‹ Les Injections Intratracheales de LipiodolChapitre 19 sur 25 · ROLE THÉRAPEUTIQUE DU LIPIODOL · texte numérisé non relu

ROLE THÉRAPEUTIQUE DU LIPIODOL

Dans lesprit de ses initiateurs, l'injection intratrachéale de lipiodol s’appliquait à la détermination d’un diagnostic. Cependant chez plusieurs de nos sujets demeurés à l'hôpital, nous avons été frappés, d’une amélioralion survenue dans leur état, dans la période qui suivit l’injection.L’expectoration du matin si abondante, diminuait ; la toux s’atténuait chez l’un ; chez l’autre l’aspect général se transformait. Dès lors,notre attention fut attirée d’une façon systématique sur le côté thérapeutique du lipiodol. Cerlains de nos malades furent surveillés, plusieurs réexaminés ; pour la plus importante fraction, celle: qui comprend les enfants retenusau loin dans leur famille, un questionnaire fut établi. Les points sur lesquels nous insistions étaient les suivants : disparition de la toux, cessation de l’expectoration, reprise du poids, allure satisfaisante de l’état général,

Dans l’ensemble, sauf pour un cinquième des cas environ, où nulle amélioration notable n’est signalée, nous enregistrons avec la plus vive satisfaction des modifications des plus encourageantes. L’expectoralion paraît avoir élé lrès influencée dans les cas

de dilatation des bronches et d’abcès pulmonaires, de même l’état général. Nos trois cas de sclérose

- pulmonaire ont également accompli depuis leur

injection des progrès certains. Pour les enfants alteints de bronchite à répétition sans dilatation des bronches, l'action de l'huile iodée paraît plus péremptoire encore. Toux, expectoration disparaissent, le poids s’accroît considérablement.

Un de nos sujets, porteur d’ectasies bronchiques,

- avait des vomiques abondantes. Après l'injection de

lipiodol, l’expectoration se tarit. L'enfant véritable-

ment transformé, est dirigé pour consolidation de

guérison, sur la Bourboule.

À son retour, le malade semblant repris par les premiers symptômes, on estime opportun de leur opposer une nouvelle injection de lipiodol, Mais, contrairement à l’atlenle, aucune amélioration ne survint. Quoi de surprenant d’ailleurs, puisque après examen, l'injection de lipiodol fut reconnue inopérante, ayant été poussée en dehors de la trachée.

Une autre de nos malades paraissant atteinte de

sclérose pulmonaire eut limpression subjective de

bien-être telle, que, malgré l’incident sans gravité, mais à allure dramatique survenu lors de la première tentative et relaté plus haut, elle réclama la faveur d’injections ultérieures.

Ces faits concordent pour attribuer au lipiodol intratrachéal un rôle thérapeutique indéniable. Dans quelles limites s'exerce cette action curatrice ! Pour combien de temps ! questions auxquelles il serait

osé de répondre sans y ajouter la sanction d’une expérimentation prolongée.

L'efficacité thérapeutique du lipiodol intratrachéal ne saurait nous surprendre. De semblables injections sont d'application fréquente. Le fait nouveau résulte de l’intervention de l’iode porté au contact desl’endathelium alvéolaire, de la muqueuse bronchique, et du point de suppuration sous la,couvert du véhicule huileux. D’autre part nous aurions tendance à attribuer les résultats particulièrement excellents obtenus chez l'enfant aux doses élevées de produit injecté et maintenus effectivement dans les trachées respiratoires grâce au mode d'introduction intercricothyroïdienne. | |

CHAPITRE XI RÉSUMÉ DES OBSERVATIONS Nous nous sommes attachés à classer nos observa-

tions en plusieurs groupes, de façon que celles de chaque groupe se rapportent sensiblement à une

même idée directrice.

Tout résumé d'observation met en évidence autant que possible les trois ordres de renseigne-

ments cliniques, radiologiques et lipiodo-radiolo-

giques.

