‹ Les inscriptions assyriennes et l'Ancien TestamentChapitre 3 sur 7 · SR DA RL · texte numérisé non relu

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tâche des investigateurs ; la première, c’est que l’écriture est syllabique dans la plupart de ses éléments et qu'ainsi nous connaissons en général, et sauf des exceptions encore assez nombreuses, mais qui diminuent chaque jour, la vraie prononciation de l’assyrien. La seconde, c’est que la langue parlée en Assyrie était une langue sémitique. Tandis que pour se livrer avec fruit à l'étude de l’ancien égybtien il faut se familiariser d’abord avec le copte, qui en est dérivé à peu prés comme l'italien est dérivé du latin, et dont les formes grammaticales n’offrent que peu ou point de ressemblance avec celles d'aucune autre langue connue, les personnes qui connaissent une langue sémitique, hébreu, arabe ou araméen (etleur nombre est incomparablement plus grand en Europe que celui des personnes : qui savent le copte) peuvent, presque sans autre prépa- : ration, aborder l’étude de l’assyrien : elles reconnaïtront immédiatement un grand nombre de mots et la plupart des formes grammaticales qui leur sont déjà familiéres. Vous apercevez déja, Messieurs, l’importance de la langue assyrienne pour la connaissance raisonnée et approfondie de hébreu. Tel mot, telle forme dont l’origine, le sens ou la liaison avec sa racine était obscur trouve son explication en assyrien. Il serait peut-être excessif de dire que les srammaires et les dictionnaires hébraïques sont à refaire à la lumiére des faits nouveaux que nous révèle cette langue depuis si longtemps perdue et si merveilleusement retrouvée : mais on peut affirmer sans crainte qu'ils devront être complétés et rectifiés en bien des points pour être mis au niveau de l’état actuel de la science, sans parler des découvertes que lavenir nous tient certainement encore en réserve.

Permettez-moi de vous citer un exemple seulement des lumières nouvelles et inattendues que nous fournit l’assyrien pour l'explication des mots hébreux obscurs. Vous savez que le nombre onze se dit en hébreu ashté-asar. Asar signifiant dix, il est naturel de penser que ashté doit vouloir dire un, ou du moins être l’abréviation d’un mot: ayant la même signification. Mais en hébreu et dans toutes les autres langues sémitiques connues jusqu'ici, l'unité s'exprime par un terme tout différent, et la racine à laquelle semble se rattacher le mot enquestion ne fournit, ni par elle-même, ni par ses dérivés, aucun sens d’où pût sortir, avec quelque vraisemblance, la notion de l'unité.

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Les inscriptions assyriennes sont venues à propos nous tirer d’embarrasen nous apprenantqueleshabitants sémites de la Chaldée, de ce pays d’où sortitAbraham, prononçaient le premier nombre ishtin, mot dont la ressemblance avec ashté n’est pas méconnaissable. L’expression hébraïque dont nous parlons n'offre donc plus aucune obscurité. | | |

La connaissance de l’assyrien est destinée à opérer dans l'étude des langues sémitiques une révolution analogue à celle que la connaissance du sanscrit a opérée. dans l’étude des langues mdo-européennes. En publiant son Histoire des langues sémitiques, M. Renan avait annoncé la publication prochaine d’une grammaire comparée de ce même croupe linguistique, faite à l’imitation du grand ouvrage de M. Bopp sur les langues indoeuropéennes. Ge livre n’a pas encore paru, et, suivant toutes les apparences, il ne paraîtra jamais : la découverte de la langue assyrienne lui a donné le coup de mort avant même qu’il eût vu le jour; et si son auteur veut tenir la promesse qu'il a faite au public (ce qui serait très-désirable }, 11 faudra qu'il se mette à étudier sérieusement cette langue dont il a si longtemps nié qu'on eût trouvé la clé. Car une histoire ou une grammaire comparée des langues sémitiques d’où l’assyrien serait exclu n’aurait aujourd'hui aucune valeur scientifique.

