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LES EXPLORATIONS FONCTIONNELLES PAR INJECTION INTRAVEINEUSE

L’EXPLORATION FONCTIONNELLE DU FOIE PAR LE ROSE BENGALE CHEZ LE CHIEN (D'APRÈS MAURICE PANISSET).

Le rose bengale est un colorant synthétique utilisé dans l’industrie pour la coloration des textiles et en oculistique. ;

C’est un dérivé halogène de la résorcinolphtaleine ou fluorésceine: chimiquement il existe deux roses bengales : un diiodé et un tétraiodé. Celui que l’on utilise pour l’exploration fonctionnelle du foie est le tétraiodo-tétrachlorefluoréscéine. On le trouve facilement dans le commerce et il est d’un prix de revient extrèmement minime.

C’est une poudre brune soluble dans l’eau où elle donne une solution rouge bleuâtre sans fluorecence, soluble dans l’alcoo!l où elle donne une solution rose.

Le rose bengale n’est pas toxique. Son emploi présente aucun danger; l’injection intraveineuse n’est suivie d’aucun frisson, ni de phénomènes généraux appréciables.

Localement il est très peu irritant : en pratique l’issue accidentelle de quelques gouttes de la solution dans

le tissu conjonctif périveineux n’est suivie d’aucune réaction locale inflammatoire.

Il est éliminé d’une façon élective et presque complètement par le foie ; il ne se fixe pas sur les tissus; quant à l'élimination rénale, elle est extrêmement légère à l’état normal.

La technique revient simplement à doser le colorant un certain temps après l'injection intraveineuse du colorant.

Solution à injecter :

Les ampoules de rose bengale sont préparées de la façon suivante : on fait dans un sérum physiologique stérilisé une solution de rose à 5 millig. par cc. (rose pur pour oculistique) on remplit de solution des ampoules stériles et on les scelles. Les ampoules sont alors placées pendant une demi-heure à l’autoclave à vapeur fluente.

Echelle colorimétrique :

Elle existe dans le commerce — On peut aussi l’établir par dilution en partant de la teinture qui sert aux injections (Willemin). Masi cela n’est pas indispensable

De plus, les tubes étalons se conservent mal. L’exposition de l’échelle à la grande lumière pendant un certain temps amène l’affaiblissement des teintes.

Préparer 3 seringues de 10 ce avec deux aiguilles, l’une contenant le colorant à la dose de 1 mgr 5 par kg. de poids vif et deux tubes à centrifuger gradués contenant l’un et l’autre 2 cc. d’une solution de citrate de soude à 5%. |

Ponctionner la veine saphène ou la sous-cutanée de

= ren

l’avant-bras avec l'aiguille, en évitant les périodes digestives où le sérum est trouble.

Prélever à la seringue un échantillon de sang qu’on verse dans un tube à centrifuger gradué contenant 2 cc. de la solution citratrée.

Sans toucher l’aiguille et en changeant seulement de seringue, injecter le colorant ( o cc. 30 de la solution par kg.) l'injection peut être poussée rapidement en quelques secondes.

Quinze minutes après nouvelle prise de sang dans des condititons identiques.

À chaque prise de sang on veillera à mettre dans les tubes la même quantité de sang. En pratique pour éviter toute erreur, remplir chaque tube jusqu’à la marque 10 cc. Centrifuger très longuement jusqu’à éclaircissement complet. Noter soigneusement dans le tube à centrifuger la hauteur des globules et la hauteur totale du liquide. Décanter les liquides clairs surnageants.

Doser alors la teneur de ces liquides en rose bengale avec l’échelle colorimétrique. Pour ce faire on comparera par transparence la couleur du tube à étalonner avec celle contenue par superposition du tube du sérum contrôle et des tubes étalons.

La couleur obtenue ainsi en mettant l’un devant l’autre un tube à échelle colorimétrique et le tube de sérum étalon est absolument superposable à celle du sérum coloré.

Il faut alors établir la correction dûe aux dilutions et concentrations réalisées. En effet l’échantillon examiné n'est plus du sang pur, mais du sang d’abord dilué par

adjonction de 2 cc. de citrate de soude, puis concentré par soustraction des globules rouges.

Il faut donc pour le calcul ramener à la concentration réelle du sang la concentration fictive trouvée. Il suffira de multiplier le chiffre obtenu par le raport suivant :

liquide surnageant sang prélevé cest à dire:

volume total du tube — volume des globules volume total — 2 cc.

