APPAREILS PERMETTANT LE MÉLANGE DE CO2 — OZ
Le mélange provenant de deux sources distinctes se fait dans le masque.
— En Angleterre, Henry Briggs (de la Commission d'Etudes des Appareils Respiratoires instituée en 1917), utilise un sparklet de CO? qu’il adapte à un obus d'oxygène. Les deux récipients séparés sont reliés à un ballon de caoutchouc où se fait le mélange appelé « Dicarbox ». (Appareil type « Novox »). — En Allemagne, les fabricants ont inventé depuis longtemps des appareils très ingénieux. Utilisés pendant la guerre dans les accidents respiratoires dus aux gaz, leur emploi s’est généralisé, depuis les travaux d'Henderson, dans iles salles d'opérations, les usines, les postes de Police pour remédier aux asphyxies de toute nature. Le plus employé est l’appareil Draeger, composé de deux réserves de CO? et d’O? logées dans un coffre transportable.
Si ces appareils offrent, comme avantage tout thécrique, la possibilité d’une concentration précise du mélange CO? — O2, leur poids, leur entretien difficile constituent des inconvénients certains ; en oufre la séparation des deux gaz dans des obus séparés expose à de fréquentes erreurs dans le réglage du mélange. 2° APPAREILS PERMETTANT L'ADMINISTRATION DE CAR-
BOGÈNE
Cette méthode, plus simple, tend à remplacer partout la précédente.
On utilise sous le nom de « carbogène » un mélange préparé à l’avance. On reprochait à la méthode l’ins-
tabilité du mélange dans l’obus : les densités d’acide carbonique et d'oxygène étant différentes, leur proportion dans les gaz qui s’échappent de l’obus devaient varier avec son contenu. Mais la stabilité du mélange est reconnue suffisante. En France, la Société Oxhydrique fournit un carbogène à 4 % d’acide carbonique ; des analyses, effectuées dans des conditions très différentes sur les conseils de Cot, ont montré que les proportions du mélange ne varient que d’une façon insignifiante, se tenant toujours entre les doses de 3 à 5 % préconisées par Drinker et Henderson.
En Amérique, Henderson et Haggard utilisent depuis 8 ans un mélange préparé à l’avance avec 5 % de CO? et ont fait réaliser par la « Mine Safety Appliances Company » l'appareil de Henderson et Haggard ou H. H. Inhalator.
Ces inhalateurs sont répandus dans les salles d’opérations, les maternités, les postes de secours, les usines, les mines.
En France, c’est à Cot que revient l'honneur d’avoir fait connaître le premier la méthode d’'Henderson.
Cet auteur a fait réaliser à la Société Oxhydrique Française des obus contenant le mélange carbogène à 7 % de CO, en usage depuis 1931 dans le Corps des Sapeurs-Pompiers de Paris pour le traitement d'urgence de toutes les asphyxies accidentelles.
L’Infirmerie centrale du régiment de Sapeurs-Pompiers est dotée d’un poste de chargement des obus de carbogène, contenant un réservoir de 7.000 litres sous une pression de 150 kilogs. Un mécanicien fait passer
le mélange à l’aide d’une pompe à gaz dans des obus plus facilement transportables de 300 litres sous pression de 150 kilogs. Cot a conçu un appareil de carbogénothérapie et äe carbothérapie que nous avons personnellement utilisé dans nos observations et qui sert
de modèle à tous les autres dispositifs.
Un certain nombre de chirurgiens français utilisent le carbogène.
R. Monod, qui s’est spécialisé par de nombreux travaux dans toutes les questions intéressant les progrès de l’anesthésie, utilise un dispositif conçu en vue des besoins chirurgicaux.
I s’est d’abord servi en 1951 de l’acide carbonique
pur, utilisant — Dans ses anesthésies au protoxyde d’azote le dispositif de Desmarets.
—- Dans les autres anesthésies (rachianesthésie, avertine) de petits obus de CO? reliés à un masque, appareils préconisés par Dautrebande. (Rapport au Congrès International de Chirurgie de Madrid.)
Plus tard, après avoir constaté les inconvénients de CO? pur, cet auteur a adopté le carbogène.
Il a utilisé, au début, le mélange contenu dans de petits obus de faible capacité alimentant des poches de caoutchouc de 1.500 ce. ; ces poches, raccordées à un masque, pouvaient être après remplissage transportées comme un sparklet.
Il s’est servi également des petits appareils portatifs du type « Ressuscitator-Sparklet » précieux pour
les cas d’asphyxie hors de l'hôpital (asphyxie des nouveau-nés, asthme, angor, intoxications par morphine, barbituriques, empoisonnements par oxyde de carbone, comas alcooliques, asphyxies par submersion) : « ces appareils permettent également la méthode de Cot (injections sous-cutanées de carbogène) que l’on peut utiliser avec la respiration artificielle et les inhalations de carbogène dans les syncopes respiratoires anesthésiques. »
Actuellement, R. Monod a systématiquement recours au carbogène pendant et après les opérations.
Il utilise :
— un dispositif stable qui ne quitte pas les salles d'opérations ;
— un dispositif mobile pour l’administration du carbogène au lit du malade.
A la salle d'opérations se trouve en permanence un obus réservoir de 2.000 litres à la pression de 150 kilogs.
Pour administrer le carbogène au cours de l’anesthésie, Monod conseille de brancher la tubulure du ballon de carbogène directement sur l’appareil d'Ombrédanne, ce qui évite de changer de masque.
Il a] oute au sabot de caoutchouc du masque un tube caoutchouté auquel peut s'adapter le tube du ballon de carbogène. Il suffit de changer le sabot caoutchouté de l’appareil ordinaire pour pouvoir utiliser l’inhalation de carbogène. Le même dispositif peut s’adapter
à l'appareil de Ricard.
Gaudier, de Lille, utilise un appareil portatif ainsi
constitué : | __ Un obus contient 300 litres de carbogène de 4 % de CO? à la pression de 150 kilogs. Ce contenu permet de pratiquer une centaine d’inhalations de 10 minutes. —— Au sommet de l’obus, un détendeur en pas de vis fait arriver le gaz dans une tubulure métallique sur laquelle est branché un manomètre gradué de 1 à 200 atmosphères qui permet de contrôler le débit de l’appareil ; à l’autre extrémité de la tubulure, un robinet à pas de vis sensible règle le débit des gaz envoyés au malade. Il ne faut régler ce robinet qu'après l’ouverture du détendeur dans le but d'éviter un courant trop violent et une perte inutile de gaz.
L’obus de carbogène est maintenu verticalement sur
un support métallique qui comprend un plateau inférieur, deux colliers et trois pieds à roulettes caoutchoutées permettant le transport facile dans la salle d'opérations et au lit du malade.
— Un masque type Ricard, en caoutchouc avec monture métallique, s'applique hermétiquement sur le visage du patient ; son tuyau d’arrivée est muni d’une soupape métallique.
On peut donc considérer cet appareil comme peu encombrant et facile à manier.
IT nous semble toutefois présenter deux inconvénients :
— I ne donne la possibilité d’administrer que du carbogène; nous estimons que l’acide carbonique
trouve parfois son emploi, notamment dans les syncopes anesthésiques.
— Si l’on veut administrer le carbogène au cours de anesthésie, on est obligé de changer de masque ; les modifications que Desplas et Monod apportent à l’appareil d'Ombrédanne suppriment facilement cet inconvénient.