Vous comprenez aussi facilement l'importance de ces études pour la connaissance de l’histoire et des religions des peuples de l'Asie. Les dieux arméniens, arabes, élamites, oubliés depuis deux ou trois mille ans, reparaissent enfin à la lumière. Nous commençons à entrevoir la hiérarchie. du panthéon assyrien, et ces dieux dont les noms nous sont si familiers et qui nous étaient pourtant si peu connus, Bel, Nebo, Merodak, Nisrok, etc., auxquels il faut joindre Assour, Samas ou le soleil, Ben, dieu de Patmosphère, la double Istar et tant d’autres, nous pouvons aujourd’hui nous faire une idée plus exacte et plus complète de leurs attributs, nous possédons même les images de quelques-uns d’entre eux. |

Mais je ne veux pas m'étendre sur les résultats généraux du déchiffrement des textes cunéiformes. Il sera plus utile et plus intéressant pournous de relever ici ceux qui sontdenatureà apporter quelqueslumières nouvelles à l’in-

terprétation del’Ancien-Testament età l’histoire du peuple hébreu. Heureusement, ces derniers sont nombreux et importants. J’essayerai de vous exposer les plus remarquables, en suivant, autant que possible, l’ordre chronologique; et, laissant de côté les hypothèses douteuses ou dont la vérité n’est pas encore suffisamment démontrée, Je m'efforcerai de he rien avancer que de certain. S'il m’arrive parfois de m'écarter de cette règle, j'aurai soin de vous en avertir. |

Les études assyriennes ont eu pour résultat de rendre plus de consistance et de valeur historique à certaines traditions bibliques trop facilement qualifiées de légendes par la critiqué moderne.

On savait depuis longtemps par les fragments des Antiquités chaldéennes de Bérose, conservés dans les écrits de quelques auteurs grecs, que les populations des bords de l’Euphrate et du Tigre avaient avec les Hébreux plusieurs traditions communes, en particulier celles du déluge et de latour de Babel. Une importante découverte, dont vous avez tous entendu parler, est venue derniérement confirmer sur ce point, d’une manière remarquable, le témoignage du prêtre babylonien. Un employé du Musée britannique, M. George Smith, a trouvé, parmides briques rapportées deNiniveetcouy ertes d’une écriture fine et serrée, des fragments d’une sorte de poëme épique divisé en douze chants, dans lequel le récit du déluge apparaît comme épisode et remplit la plus grande partie de la onzième tablette (1). Sans doute, ce récit poétique, qui est trop long pour être lu ici et qui contient d’ailleurs de nombreuses ct grandes lacunes, ne prouve pas mieux que celui de la Genëêse la vérité du grand cataclysme dont le souvenir s'est conservé dansles traditions de tant de peuples différents; il a même par sa nature une valeur historique moindre, et, sous ce rapport, on ena peut-être parfois exagéré la portée. Maus il n’en est pas moins intéressant de constater à à quel point ces deux récits s'accordent ensemble, malgré des divergences

(4) Voir G. Smith, hold eèn account of the Deluge ; Fr. Lenormant, le Déluge et l'épopée babylonienne dans Les Premières civilisations, LAS

