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TECHNIQUE DE L'INJECTION

Il nous parait nécessaire de préciser la technique des injections intraveineuses pour éviter les accidents.

L’injection endoveineuse est tantôt la plus aisée tantôt la plus ardue des interventions de petite chirurgie. S'agit-il d’un sujet maigre et musclé aux veines saillantes et bien fixées contre le plan aponévrotique qui les supporte, le plus maladroit réussit à coup sûr ; mais voici un animal dont le pannicule sous-cutané recèle dans son tissu graisseux de petits vaisseaux à peine perceptibles, en voici un autre à veines un peu plus apparentes, mais mobiles et fuyant devant l'aiguille : les difficultés peuvent devenir telles que la praticien le plus adroit est parfois obligé de recommencer l’opération. Toutefois il est toujours possible de mener à bien l’injection et on ne doit jamais renoncer définitivement à utiliser la voie veineuse car on se trouverait ainsi privé d'un mode de traitement extrêmement efficace et précieux.

Tout perfectionnement apporté à la technique présente donc son intérêt. C’est ce qui nous engage à décrire minutieusement un procédé qui facilitera beaucoup, surtout dans les cas délicats, cette petite, mais si importante intervention.

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19 Chez le cheval.

L'injection intraveineuse chez le cheval se pratique dans le tiers supérieur de la jugulaire; dans cette région, en effet, on n’a que le tégument et la paroi vasculaire à perforer. Il est nécessaire pour faire l'injection d’avoir une aiguille assez forte à court biseau ou un fin trocart (longueur 5 à 6 cent., un millimètre et demi de diamètre intérieur), dont la canule s’adapte sur l’embout de la seringue.

Le trocart doit être préféré à l’aiguille, dans certains cas car celle-ci, sous l'influence des mouvements de réaction de l’animal pourrait, pendant l'injection, perforer la jugulaire de part en part et porter la solution au-delà de la veine. De plus, en raison de la longueur généralement réduite des aiguilles courantes, il se pourrait encore que l'aiguille peu profondément implantée dans la veine, en sortit trop facilement.

Les précautions à prendre sont celles de toutes les injections intraveineuses; on observera une asepsie

aussi rigoureuse que possible. Le matériel d'injection sera préparé d'avance.

On coupe les poils et on désinfecte le lieu d’élection soit à la teinture d’iode soit à l’alcool.

On se place du côté gauche de l’animal et on pratique l’hemostase en exerçant une pression sur le vaisseau avec le pouce gauche qui fixe en même temps la peau, les autres doigts embrassant le bord antérieur de la région. On laissera s’écouler une ou deux minutes avant d’opérer afin que la veine soit bien tendue. Sans incision préalable de la peau, l'instrument tenu, en plume à écrire, de la

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main droite est dirigé de bas en haut tangentiellement à la veine et est introduit par une brusque pression dans sa lumière, le plus profondément possible à l'encontre du courant sanguin.

Un débutant fera plus sagement d'introduire l’instrument en deux temps : 1° ponction de la peau ; 2° ponction de la veine. Mais très rapidement on arrive d’un seul coup dans la veine. Immédiatement on a l'impression que l’extrémité de l’aiguille se déplace facilement dans la veine; de plus quelques gouttes ou un jet de sang indiquent que l’instrument est bien en place. On adapte alors la seringue à la canule du trocard ou à l’aiguille en même temps qu’on cesse la compression de la veine. La main gauche fixe doucement le corps de pompe de la seringue pendant que la main droite presse lentement sur le piston.

Pour donner plus de sécurité un petit tube de caoutchouc réunira l’instrument à la seringue et l'injection pourra être poussée aussi lentement qu'on le voudra. Cependant l'emploi du raccord de caoutchouc n’est pas indispensable, la seringue pouvant être adaptée directement.

Il est bon de s'assurer au cours de l’injection que linstrument est bien dans la veine. Il y a deux moyens de le faire : 19 bien examiner le point où pénêtre l’instrument. La moindre boule d’œdème indique qu’un peu de liquide s’échappe de la veine ; 20 deux ou trois fois pendant l'injection retirer très faiblement le piston pour s'assurer que le sang arrive dans la seringue.

Une fois l'injection terminée, il est bon de laisser

l'instrument en place pendant quelques instants en provoquant l'écoulement de quelques ec. de sang. On évitera ainsi qu'un peu de liquide resté à l’extrémité de l’instrument ne soit abandonné dans le tissu cellulaire.

