III. — Injection d'Insuline par voie intra-artérrelle
Comme nous l’avons dit précédemment, les expériences concernant cette voie ont été faites en plaçant ia canule d'injection dans une collatérale musculaire de l’artère fémorale; nous avons opéré sur 12 chiens qui ont fourni les résultats transcrits au tableau su1vant :
Injection continue d'insuline par voie intra-artérielle
Glycémie en gr. p. 1000
Dose injectée NU Planouraiacnnl à en unités Avant 7 par kg.-heure l'injection 30 min. 60 min. 90 min. 120 min. CDDP (Or 0,70 0,70 0,66 0,84 DORE 6e 0,89 0,86 0,74 0,91 0,86 DOORE EE 0,85 0,70 0,82 0,94 0,92 DOUS RE 0,85 Ur 0,78 0,71 (17 OUDD EE 0,99 0,92 0,90 0,84 0,87 DAUTRSE RE" 0,92 ON 0,83 03 0,81 (CACHE EE 1,05 0,95 0,85 0,85 0,90 OPOLERAEEE 0,89 0,87 0,89 0,81 0,76 (DHL EMA T EE 0,91 ON 0,79 0,76 0,84 (CADRE CRE 1,02 0,92 0,86 0,87 DAOIE sp 0,88 0,85 0,85 0.80 0,81 Do 2 0,81 0,68 0,66
hi
De ce tableau, il ressort que les doses de 0,005 et 0,01 unité d'insuline par kg./h. ont donné des abaissements du taux de la glycémie d’une façon très régulière et dans tous les cas; sur 9 animaux injectés, on note 9 abaissements; par contre, la dose de 0,002 est insuffisante pour produire cet effet, et sur trois animaux injectés, aucun n’a présenté d’abaissement.
Nous pouvons donc conclure que la dose limite hypoglycémiante d'insuline injectée par la voie intra-artérielle peut être fixée entre cing millièmes et un centhème d'unité par kilogramme et par heure.
Ce chiffre semble identique à celui que nous avons trouvé au paragraphe précédent pour l’injection continue d'insuline par voie intra-veineuse mésentérique.
Conczusrons. — L'activité de l'insuline est donc variable suivant la voie par laquelle elle est injectée ; nettement supérieure par voie intra-artérielle et intraveineuse mésentérique, voies pour lesquelles la dose limite, sensiblement analogue, est d'environ 0,005 à 0,01 unité d'insuline par kge./h., elles est moins forte par voie intra-veineuse périphérique où cette dose est d'environ 0,02 à 0,05 unité d'insuline par Kkg./h.
La dose limite hypoglycémiante d'insuline semble donc être cinq fois plus forte par la voie intra-veineuse périphérique que par les voies intra-veineuse mésentérique et intra-artérielle.
On peut se demander quelle peut être la raison de cette différence d’activité : l'explication suivante peut être suggérée :
L'injection, telle que nous l’avons pratiquée dans les voies mésentérique et artérielle, correspondait à une perfusion du foie et d’un muscle, points de l'orga-
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nisme où l’on peut admettre que l’activité de l'insuline est maxima. Ainsi done, l'insuline injectée par cette voie est en totalité dirigée vers les organes qui l'utilisent; par contre, l'insuline injectée par la voie intra-veineuse périphérique peut être dissipée en partie par une déviation soit vers les organes qui ne l’utilisent pas, soit vers ceux qui la détruisent ou l'éliminent.
Si notre hypothèse est exacte, en injectant de l’insuline dans l'artère fémorale, celle-ci arrivera presque intégralement aux muscles irrigués par ce vaisseau; nous devrons done avoir un abaissement du taux de la glycémie plus fort dans le sang provenant du territoire où a été faite l'injection que dans le sang de la circulation générale. C’est pour essayer de vérifier ce phénomène que nous avons institué les expériences su1vantes
Nous avons pris une série de 7 chiens auxquels nous avons injecté dans l’artère fémorale, suivant la technique décrite plus haut, la dose de 0,01 unité d’insuline par kg./h.; nous avons choisi cette dose, dose limite, pour qu’elle provoque à coup sûr une chute du taux de la glycémie. Les prises de sang ont été faites à intervalles réguliers soit de une demi-heure, soit de une heure, à la fois dans une veine périphérique éloignée du territoire injecté (veine superficielle des pattes antérieures) et dans la veine située au contact de l’artère injectée (veine fémorale): cette veine draine
7 effet le sang qui a traversé les muscles irrigués par ) \ artère.