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asseznombreuses. Jene puis naturellement relevericitous les détails sur lesquels ilsse ressemblent ou différent. Qu'il nous suilise de dire que, malgré des différences de chiffres et de mesures dont personne, je pense, nesongera à s’éton-. ner, ils offrent des analogies frappantes pour tout ce qui concerne la construction de l’arche, l’étendue de inondation, l'envoi des oiseaux, la descente de l’arche sur une montagne, etc. Mais il est un point qui mérite d’être relevé, parce qu’il n’en est pas fait mention dans le récit de Bérose : c’est que, d’après le poëte chaldéen, aussi bien que d’après la Bible, le déluge fut un châtiment infligé aux hommes en punition de leurs péchés. — Il est vrai que les trois copies du poëme, au moyen desquelles M. G. Smith est parvenu à reconstituer le texte de ce précieux fragment, ne datent que de 650 ans environ avant notre ère, puisqu'elles furent faites par les ordres du roi Assour-bani-pal. Mais divers indices tendent à montrer qu’elles ne sont que la reproduction dun exemplaire beaucoup plus ancien, qui existait dans la ville d'Erek en Chaldée et qui remontait, suivant toutes les probabilités, au premier empire de Chaldée, c’est-à-dire au moins dix-sept cents ans avant notre ère, ou trois siècles environ avant Moïse. On peut, me semble-t-il, conclure sans témérité de ce fait que la tradition du déluge fut apportée par les Hébreux avec plusieurs autres des rives de l’Euphrate, lorsque, sous la conduite d'Abraham, ils quittérent la Basse- Chaldée, où était située la ville d’Our, et se dirigèrent vers le pays de Canaan. Il n’y a donc rien d’impossible à ce que le récit de ce grand événement contenu dans la Genèse provienne de Moïse ou même d’un ou plusieurs auteurs antérieurs à Moïse.

On n’a trouvé jusqu'ici dans les monuments assyriens aucune allusion certaine à la construction de la tour de Babel ou à la confusion des langues. Il est vrai que M. Oppert a cru pendant quelques temps avoir découvert une allusion de ce genre dans une inscription de Nabucodonosor retrouvée à Borsippa, près de Babylone (1). Mais il a lui-même depuis longtemps reconnu son erreur, — erreur, il faut l'avouer, assez étonnante, — et s’est rangé sur ce point, avec raison, à l'interprétation

(1) Cette inscription a été publiée et traduite par M. Oppert dans le Journal asiatique, 1857.

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des savants de l’école anglaise. Tout ce qu'on peut dire avec quelque probabilité, c’est que lédifice antique, inachevé et depuis de longues années tombé en ruines, que Nabucodonosor se vante dans cette inscription d'avoir réparé et achevé et qu'il nomme « le Temple des vi lumières de la terre » c’est-à-dire des sept planètes, « le monument de Borsippa, » était celui auquel les Hébreux et les Assyriens rattächaient la tradition de la confusion des langues.

Les inscriptions cunéiformes fournissent déjà des renseignements du plus haut intérêt sur les origines des empires chaldéen et assyrien, sur les villes d5 Babel, Erek, Accad et Calné, qui furent, d'aprés la G enëse, « le commencement du royaume » ” de Nemrod, sur 1 pays de Sennaar où elles étaient situées, ete. ; elles servent à nous faire mieux comprendre les courtes indicatiôns du chapitre x° de la Genèse. Mais ce sujet offre encore trop de lacunes et d’obscurités pour qu’il me fût possible de Paborder ici.

Les documents assyriens jettent aussi quelque lumiére sur l’origine du peuple hébreu. IL paraît certain, par exemple, que ta ville d’Our des Chaldéens, d’où sortit. Abraham, et dont la position a été l’objet de tant de controverses entre les interprètes, était située au sud de Babylone sur la rive droite de l’Euphrate. Partis des bords du bas Euphrate, les Hébreux remontèrent donc ce fleuve jusqu’au nord de la Mésopotamie, où ils résidèrent quelque temps dans la ville de Harran, fréquemment citée dans Les inscriptions, et d’où ils se dirigèrent ensuite vers le pays de Canaan. Certes, rien ne devait à cet égard nous inspirer des doutes sur l’exactitude des données bibliques, mais il n’en est pas moins intéressant de les voir confirmées par les ressemblances si remarquables de traditions et de langage qui existaient (nous le savons beaucoup mieux aujourd? hui) entre les Hébreux et les populations sémites des bords de lEuphrate. Le nom primitif du père des croyants, Abram, se conserva même trés-longtemps dans les régions d'où il était parti, et il figure dans une liste chronologique comme le nom d’un des magistrats éponymes du temps d’Assarhaddon, au vil siècle avant notre ère, mille ans et plus aprés Âbraham..

