INCONVÉNIENTS
Outre les inconvénients généraux de la méthode utilisant le CO? pur :
1° Le CO? n'arrive aux poumons du malade qu’après avoir traversé le réservoir rempli d’éther de Pappareil d’'Ombrédanne.
F1G. 1 : Schéma du dispositif de Thalheimer,
2° Le raccord métallique placé sur les côtés de l’appareil le déséquilibre et en outre augmente le poids déjà très lourd de cet appareil.
3° Le robinet de débit de CO? n’est pas facilement accessible à l’anesthésiste qui risque par mégarde de le laisser ouvert, et de permettre ainsi l’arrivée dans le masque de doses massives de gaz carbonique.
H. Fruchaud utilise également le CO? pur mélangé à l’anesthésique, mais le dispositif qu'il emploie permet aussi l’inhalation de CO? sans éther.
Le CO? est envoyé directement dans le masque, grâce à un embout métallique qui lui est soudé. A cet embout s'adapte un tuyau de caoutchouc qui amène le gaz contenu dans un ballon de même substance. Un robinet d’ébonite interposé sur le tuyau permet de régler la pénétration de CO? dans le masque. Un des inconvénients de cet appareil est qu’il faut remplir le ballon avant chaque opération. L'auteur utilise comme source de CO? les grands tubes destinés à la fabrication des boissons gazeuses.
B. Desplas présente, en avril 1933, à la Société Nationale de Chirurgie, un dispositif-qui, à notre avis, représente un très grand progrès. Egalement adapté sur le masque de lPappareil d'Ombrédanne, il se compose d’une tubulure soudée à la partie supérieure de la face postérieure droite de ce masque ; cette tubulure porte un robinet à bascule terminé par un écrou qui permet de fixer la canule de l’appareil à CO?2. Un robinet siphon adjoint à la canule se ferme automatiquement, dès que la pression exercée sur lui cesse. Ainsi le robinet ne peut rester ouvert par mégarde, laissant arriver dans le masque des doses trop importantes de CO?. Grâce à une double fermeture, l’appareil générateur de CO? est compiètement isolé de Pappareil d’'Ombrédanne. Enfin, le poids et l’équilibre de l'appareil d'Ombrédanne ne sont que très faiblement modifiés.
Dans les rares cas où Desplas utilise le carbogène,
- il adapte à son appareil une cartouche de 12 litres de gaz au lieu de 4. Le ballon réservoir en caoutchouc est en conséquence plus volumineux. L'ensemble peut aussi facilement s’adapter à l'appareil d'Ombrédanne
que l'appareil générateur de COZ.
nt S :
Fra. 2 : Schéma du dispositif de B. Desplas.
Les partisans de la méthode insistent sur trois précautions utiles (Fruchaud) :
1° Il importe de se servir d’un CO? extrêmement pur. Sans doute, les sparklets du commerce contiennent le plus souvent un produit d’une parfaite pureté; mais les tubes de CO2, employés pour la fabrication des boissons gazeuses, peuvent renfermer des quantités infimes mais réelles d’oxyde de carbone qui pour-
Sac
raient entraîner un certain degré d'intoxication. Il suffit donc dans le doute, de prélever un échantillon d’acide carbonique qui sera confié à un laboratoire.
20 Il faut que Le volume du ballon de caoutchouc soit assez important, car le ballon très tendu aurait tendance à se vider rapidement par suite de son élasticité quand on ouvre le robinet, et le sujet recevrait d’un seul coup une quantité massive de COZ.
3° Les ballons et les tuyaux entrant dans la confection de ces appareils doivent être en caoutchouc rouge ou noir ; ie caoutchouc gris, mal vulcanisé, contient des poussières de soufre qui peuvent pénétrer dans les voies respiratoires et asphyxier le malade.
Appareil réalisant le mélange de CO?
aux anesthésiques.
Ces appareils ne constituent en somme qu’un perfectionnement de ceux utilisant la méthode du « rebreathing ». Nous avons donné la description des dispositifs de :
— Thalheiïimer, — Fruchaud, qui réalisent le mélange de CO2 à l’éther.
Desmarets adapte à son appareil de protoxyde d'azote un petit obus de CO.
Lundy, en Amérique, utilise un matériel complexe. Trois tubulures communiquent avec le masque, provenant d’obus de protoxyde d’azote, de CO2 et d’oxygène. Trois robinets permettent de doser ce mélange; d’autres dispositifs permettent l’arrivée de chlorure
d'éthyle et d’éther. C’est en tout 5 produits qu’il est possible d’administrer au malade.
Il emploie l’appareillage de Heïidbrink ou celui de Gwathmey ; sa technique est la suivante : pendant les 5 ou 6 premières respirations, mélange protoxyde d’azote-oxygène, puis pendant 2 minutes on ajoute CO?. On ferme graduellement le protoxyde d’azote et on le remplace par du chlorure d’éthyle. On arrive à la dose d’entretien ainsi constituée :
Chlorure/d'éthyie = 75 % OVER ER ed = 20 % COPA ER SR PL, = Hi
Si l’on veut un relâchement complet, on ajoute de l’éther pendant quelques inspirations. En dehors des laparotomies on n’emploie jamais d’éther.
Lundy rapporte 1.350 anesthésies ainsi conduites, sans un insuccès. Mais il est évident que le maniement délicat d'appareils aussi complexes nécessite un personnel d’anesthésistes spécialisés dont lorganisation n’a pu encore être obtenue en France.
Appareil permettant l’utilisation du mélange CO2-92.
L'utilisation du mélange CO? — OZ est le procédé le plus courant à l'étranger, notamment en Amérique, et nous nous proposons d’insister sur les avantages qui
consacrent sa supériorité.
Il existe deux catégories d'appareils :