M. Panisset a montré après un grand nombre d’examens chez le chien sain, que le taux rétentionnel est toujours inférieur à 4 et rarement inférieur à 2 (ces chiffres correspondent à des milligrammes de colorant par litre de sang.)

Valeur diagnostic du rose bengale.

La méthode d’exploration fonctionnelle du foie a été appliquée à des chiens atteints d’ictère infectieux aigu, de maladie du jeune âge, du syndrôme typhus etc. Dans tous les cas, M. Panisset a trouvé un taux de rose bengale au-dessus de la normale. Par contre dans tous les cas d’affections diverses où le foie n’était pas en jeu l’épreuve du rose s’est montrée normale.

Valeur pronostic du rose bengale.

Au point de vue pronostic un taux isolé a peu de valeur. M. Panisset signale qu’il n’y a aucun intérêt à pratiquer l’épreuve au début des ictères, puisqu'elle indiquera toujours des taux élevés mais d'interprétation impossible.

Il n’en est plus de même quand le sujet est suivi, quand l’épreuve est renouvelée régulièrement.

Dans ce cas le taux rétentionnel suit l’évolution de la maladie. Un taux qui monte indique l’aggravation, un taux même élevé qui descend suppose un pronostic favorable.

« Féconde en résultat pour le pathologiste ou le vétérinaire consultant la méthode d'exploration hépatique par le rose bengale ne sera pas utilisé par eux seuls. Elle ne rendra pas de moins grands services à l’expérimentateur et au médecin de l’homme lui-même s’il veut faire l’essai chez le chien de substances thérapeutiques susceptibles de léser le foie des malades auxquels elles doivent être administrées ».

L’EPREUVE DE LA PHÉNOLSULFONEPHTALEINE INTRAVEINEUSE DANS L'’EXPLORATION FONCTION- NELLE RÉNALE CHEZ LE CHIEN.

(d’après V. Robin et R. Grégoire).

La phénolsulfonephtaleine (P.S.P.) encore appelée rouge de phénol est une poudre cristalline de couleur rouge vif, peu soluble dans l’eau et dans l’alcool. Elle donne en solution alcaline diluée, une coloration rouge violacé. Sa toxicité pour l'organisme du chien est pratiquement nulle : elle n’a jamais provoqué en injection endoveineuse le moindre incident immédiat ou éloigné; la moindre réaction locale ou générale.

La technique de l’épreuve de la P.S.P. est très simple. Elle consiste à injecter une dose déterminée de colorant dans l’organisme d’un sujet suspect et à doser après un certain temps la quantité de colorant dans l’urine.

On injecte dans la saphène 6 milligrammes de P.S.P. en solution dans 4 cc d’eau physiologique (le commerce délivre des ampoules stériles renfermant 5cc. de solution titrée à 6 mgr. par 4 cc.)

Il est nécessaire. pour avoir des résultats précis, d’injecter exactement la quantité déterminée de colorant. Pour cela il existe des seringues de précision, dont la graduation et l’étanchéité ont été rigoureusement contrôlées (seringue du Dr Blanc). Après l’injection le sujet sera surveillé pour que toute l’urine émise puisse être recueillie.

Au bout de 65 minutes on recueille la totalité de l'urine excrétée par le cathétérisme de la vessie. C’est le point capital de l’opération. Il est indiqué chez le mâle, pour obtenir une vidange complète de la vessie, de mobiliser de temps en temps la sonde pour ramener son extrémité au niveau du liquide. A l’aide d’une seringue adaptée à l'extrémité de la sonde on aspire lentement le liquide. Chez la chienne la vidange de la vessie est plus facile. On s’assurera ensuite de l’état de déplétion de la vessie par la palpation à travers la paroi abdominale.

L’urine étant recueillie, il convient maintenant de doser la P.S.P. éliminée. A cet effet elle est versée dans un récipient d’un litre ; on y ajoute l’eau de rinçage de la sonde et du vase ayant servi à la récolte de l’urine. Puis on l’alcalinise avec 3cc. de lessive de soude purifiée, il apparaît alors la teinte rouge violacée caractéristique.

On complétera le volume au litre avec de l’eau distillée et on agitera soigneusement.