Les inscriptions assyriennes éclairent aussi d’une manière remarquable l’un des événements les plus éton-

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nants et les plus obscurs d2 ces temps reculés. Le livre de Ia Genèse raconte, vous vous en souvenez, qu'à l’époque d'Abraham, les habitants de Sodome, de Gomorrhe et des villes voisines avaient été soumis pendant douze ans au roi d'Elam Kedor-lahomer, et qu'au bout de ce temps, s'étant révoltés, ils furent de nouveau battus par ce monarque, qui marcha contre eux avec les rois de Sennaar, c’est-à-dire de Babylonie, d'Ellassar, c’est-à-dire probablement d’une portion de lAssyrie, et des nations, c'est-à-dire peut-être de certaines tribus nomades. L’Assyrie et la Chaldée étaient donc, suivant toute apparence, soumises à cette époque aux rois élamites. La vérité de ce fait et du récit biblique qui nous le fait connaître ressort avec évidence du contenu de plusieurs documents. Nous savons, en effet, par les inscriptions d’Assour-bani-pal, que, 1635 ans avant ce monarque, c’est-à-dire près de 2300 ans avant notre ère, un roi d'Elam, nommé Koudour-nankhoundi, s'était emparé de la Babylonie et en avait dépouillé les tempies (1). Un autre monument nous apprend aussi qu’un ancien roi babylonien, nommé Koudour-mabouk, peut-être descendant du premier, se vantait d’être « le dominateur » ou « le vainqueur de l'Occident, » c’est-àdire des contrées connues plus tard sous le nom de Palestine et de Phénicie. Il est infiniment probable que Kedor-lahomer, dont le nom offre une ressemblance si frappante avec ceux que je viens de citer, appartenait à la même dynastie, et il n’y a plus lieu de s'étonner qu’il ait poussé ses conquêtes jusque sur les bords du Jourdain.

Il faut descendre jusqu'au xr° siècle avant notre ère pour trouver une nouvelle trace des rapports de l’Assyrie avec la Palestine ou du moins avec les peuples voisins. Jusqu’alors les rois assyriens n'avaient pas encore suffisamment affermi leur empire, ils étaient en particulier trop souvent en guerre avec Babylone pour songer à étendre leurs conquêtes du côté de l’Occident. Mais à cette énoque, c’est-à-dire peu avant Samuel et l’établissement de la royauté en Israël, un grand conquérant nommé Touglat-pal-asar, comme le roi assyrien contemporain d'Esaie, dont la Bible nous a conservé le nom, après avoir reculé les bornes de son empire, à

(1) G. Smith, History of Assurbanipal, p. 234, 249, 250. | 2

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l’est jusqu’à la Médie, au nord jusqu’à l'Arménie et à « la mer supérieure » c’est-à-dire à la mer Caspienne, se dirigea vers l'Occident, franchit l’Euphrate, ravagea le pays d’Aram et des Hettiens et pénétra jusqu’en Phénicie (1). Mais il n’entra pas en contact avec le peuple d'Israël; aussi les livres saints ne contiennent-ils aucune allusion à ces événements.

On a cru jusqu'ici, Messieurs, d'aprés les documents bibliques, que les Hébreux n'étaient entrés en relation avec les Assyriens qu’au vire siècle avant Jésus-Christ, à l’époque où Phoul, Téglat-phalasar, Salmanasar vinrent successivement soumettre à un tribut, envahir et finalement détruire le royaume d'Israël. C’est là une erreur que les monuments assyriens sont venus enfin rectifier. Plus d’un siècle auparavant, deux rois d'Israël, dont les nomsont été retrouvés dans les inscriptions, Akhab etJéhu, avaient senti le poids des armes assyriennes ou s'étaient volontairement résignés à payer tribut au grand roi. Le père d'Akhab lui-même, Homri, le fondateur de la ville de Samarie, n’était pas ‘inconnu aux Assyriens, puisqu'ils nomment toujours le royaume. des Dix Tribus «le pays de la Maison de Houmri » ou même « le pays de Houmri ».

