INDICATIONS
La géniale découverte du professeur Ehrlich a eu pour résultat de révolutionner le traitement classique de la syphilis non seulement quant aux moyens mis en œuvre, mais également dans la façon de les administrer. Après quelques essais d'introduction par la voie sous cutanée ou intramusculaire la généralité des expérimentateurs n’emploie plus guère que la voie endoveineuse à cause de la multiplicité des avantages. De même, dès que la thérapeutique colloïdale entra dans la pratique courante, la voie veineuse fut ouverte aux nouvelles préparations et reconnue.comme la plus efficace par sa rapidité d'action et son rendement maximum.
Les applications cliniques se sont alors rapidement multipliées et une nombreuse série de publications prouve l'intérêt de sa singulière fortune.
L'introduction intraveineuse et la dissolution du corps actif dans le plasma sont les conditions essentielles de l’action physiologique des médicaments. Souvent il se produit une véritable combinaison chimique avec les principes protéiques et les sels alcalins du sang. Le corps est porté avec la lymphe dans l'intimité des éléments anatomiques où il exerce par choix ou élection (principalement pour certains éléments nerveux et parfois sur les éléments des muscles organiques ou des glandes) les actions biochimiques dont la plupart sont encore absolument inconnues dans leur nature, origine des manifes-
tations physiologiques. Il y à parfois simplement action par contact sans véritable action chimique.
Le sang est donc le véhicule nécessaire. Quant l'agent médicamenteux y est dissous on peut être sûr que l’imprégnation des tissus aura lieu. C’est la voie d’introduction, d'absorption qui peut être imparfaite.
La voie digestive, en effet, fait subir au médicament les transformations nécessaires qui lui permettent d’être absorbé par la circulation veineuse ou lymphatique de l'intestin et de pénétrer ainsi dans le torrent sanguin. Il est ensuite disséminé dans l’organisme s’il s’agit d’une substance à action générale, ou simplement distribué aux cellules de destination quand son action est élective.
Mais cette absorption est lente, trop souvent trompeuse et de nombreux obstacles — le foie par exemple qui peut l’éliminer, le détruire ou le retenir dans ses propres cellules — peuvent la rendre tout à fait illusoire.
Combien est long le chemin que doivent parcourir les remèdes qu’on administre par la bouche! Ilest impossible que dans toutes ces routes ils ne subissent plusieurs changements considérables, qu'ils ne se mêlent avec tant de substances différentes et ne perdent toute leur efficacité. L'expérience prouve cette vérité : une certaine dose de vomitif qui donnée à un chien par la gueule ne produira aucun effet, le fera vomir jusqu'à mourir si on l’injecte dans les veines.
La voie rectale est une des plus sûres, mais souvent intolérable et on ne sait alors quelle est la quantité de médicament absorbé.
L'utilisation de la voie sous-cutanée ou intramuscu-