On retire ensuite vivement l'instrument en appliquant les doigts de chaque côté de celui-ci de façon à éviter le décollement et l’infiltration médicamenteuse ou sanguine dans le conjonctif sous cutané.

L'opération terminée, la région est passée une fois encore avec le tampon humide aseptique.

Faite par un opérateur habile, elle n’a duré que quelques minutes.

Lorsque les injections doivent être renouvelées ou faites en séries, 1l est préférable de changer de jugulaire à chacune d'elles pour éviter la répétition du traumatisme sur le même vaisseau.

20 Chez les bovins.

La technique est sensiblement la même. Ces animaux étant moins dociles que les équidés et ayant le derme plus résistant, on doit pratiquer la contention de la tête. Elle sera réalisée par les moyens utilisés pour la saignée ; il y a avantage à attacher l’animal à un poteau ou un anneau.

La veine jugulaire superficielle du bœuf, bien qu’elle soit volumineuse, il est parfois difficile d’en obtenir la distension en la comprimant, le sang s’écoulant par la jugulaire accessoire. Pour provoquer l’hémostase, on applique sur la base de l’encolure une cordelette disposée en nœud coulant et dont l'extrémité est tirée par

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un aide ; l’anse ayant tendance à glisser le long du cou, on l’en empêche en fixant sa partie inférieure à une autre corde qui, passée entre les membres antérieurs, est tirée par l’aide dans la même direction que la première.

En raison de la résistance de la peau, on pratique préalablement une petite incision cutanée au bistouri droit.

Pour les autres temps ou soins opératoires mêmes indications que chez le cheval.

30 Chez le chien.

L’injection intraveineuse chez le chien est pratiquée a là saphène, vaisseau de petit calibre, naissant à la face antérieure de la patte et se dirigeant vers le pli postérieur de la cuisse en croisant obliquement la face externe du jarret. Elle comporte plusieurs temps :

1° Assujettir le chien en décubitus latétal sur une table, les membres fixés, exception faite pour celui sur lequel doit porter l'injection.

29 Couper les poils le plus ras possible et faire aussitôt la désinfection locale avec un tampon de coton imbibé d'alcool ou de teinture d’iode. Ne jamais raser le point d'élection, ayant constaté toujours une réaction congestive locale à la suite du passage du rasoir.

39 Comprimer le membre à la base de ia cuisse avec un tube de caoutchouc maintenu en place par une pince à forci pressure, en même temps qu’un aide immobilise parfaitement le membre.

49 La veine étant gonflée, introduire obliquement presque parallèlement à l’axe du vaisseau une aiguille fine, de petit calibre et assez courte, facilement adaptable à la seringue.

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L’aiguille est tenue entre le pouce et l’index droits, pendant que la main gauche fixe la peau sans trop la tendre. Un excès de traction aplatit, du reste, le vaisseau et le rend imperceptible.

Si la veine ne fuit pas devant l'aiguille, la perforer directement par un petit coup sec, si la veine fuit parallèlement la poursuivre en l’abordant de flanc et dès que la pointe de l’aiguille prend contact avec elle, la perforer de même façon. On reconnaît qu’on a pénétré dans la lumière du vaisseau quand il sort par l’embout de l’aiguille une ou quelques gouttes de sang veineux noir.

50 Adapter la seringue, enlever le lien en détachant la pince à forci pressure, puis pousser très lentement l'injection. Si la seringue fonctionne bien, la pression sur le piston doit être extrêmement légère et il ne doit se produire aucun œdème autour de la piqûre. Quelques gouttes de sang sont aspirées et refoulées pour vider l’aiguille et celle-ci rapidement tirée d’un seul coup. On effectue une légère compression sur le point piqué que l’on badigeonne ensuite à la teinture d’iode.

Nous préférons suivre cette technique que d'employer celle préconisée par certains praticiens qui consiste à perforer la veine avec la seringue remplie de liquide et chargée de son aiguille.

Il y a des écueils à éviter au cours de l'injection 1° injecter à côté de la veine et 2° injecter derrière la veine après avoir traversé aussi sa paroi postérieure. Ce dernier accident est surtout à craindre quand on emploie la seringue munie de son aiguille. En effet, l’épaulement de la seringue étant relativement considérable,

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