Après ce Touglat-pal-asar I dont je viens de parler, qui, vers l’an 1100, avait poussé ses conquêtes jusqu’à la Méditerranée et- "qui résidait encore à Kllassar (ou plutôt Al-Assour, c’est-à-dire la ville d’Assour), la première capitale’ de l'empire d’Assyrie, le trône fut occupé par une dizaine de monarques, dont nous ne connaissons guêre que les noms, et qui transportérent lé siége de l'empire d’abord un peu plus au nord, à Calakh, puis encore plus au nord, à Ninive. Tout porte donc à penser que la puissance assyrienne fut singulièrement affaiblie pendant tout le xr° et le x° siècles, sous des rois pacifiques qui s’occupérent de constructions ef de travaux d'art beaucoup plus que de conquêtes ; et c’est ce qui explique que David et Salomon aient pu, à la même époque, porter jusqu’à l’Euphrate les frontières de leur royaume. Mais les choses changèrent de face à la fin

. du x° siècle, -ou au commencement du 1x°. Vers ce temps, un grand monarque, nommé Assour-nassir-pal, repre-

(4) Voir, pour tout ce qui suit : E. Schrader, Die Keilinschriften und das A-T., Ménant, Annales des rois d'Assyrie ; Op Histoire des empir es de Chaldée et d’Assyrie, etc.

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nant la politique de Touglat- pal-asar I°", abandonnée depuis près de deux cents ans, étendit de nouveau de tous côtés les limites de l'empire assyrien, en particulier du côté de l’occident, où il battit les "Hettiens ou n pue pénétra dans le Liban eti Imposa des tributs à Tyr, à Sidon, à Byblos, à Aradus et à plusieurs autres villes de la côte. Il ne paraît pas toutefois avoir essayé de soumettre le royaume d'Israël. Il en fut autrement de son successeur, nommé Salman-asar, comme le roi, bien connu des lecteurs de la Bible, qui vint environ un siècle et. demi plus tard mettre le siége devant Samarie, mais qu'il faut naturellement bien se sarder de confondre avec lui. Le Salmanasar dont nous parlons en ce moment était contemporain d’Akhab et de Jéhu, et c’est dans ses inscriptions que les noms de ces deux rois d'Israël ont été retrouvés, ainsi que : ceux de Ben-Hadad ou plutôt Ben-héder (1) et Hazaël, rois de Damas, que l'Écriture sainte nous montre si souvent en œuerre avec les premiers.

Dès le début de son règne, ce Salmanasar (ou plutôt -Salman-asir), qui paraît avoir été le quatrième du nôm, porte ses armes victorieuses jusqu’au bord de la mer Méditerranée, ou, pour employer le langage des Assyriens, jusqu'au bord de la mer du couchant du soleil. Le royaume d'Israël futl déjà attemt par cette invasion ? nous l’isgnorons, mais quand même il ne l'aurait pas été directement, — ce qui est vraisemblable, — il n’en est pas moins évident que la puissance colossale et de plus en plus envahissante de l’Assyrie l’exposait aux plus grands dangers. Aussi Akhab, qui régnait alors à à Samarie, comprit la nécessité de joindre ses efforts à ceux des nations voisines pour résister à l'ennemi commun. Mettant enfin un terme à leurs longues hostilités, Ben-héder et Akhab se réconciliérent eÿ traitérent alliance, comme nous apprend le premier livre des Rois (xx, 34), et une inscription de Salmanasar IV nous apprend à son tour qu’ «Akhab l’Israélite » (ou plutôt le Jizreélite), fournit 200 chars et 10000 hommes à la confédération syrienne, qui, sous la conduite de Ben-héder, tenta inutilement la fortune des armes contre les Assyriens. Ces douze rois, parmi lesquels nous remarquons encore

(i) En assyrien Ben-idri. Le premier élément de ce nom est formé par le monogramme du dieu Ben ou Bin.

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