ON
On peut calculer approximativement le poids qui correspond à cette quantité d'insuline, sachant que la plus purifiée actuellement titre 50 unités par milligramme de substance sèche.
0,3 d'usuline pèse donc : 0 = 0,006 milligr., soit 6 7*,
L'homme normal à jeun sécrète donc environ 6 7 d'insuline par heure.
Ce chiffre est encore probablement au-dessus du chiffre réel car l'insuline à 50 unités au mgr. que nous avons prise pour baser nos calculs n’est pas absolument pure; elle contient en effet une certaine proportion de substances étrangères.
On admet généralement que l’injection d’une hormone quelconque provoque l’arrêt de la sécrétion de la glande qui normalement sécrète cette hormone ; cette hypothèse est basée sur Les observations qu’un animal ayant reçu un traitement opothérapique, présente une atrophie de ia glande correspondante; ces faits ont été observés par plusieurs auteurs et notamment PEISER trouva une diminution de volume du corps thyroïde chez des animaux hyperthyroïdisés; LERICHE et JUNG observèrent une sclérose et une réduction de volume des parathyroïdes, avec signes histologiques de dégénérescence, après traitement par l’hormone parathyroïdienne; E. B. Der CasricLo et R. SammaRr- TINO, injectant à des rats des doses totales de folliculine comprises entre 120.000 et 150.000 U. I. pendant 40 semaines à raison de 2 injections par semaine, notèrent de même une atrophie complète des ovaires
* Un y = un millième de milligramme.
(absence de corps jaunes et de follicules primordiaux) ainsi que des testicules (atrophie de l’épithélium séminifère, absence de spermatogénèse, disparition subtotale de la glande interstitielle).
On peut donc admettre, par analogie, que la sécrétion pancréatique se met aussi au repos pendant l’injection d'insuline. Cette hypothèse est corroborée par le fait que nous avons constaté que la dose limite hypoglycémiante d'insuline pour un chien ayant conservé son pancréas est égale à la quantité d'insuline qu’il faut injecter à un animal dépancréaté pour maintenir sa glycémie à un taux normal; si le pancréas continuait à sécréter pendant l'injection d'insuline, la dose limite que nous aurions trouvée aurait été inférieure à celle qui correspond à la sécrétion pancréatique normale.
Les données que nous avons obtenues précédemment concernaient l’homme normal ; nous avons eu l’occasion d’injecter de l'insuline à deux sujets atteints de maladie d'Addison, chez lesquels, comme on le sait, le trouble de la régulation glycémique est dû non pas à une sécrétion anormale d'insuline, mais à un trouble de sécrétion de l’hormone antagoniste, l’adrénaline; nous avons done pensé à rechercher chez ces malades l’action de la dose limite hypoglycémiante de l’insuline.
Nous avons injecté à chacun d’eux la dose de 0,009 unité d’nsuline par kg./h. et les résultats que nous avons obtenus sont les suivants :
Glycémie en gr. p. 1000 .
er Er
Dose injectée au cours de l'injection, ou bout de en unité Avant A Noms par kg.-h. l'injection 1/2 heure 1 heure 2 heures SéNw:.. 0 0,009 0,82 0,59 0,50
DÉC ee ae 0,009 0,85 0,67 0,63 0,56
RE ae
On constate que chez ces deux malades, l’abaissement du taux de la glycémie est beaucoup plus marqué que chez le sujet sain; il est en effet de 39 % chez le premier et de 34 % chez le second, alors que chez l’homme normal nous avons vu qu’il était de 9 %.
Nous voyons donc que la dose limite hypoglycémiante d'insuline est plus faible chez ces malades puisque la dose de 0,01 unité provoque une hypoolycémie prononcée, environ quatre fois plus forte que dans le cas normal.
Cette constatation s'accorde d’ailleurs bien avec les faits qui ont été signalés par différents auteurs, en particulier MARANON, en ce qui concerne la sensibilité exagérée des addisoniens à l'insuline; cette sensibilité a pu d’ailleurs servir à un test pour le diagnostic de cette maladie.