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LES VOIES D’INTRODUCTION DE L'ALCOOL DANS L'ORGANISME

L'alcool peut être introduit dans l'organisme par des voies multiples : nous allons, en les passant en revue, essayer de préciser leurs indications respectives.

LA VOIE INTRAVEINEUSE. — La voie intraveineuse fut la première employée. Elle a l’avantage de permettre une diffusion rapide de l’alcool dans lorganisme sans modification très appréciable de la constitution chimique de ce liquide. Elle a pour inconvénients la douleur consécutive à l'injection et la sclérose veineuse qui fait suite aux injections répétées, elle n’en reste pas moins la plus employée,

LA VOIE INTRAMUSCULAIRE. — La voie intramuseculaire a été employée surtout par Aÿzerad et G. Dreyfus qui montrèrent son innocuité. C’est une voie accessoire permettant l'emploi de doses d'alcool relativement fortes et dont l'usage permet d'éviter les phénomènes de sclérose veineuse. Certains, et en particulier M. Bonnamour, lui ont reproché d’être très douloureuse ; elle l'est peu en réalité si on prend la précaution de pousser lentement l'injection.

L'alcool agit aussi efficacement mais plus lentement par cette méthode que par la voie endo-veineuse. Le professeur Ben Ahmou d’Alger s’est fait son ardent défenseur. Les

Ce

doses à injecter de la solution alcoolique à 20 % sont de 20 em? par jour en deux fois matin et soir. R. Daën, dans sa thèse, déclare avoir employé des doses de 80 cm° en un

seul jour sans incidents.

LA VOIE HYPODERMIQUE. — Cette voie a été utilisée par le professeur Ben Ahmou ; elle n’est pas dangereuse et permet également d'éviter la sclérose de lendoveine. Elle a l'inconvénient d’être légèrement douloureuse. On constate un peu d'œdème accompagné d’une légère rougeur au point d'injection. L'effet thérapeutique est identique à celui qu’on obtient par voie intra-veineuse, mais la diffusion de l'alcool est beaucoup plus lente, Les doses à employer sont les mêmes que par les voies intra-musculaire et intra-veineuse.

LA VOIE INTRA-SINUSIENNE. — Elle a été employée chez le nourrisson par MM. Cruchet, Maupetit et Saric qui publièrent deux cas dans lesquels ils usèrent d’injections quotidiennes de 8 em° pendant seize jours.

LA VOIE DIRECTE OU INTRAPARENCHYMATEUSE. — Dès 1905 Georges Rosenthal, dans le service du professeur Hayem, injectait de l'alcool en plein parenchyme pulmonaire. On sait que l'alcool sclérose les tissus, G. Rosenthal a mis actuellement au point une technique qui consiste dans l’in- Jection en tissu pulmonaire tuberculeux de faibles quantités d'alcool à 33 % afin d'obtenir une sclérose.

Cette technique n’est pas plus dangereuse, au dire de l’auteur, que les injections de lipiodol faites dans les cavernes pulmonaires et il n’a observé aucune embolie.

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