Dans les deux premières expériences, les prises de sang étaient effectuées toutes les 1/2 heures: maïs ces ponctions trop répétées de la veine produisaient des hémorragies obligeant au pincement latéral du vais-
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seau, ce qui engendre de la stase, facteur d’augmentation du sucre sanguin ; et c'est pour ne pas rer nos résultats que nous n'avons prélevé du sang que toutes les heures, dans les cinq expériences suivantes.
Les résultats que nous avons obtenus figurent au tableau suivant :
ARTE en gr. p. 1000
N° au cours de L injection, au bout de À des AVANT Re chiens l'injection 1j ueure 1 heure 1 h.1/2 2 heures 1 Veine patte ant. 1,02 0,92 0,86 0,87 Veine fémorale.. 0,93 0,52 0,70 0,72 2 Veine patte ant. 0,88 0,85 0,85 0,80 0,81 Veine fémorale.. 0,99 0,81 0,67 0,75 0,85 3 Veine patte ant. 0,69 0,70 0,61 Veine fémorale.. 0,56 0,52 4 Veine patte ant. 0,81 0,68 0,66 Veine fémorale.. OP 0,66 5 Veine patte antre. 1,02 0,93 0,91 Veine fémorale.. 0,86 0,87 6 Veine patte antre. 0,83 0,70 0,75 Veine fémorale.. 0,68 0,60 20 Veïne patte ant , 0,83 0,76 0,68 Veine fémorale.. 0,67 0,72
On voit en considérant ce tableau que l’abaissement du taux de la glycémie existe aussi bien dans la circulation générale (veine de la patte antérieure) que dans le territoire irrigué par l'artère fémorale injectée (veine fémorale) ; mais dans l’ensemble, la chute glycémique est plus grande dans le sang que draine la veine fémorale correspondante.
Ce fait a d'autant plus de valeur que nous avons
trouvé dans nos expériences de contrôle un taux de glycémie dans la veine fémorale légèrement supérieur
à celui que présente la veine superficielle des pattes antérieures.
Sur 7 chiens, seul le chien n° 4 a présenté une réaction différente.
La cause du relèvement de la glycémie constatée à la 2° heure d'injection dans les deux premières expériences a été expliquée précédemment (stase). Sauf pour le chien n° 7, ce fait ne s’est pas reproduit, et nous constatons dans les autres expériences que la différence entre les taux de la glycémie des deux sangs étudiés (circulation générale et territoire injecté) reste nette pendant toute la durée de l’épreuve et que le taux de glycémie le plus faible est celui qui correspond au territoire injecté.
Ces faits semblent donc vérifier l'hypothèse émise précédemment.
D'autres auteurs, FRANCK, NOTHMANN et WAGNER ont obtenu des résultats analogues en injectant en une seule fois de l'insuline dans l’artère fémorale du lapin: ils constatèrent que l’abaissement du taux de la glycémie était plus important dans la veine correspondante au muscle injecté que dans la cireulation générale.
Remarquons que les voies par lesquelles l'insuline produit le maximum d'effet sont celles qui mènent directement aux organes d'utilisation de cette hormvune; la veine mésentérique débouche d’ailleurs dans la veine porte où se déverse normalement l'insuline sécrétée par le pancréas.
Des injections intra-veineuses continues d'insuline ont été pratiquées par d’autres auteurs : HoLM, d’une part, et B. A. Houssay, T. J. Lewis et V. G. Foccra d'autre part; mais ces auteurs ont expérimenté exelu-