dans la proportion de 4 %. C’est une méthode coûteuse, qui nécessite des locaux spéciaux.

Nous ne voulons parler que des trois grandes méthodes qui se disputent la faveur des chirurgiens :

1° Empzor : DE CO? puR.

2° pE CO? MÉLANGÉ AUX ANESTHÉSIQUES.

3° DE CO? MÉLANGÉ A L'OXYGÈNE, SOIT EXTEMPORANÉ- MENT, SOIT MÉLANGE PRÉPARÉ A L'AVANCE (CARBOGÈNE).

Dans ces deux dernières méthodes, le CO? est donné, suivant les préférences :

—- D'une façon continue ou discontinue.

— Systématiquement, pendant l'anesthésie, ou seule-

ment à la fin de l'anesthésie et dans la période postopératoire.

Emploi de CO pur.

C’est la méthode allemande de Doppler, Dzialoszynski, Fischer. Ces auteurs emploient un procédé rudimentaire. Leur appareil consiste dans un ballon de caoutchouc de 25 à 30 litres, analogue au classique ballon d'oxygène. Ce ballon est relié à une canule en

verre où à une sonde en caoutchouc que l’on introduit dans la narine ou dans la bouche du malade.

En France, Fruchaud et Thalheimer se font les défenseurs de la méthode qu’ils ont vu mettre en œuvre par Doppler dans le service de son maître Lorenz, à Vienne.

— Avantages :

Cette méthode offre l’avantage d’un matériel réduit, léger, peu coûteux, facile à manier. Il peut servir aussi bien pendant qu'après la narcose ; il est alors facile de faire passer sous le masque le tuyau de caoutchouc sortant du ballon.

— Inconvénients :

Il n'est pas inutile de rappeler les inconvéneints de cette méthode :

— Doses et concentration impossibles à régler, variant avec la tension du ballon de caoutchouc, le calibre du tuyau, la canule, la respiration du malade. On sait le danger que présente le CO? à doses trop fortes.

— Le gaz carbonique pur est difficilement supporté par les malades en dehors de l’anesthésie.

— Le tube peut être comprimé par le masque sans qu’on s’en aperçoive.

— La canule nasale est désagréable au malade réveillé.

— Il faut un obus de CO? sous pression pour remplir le ballon ; la méthode perd ainsi son principal avantage : la simplicité.

En juin 1932, Gosset présente à la Société Natio-

ROBIN

nale de Chirurgie l'appareil de Thalheimer, ingénieuse modification apportée à l'appareil d’Ombrédanne, permettant de donner CO? mélangé à léther pendant l’anesthésie.

Entre la sphère métallique et la vessie de lappareil d'Ombrédanne est ajouté un raccord qui ne modifie en rien la communication existant primitivement entre les deux parties de l'appareil ; sur ce raccord est soudée une tubulure fermée par un robinet sur laqu’elle s’adapte un tube de caoutchouc de calibre ordinaire. Ce tube communique avec un ballon réservoir en caoutchouc, contenant le CO? sous une pression un peu supérieure à la pression atmosphérique. En effet, la contenance normale du ballon est de 2 litres de gaz, sous une pression égale à la pression atmosphérique, et le contenu des cartouches de CO? du commerce est de 4 litres. Pour remplir le ballon, un appareil très simple permet d'ouvrir rapidement une ampoule sparklet, celle qui sert à fabriquer sur la table un siphon d’eau de Seltz.

Avant de remplir le ballon, on s’est assuré naturellement de la fermeture du robinet excluant l’appareil d’Orñbrédanne de l'appareil producteur de CO2 ; le ballon rempli, on ouvre plus ou moins le robinet suivant les besoins et l’on envoie au malade d’une façon discontinue une certaine quantité de COZ.

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