‹ Les Injections IntraveineusesChapitre 5 sur 27 · MANUEL OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

MANUEL OPÉRATOIRE

Pour les injections intraveineuses on doit utiliser des seringues douces, à friction faible comme les seringues en verre et non celles à piston en caoutchouc ou en amiante qui nécessitent une pression beaucoup plus forte. Elles sont facilement stérilisables alors que les autres le sont difficilement ; de plus ces dernières sont moins recommandées car des impuretés provenant de l'appareil lui-même, tels les petits morceaux de caoutchouc, dûs particulièrement à la désintégration du piston pourraient boucher l’aiguille.

Les seringues utilisées sont de dimensions variables : 10, 20, 150, 200 cc. Lorsqu'il s’agit de seringues de gros calibre il est préférable de recourir à l'appareil de Dieulafoy à piston métallique glissant dans un tube de verre. L’ajutage de cet appareil comporte un robinet commandant deux tubulures, munies chacune d’un tube de caoutchouc. Suivant la position donnée au robinet, l’un de ces tubes est destiné au remplissage de la seringue, tandis que l’autre, s’adaptant directement à la canule du trocard ou à l'aiguille, sert à l'injection du liquide médicamenteux dans la circulation. Lorsqu'il s’agit d'introduire dans les veines des quantités importantes de sérums artificiels, l’utilisation de la seringue

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comporte certains inconvénients : la pression exercée par la main de l’opérateur sur le piston est irrégulière ;

se produit des à coups. Sachant que la condition principale du mode d'injection est de pousser lentement et progressivement, nous conseillons l’appareil à injection de sérum physiologique.

Il est constitué d’un flacon fermé par un gros bouchon de caoutchouc percé de deux orifices ; par l’un pénètre un petit tube de verre ne plongeant pas dans le liquide et en communication par un tube de caoutchouc avec une soufflerie ; par l’autre passe un deuxième tube de verre formant siphon, plus long, descendant jusqu’au fond du flacon et continué à sa sortie par un tube de caoutchouc d'environ 50 cm. de longueur qui portant un ajutage s'adapte exactement à la canule du trocart ou de l’aiguille.

La soufflerie est constituée par deux poires, l’une rigide, qui sous les pressions répétées de la main aspire l’air extérieur et le projette dans le flacon, après lui avoir fait subir la régulation de la seconde, particulièrement souple, munie d’un filet extérieur qui donne à l’air introduit dans l’appareil une pression régulière et continue destinée à faire monter sans à coups le liquide dans le tube intérieur du flacon. Le trocart ou l’aiguille étant en place on fait passer sur la soufflerie ; le liquide apparaît aussitôt à l'extrémité de l’ajuture. On adapte l’appareil au trocart en même temps qu'on cesse la compression de la veine. L'appareil marche très commodément ; d’une main on empêche le trocart de se déplacer pendant l'injection et un aide tenant le

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flacon presse sur la soufflerie suivant les indications qu’on lui donne.

Avec cet appareil facilement stérilisable et d’une mise en marche simple et rapide, les injections intra-jugulaires de sérums artificiels sont lentes et régulières.

Les précautions essentielles à observer pour réaliser une bonne injection intraveineuse sont les suivantes : le champ opératoire doit être désinfecté et les instruments ou appareils utilisés doivent être stérilisés.

Le mode d'injection a une grande importance. La première condition à observer sur laquelle on ne saurait trop insister, est de pousser très lentement le liquide, ce facteur étant d'importance capitale.

L’aiguille ou le trocart lors d'injection intrajugulaire seront dirigés vers le haut, dans le sens opposé au cou- . rant sanguin pour éviter ainsi l’action directe du médicament injecté sur le cœur.

Les injections intravasculaires demandent surtout quand elles sont abondantes à être aussi rigoureusement réglées que possible : l’on portera la préférence dans ce cas sur l’appareil à injection de sérum physiologique qui permet des injections lentes et très régulières.

Les recherches expérimentales de Hanzlik et Karsner qui ont porté sur 31 substances diverses (colloïdes, arsénicaux, etc.) ont montré que les principes les plus inoffensifs peuvent provoquer des accidents lorsqu'on les injecte par les veines, soit par suite du débit trop rapide de l'injection, soit en raison de la concentration trop élevée de la solution injectée.

Les risques dûs à la pénétration trop rapide d’un mé-

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