Pour le dosage, on peut se servir soit du comparateur de Dubosq, soit de l’échelle colorimétrique du commerce. Le comparateur de Dubosq est d’un prix de revient relativement cher car il nécessite la préparation d’une solution étalon pour chaque intervention ; il est préférable de se servir de l’échelle colorimétrique. Elle est constitée par une série de 15 tubes de verre renfermant des solutions alcalines de P.S.P. à des taux progressivement croissant de 10 à 75% et scellés à la lampe, Le liquide à examiner est placé dans un tube à essai de même diamètre et épaisseur que les tubes étalons. On apprécie la coloration en plaçant ce tube entre deux tubes étalons dans un petit support à trois loges et on recherche par transparence l’égalité de teinte. Quand celle-ci est obtenue, les chiffres gravés sur le tube étalon indiquent le taux de l'élimination.

Si on soupçonne soit par un examen antérieur, soit par l’état général du sujet, que l’élimination de P.S.P. sera très faible, il est recommandé alors de diminuer le taux de dilution à 100 ou 200 cc. par exemple. La comparaison avec les teintes de l'échelle est plus facile et il suffira de diviser le nombre obtenu par 10 ou par 5 suivant la dilution, pour obtenir le taux d’élimination véritable.

L'étude comparée de nombreux cas où l’épreuve de la P.S.P. était effectuée simultanément avec le dosage de l’urée sanguine et de la constante d’Ambard, a conduit les auteurs de la méthode à admettre que le pourcentage compris entre 55 et 70 pouvait être considéré pratiquement comme la limite au-dessous de laquelle

on peut considérer que l’élimination de la P.S.P. est pathologiquement diminuée.

Chez le chien atteint de néphrite l'élimination du colorant est ralentie et le degré de rétention permet de mesurer l'importance et la gravité des lésions rénales ; chez le cardio-rénal ce taux est faible mais remonte ensuite avec les toniques cardiaques, sous l'influence d’une amélioration de la circulation sanguine.

Les auteurs ont établi que, s’il n’y a aucun rapport entre l’importance de l’albuminurie et l’imperméabilité rénale au colorant (celle-ci peut être très marquée alors que l’albuminurie est très faible), les renseignements tirés du taux de l’urée sanguine et des variations de la constante uréo-secrétoire sont comparables à ceux de l'épreuve de la P.S.P. « À une P.S.P. normale correspond une azotémie normale et une constante normale ».

Si l’épreuve de la phénolsulfonephtaléine est capable de donner des indications précieuses sur la valeur fonctionnelle des reins, elle présente néanmoins des causes d'erreurs.

Les causes d’erreurs tiennent généralement à un défaut de technique, ou bien l’opérateur n’a pas introduit exactement la dose déterminée de colorant soit par suite d’une injection défectueuse, soit parce que la seringue était mal calibrée, ou bien, et surtout, l’opérateur a vidé incomplètement la vessie : une partie de la P.S.P. à échappé au dosage.

Les sujets atteints d'insuffisance cardiaque peuvent présenter une élimination retardée, dont le rein n’est pas responsable. C’est là une importante cause d'erreur qui

ne faut pas méconnaître. Dans ce cas l'administration de digitale ou d’oubaine pendant une semaine précipite l'élimination de la P.S.P.

L'épreuve de la P.S.P. bien qu’on ait rarement recours à elle pour déceler l’existence d’une néphrite, est capable de préciser un diagnostic hésitant, et elle permet de porter un pronostic si les épreuves par la P.S.P. sont pratiquées en série. Dans ce cas il est possible par l'élévation relative des taux rétentionnels de suivre l’évolution de l’impotence fonctionnelle du rein.

L'’acheminement du malade vers la guérison se traduit par la tendance des taux rétentionnels, recherchés à quelques jours d'intervalle, à revenir vers la normale.

Les méthodes d’explorations rénales employées jusqu'ici, telles que le dosage de l’urée sanguine et la recherche de la constante d’Ambard, sont d’une technique trop délicate ; de ce fait elle restent des méthodes de laboratoire, difficilement utilisables en clientèle.

L'épreuve de la phénolsulfonephtaleine par contre « par l’incomparable facilité de sa mise en oeuvre et sa rapidité d'exécution, mérite d’être largement utilisée en pathologie canine ».

Elle est susceptible de rendre de grands services au pathologiste et au praticien.

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