‹ Les Injections IntraveineusesChapitre 8 sur 27 · RS · texte numérisé non relu

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laire a marqué un réel progrès par la facilité du dosage, la régularité des applications, l’absence des modifications secondaires des médicaments au contact des agents chimiques et vitaux de l'appareil gastro-intestinal et hépatique.

Le médicament s’il est toléré par les tissus et dissous, est fatalement introduit dans la circulation et son action est certaine. N’est-il pas frappant de voir la sudation suivre à coup sûr l'injection d’un sel de pilocarpineet être empêchée ou arrêtée au moins sûrement si l’on insère sous la peau un sel d’atropine?

Cependant cette méthode présente aussi des inconvénients.

L’injection sous cutanée ou intramusculaire est souvent suivie d’accidents septiques locaux, malgré toutes les précautions antiseptiques, qui laissent des traces sous forme de uodosités, de nécroses. Elle est des plus douloureuses dans son application immédiate ou éloignée.

Introduit sous la peau ou dans le muscle, l'absorption du médicament pour beaucoup de cause est lente et difficile, de manière que la dose utilisée est inférieure à celle insérée. Il ne faut pas oublier, d'autre part, que certains auteurs estiment que le médicament en injection sous cutanée subit des modifications chimiques qui le transforment en partie.

Il arrive aussi que le médicament ne puisse être introduit dans le tissu cellulaire qu'il irrite violemment et qu’il enflamme. Les méthodes intra-cérébrale et intra-rachidienne pour l'introduction des substances destinées à agir directement sur les centres nerveux, de même que

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les méthodes d’injections endoartérielles sont encore trop délicates à appliquer en médecine vétérinaire pour qu’elles soient utilement pratiquées. Ces difficultés ont conduit les cliniciens à essayer la voie endo-veineuse qui n’a pas tardé à éclipser les autres procédés grâce à son exécution facile et expéditive, à son absorption immédiate et à son action rapide. Cette technique réputée il il y a quelques années encore impraticables, devient aujourd’hui la méthode de choix et tend à remplacer tous les anciens procédés dont les imprécisions ont pu causer des inconvénients et même des accidents dans des mains habiles.

Elle mérite d’être vulgarisée en médecine vétérinaire : les injections intraveineuses faciles à pratiquer permettent au praticien d’agir vite, d'introduire dans la circulation des doses bien définies de médicaments, non soumises aux conditions d'absorption des autres voies et réglées uniquement par l'intensité et la rapidité du courant sanguin.

En peu d’instants les différents éléments de l’organisme sont mis en contact avec le médicament injecté.

En médecine humaine, Mayet a fixé comme suit les indications de la méthode intraveineuse :

1° Pour suppléer à l'insuffisance de la quantité de liquide circulant dans les vaisseaux par suite de déperdition considérable soit du sang en totalité avec tous ses éléments, soit d’une notable proportion de sa partie séreuse ;

20 Pour favoriser l'élimination de certains principes

toxiques en faisant passer par les voies circulatoires et

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consécutivement par les reins une grande quantité de liquide qui les entraîne en les dissolvant et réaliser ce qu’on a appelé le lavage du sang, ce qui serait appelé le lavage anti-toxique de l’organisme ;

3° Pour introduire dans les voies circulatoires et par le fait dans toute l’économie certaines substances médicamenteuses, afin de rendre leur action plus prompte est

plus assurée ».

Les injections intraveineuses en portant directement dans le sang les principes médicamenteux leur permettent d’agir d’une façon plus rapide, plus massive, plus totale. Elles permettent également de les introduire très rapidement sans modifications au contact des tissus sur lesquels ils doivent agir. De là des conditions de rapidité d’action et d'efficacité très grandes.

On comprend aisément que le médicament se diffuse plus vite quand on le verse dans la circulation que lorsqu'on l’injecte dans le tissu cellulaire d’où il passe par infiltration et résorption dans les voies sanguines et lymphatiques.

Certains malades, on le constate en médecine humaine, accusent immédiatement un goût métallique dans la bouche à la suite d’uneinjectionintraveineuse de mercure.

Le médicament agit donc avec plus de rapidité ei par là peut exercer une action de masse.

On peut admettre en effet qu’une injection d’urotropine, de chlorure de Ca, de salicylate de soude est 5 à

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10 fois plus active que l’introduction de ces mêmes médicaments par les autres voies, d’où efficacité quintuplée ou décuplée aux mêmes doses, d’où réduction considérable des doses pour un même effet thérapeutique. Lorsqu'on introduit un médicament dans les veines il ne se produit aucune déperdition d'absorption soit dans le tube digestif soit dans le tissu interstitiel, et la totalité de la dose arrive réellement au point où elle doit agir : d’où une précision de posologie qui fait que pour toutes les estimations de seuil ou de toxicité on choisit expérimentalement la voie sanguine. Cependant on pourrait faire à cet égard quelques réserves. Si la voie veineuse permet de porter immédiatement dans le torrent circulatoire le médicament, celui-ci en disparaît, en revanche assez vite, tant est perfectionné le mécanisme qui assure la constance du milieu sanguin, celui-ci se débarassant par maints artifices de toute substance étrangère introduite : d’où la nécessité de renouveler fréquemment les injections. Aussi les médicaments injectés dans les veines sont-ils bientôt soit déposés dans les organes, soit éliminés par les émonctoires : de fait on connaît mal le métabolisme complet, la fixation et l'élimination des médicaments absorbés.

Retenons surtout que les doses utiles sont rapidement et presqu'instantanément transportées aux tissus sur lesquels elles agissent, ce qui explique l'efficacité parfois surprenante des injections intraveineuses.

Ce n’est pas le seul avantage.

La médication intraveineuse est indolente. Cette indolence absolue résulte de la dilution et de la diffusion

immédiate et rapide dans la masse du sang circulant de la solution médicamenteuse.

Ainsi certains médicaments qui par voie sous-cutanée surtout produisent des sensations douloureuses et déterminent une irritation locale allant parfois jusqu’au sphacèle, comme les arsénobenzols, l’urotropine, peuvent être bien supportés lorsqu'ils sont directement injectés dans les veines.

Il existe un autre avantage : un médicament injecté par voie veineuse peut agir d’une façon différente que par voie sous-cutanée ou digestive. Ainsi les colloïdaux provoquent dans les affections fébriles une réaction particulièrement heureuse qui ne peut être obtenue que par cette voie. L’injection sous-cutanée ou intra-musculaire ne la provoque souvent pas : il faut la pénétration dans la circulation de la substance modificatrice.

Un autre avantage est qu’on n’a guère la menace d’infection locale dûe à une stérilisation incomplète ou à des erreurs d’aseptie accidentelle lors de l’injection : le médicament dilué dans le sang au contact immédiat des leucocytes circulants et des humeurs ne provoque pas d’inflammation ou de suppuration locales ; il met à l’abri des accidents septiques. Ch. Bouchard a vu que le sang neutralise l’action non seulement des anaérobies, mais d’un bon nombre de microbes aérobies.

À part quelques espèces pathogènes les bactéries peuvent en général être injectées dans le sang sans produire d'accident.

L’injection dans les veines d’un lapin de 60 ce. par kg d'urine fermentée rendue opalescente par l’abon-

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dance des microbes n’a provoqué aucune manifestation morbide immédiate ou tardive.

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