A. — Dilatation des bronches.

. O8s. [. — Enfant Le B..., agé de 13 ans entré à Debrousses le 13 octobre 1923 avec le diagnostic de : « Sclérose-pulmo-

naire du côté droit — dilatations bronchiques = adhérences

pleurales marquées et peut-êtreun petitnoyaude tuberculose

pulmonaire profonde. »

L'enfant tousse peu, ne crache pas. Etat généralsatisfaisant. Persistance de ràles humides disséminés mais prépondérants à droite.

Radio. — Ombres hilaires très étendues.

Radio après lipiodol. — Le 25 octobre, ombres en pastille situées sur le trajet des bronches moyennes, étagées à contours réguliers etparaissantdes ectasiés bronchiques de {ype

ampullaire.

Oss. II. — Enfant J.. . Jeanne, 13 ans.

Antécédents chargés : rougeole, coqueluche, scarlatine, angine, pneumonie, pleurésie purulente gauche ponctionnée, Séjour à Debrousses en 1921, à ce moment là : Toux expectoroliée abondantes dyspnée, doigts hypocratiques ; au point de vue physique : matité à gauche en avant, matité en arrière dans tout le poumon gauche et à la base droite gros râles humides, disséminés de haut en bas dans les deux poumons. Peut être à la base gauche présomption de liquide.

Radio.— A gauche, rétraction de l'hémithorax.Paroi costale peu mobile. Diaphragme collé à la. paroi costale au niveau du cul de sac, attirance du médiastin vers la gauche.

A droite, très légère densification du réseau bronchique supérieur. Sommet normal, Pas de hacilles de Koch.

Part à Brévannes avec le diagnostic de dilatation bron- - chique non tuberculeuse probable.

Est reprise par sa famille, faitun séjour à Bretonneau; puis encore à Brévannes. Sort à nouveau.

Renvoyée à Debrousses par le médécin des écoles avec le diagnostic de bacillose pulmonaire.

On constäte alors : à droite sulmatité sus-épineuse et ràles humides disséminés : à gauche submatité et râles

humides sur toute la hauteur.

A la base: vibrations diminuées, souffle expiratoire bronchophonie, gros râles,.

Radio. — Décembre 1923: à droite ombres justo-hilaires à gauche opacité,

Lipiodol. — 6 décembre 1923: volumineuses dilatations

kystiques des be onches,.

Are

Ag

Ogs. III. — Enfant L.. Jeanne, âgé de 10 ans. Entrée le 11 avril.

Cliniquement. — Toux, souffle et râles humides à droite

et à gauche. Pas de bacilles de Koch. Légère fébricule.

Radiologiquement. — A droite, ombres hilaires avec

arborescences très étendues. À gauche, rétraction de l’hémi-

thorax, légère scoliose à connexité gauche. A la partie

moyenne,marbrures au voisinage du hile surtout. Obscurité

plus nette au niveau de la scissure. .

Lipiodol. — Déviation de la trachée, dilatations cylin-

driques des bronches lobaires inférieures.

Ogs. IV. — L... Marie, âgée de 9 ans.

Vue à l’âge de 6 ans 1/2, on note alors : &« Enfant maladive continuellement alitée, mauvais état général. Légère diminution de la respiration à droite. Part à Brévannes.

Revient cette année pour « infiltration tuberculeuse du

poumon droit. » Enfant pâle, fébricule. Pas de bacilles de

. Koch‘dans les crachats retirés par lavage d'estomac. Inspi-

ration humée. Expiration prolongée, petits râles fins dissé-

minés. Légère submatité.

Radio.— Images hilaires tachetées, cela plus nettement

à droite. Sur le trajet de la bronche inférieure droite à mi-

parcours au niveau d’espate, il semble que la bronclie soit dilatée.

Lipiodol. — Plusieurs grosses dilatations ampullaires à la base droite. À gauche, étirage en fleurs de glycines typiques.

Ectasies kystiques.

Ogs. V. — M... Charles, 11 ans.

Enfant entre à l'hôpital parce qu'il crache du pus en abon-

Page 1