‹ Les insectes de la vigneChapitre 106 sur 187 · I. — DESCRIPTION ET BIOLOGIE · texte numérisé non relu

I. — DESCRIPTION ET BIOLOGIE

UAllica ampelophaga à l'état parfait a été, comme nous l'avons dit, confondue avec VA. oleracea, espèce beaucoup plus répandue, qui habile les bois, les prairies et les jardins dans toute l'Europe et qui a été décrite par Linné sur des exemplaires trouves en Suède. Nous signalerons de notre mieux les différences qui les distinguent, mais nous donnons tout d'abord de l'espèce qui attaque la vigne la description suivante:

Le corps, en ovale allongé, est long de 3 millim. 50 à 4 millim. 50, large de 2 millim. 50 à 3 millim., entièrement d'un vert brillant foncé ou d'un bleu brillant métallique, et, en comparant un grand nombre d'individus, on trouve toutes les nuances entre ces deux couleurs. La tête est petite ; les yeux noirs et saillants ; le front brillant, bien que finement rugueux ; Fig. 58. — Attise de la face munie entre les antennes d'une carène saillante ; Yépistomc et le labre bronzés ; les antennes filiformes, longues, atteignant le tiers de la longueur des élytres et dépassant parfois la moitié, brunes avec les premiers articles métalliques ; les mandibules et les palpes bruns. Le prothorax, plus étroit à sa base que la saillie des élytres, est d'un tiers plus large que long, marginé sur ses bords latéraux, ayant à sa base un large sillon transversal, sinueux à ses deux extrémités et rejoignant la marge latérale, finement ponctué, plus fortement vers les angles antérieurs et sur le sillon transversal. Uécusson, petit, triangulaire, est court et arrondi vers sa pointe postérieure. Les pieds, de même couleur que le corps, ont les tarses bruns, les cuisses renflées pour le saut, comme chez toutes les Altiies du reste. Les élytres sont couvertes d'une ponctuation inégale, confuse ou en séries longitudinales, les ailes d'un roux sombre avec les nervures brunes. L'abdomen, composé de cinq segments, est fîueraent ponctué, le cinquième arceau supérieur ou pygidium creusé d'un sillon longitudinal.

UAltica ampelophaga diffère surtout de VA. oleracea par sa taille plus grande. Cette dernière espèce ne dépasse pas 3 millim. à 3""", 50 de long et lmra,75 à 2 millim. de large ; la forme générale de son corps est eu ovale plus régulier, avec la teinte du dessus tirant parfois sur le cuivreux, et celle du dessous toujours sur le noir foncé.

l'altisE DE LA \ Ii;m:. ;j )7

Hivernage de Vinseete. — L'Altisede la oigne passe l'hiver à l'état parfait, abritée sous les écorces, les feuilles mortes, dans les fontes des murs. et ce sont surtout chez nous les vignobles plantés en gradins soutenus par des murs de pierres sèches ou ceux qui se trouvent le long îles routes plantées de platanes aux écorces soulevées, qui ont a souffrirde cet ennemi. En France, en Italie et même en Espagne, les ravages, bien que graves certaines années, n'étant pasà comparer à ceux du nord de l'Afrique, nous n'insisterons pas sur ces abris d'hiver en ce qui concerne l'Europe; mais nous emprunterons à un travail de M. Lecq ' un passage touchant cel hivernage de l'insecte en Algérie :

« L'altise cherche au plus près un abri pour l'hiver. On la trouve alors sous les écorces des vieilles souches, dans les touffes de chiendent, dans le.» interstices des murailles et même dans les mottes de terre sèche. Quand l'insecte ne trouve pas un refuge dans la vigne même, il gagne la bordure du champ. Les amas de feuilles sèches, les brindilles de toutes sortes, les dérris qui jonchent le sol au pied des haies, sont ses retraites pour la saison des pluies.

«L'altise se remise aussi dans les fentes des troncs, sous les feuilles des arbres qui ne se dépouillent pas pendant l'hiver. Sur les bords des vignobles, les cyprès, les lentisques, les pins, les mûriers, les faux poivriers, les eucalyptus, se montrent parfois couverts d'altises. Les troncs des mûriers qui bordent les vignes paraissent souvent bleus, tant ils portent d'insectes.

»Sur V Eucalyptus resinifera, l'altise se loge dans les fentes que présente l'écorce. Sur VE. g lobulus, c'est sous les lamelles de l'écorce qui s'exfolie qu'elle se réfugie.

iUn agriculteur de la Metidja, très connu par les magnifiques plantations d'eucalyptus qu'il a entreprises, nous disait qu'en voyant le nombre prodigieux d'altises remisées sur ses redgum, il avait pensé un instant devoir les détruire autour de ces vignes. Mais en réfléchissant que par la il ne ferait qu'augmenter la dissémination des altises, alors cornent en un même point, il se ravisa, et au lieu d'abattre ses arbres il en lit brosser le tronc pour en recueillir les insectes dans un entonnoir échancré disposé à la base de l'arbre.

n h1 Eucalyptus g lobulus n'est pas aussi facile à nettoyer. Avant de brosser, il est nécessaire d'enlever les écorces qui, encore adhérentes, recouvrent les insectes hivernant.

» On trouve encore l'altise en colonies très nombreuses, dans leadiss,

1 Ilipp. Lecq; L'Allise de la vigne. Alger. 188i.

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les palmiers nains, les ronces, les romarins, les haies de cactus, de roseaux ou d'agaves, dans les luzernes, les chaumes, les vieilles souches de tabac, les artichauts, les ricins, etc., même dans les fentes des poteaux télégraphiques qui traversent la plaine de la Metidja. »

Dès que le soleil printanier a fait éclore les bourgeons de la vigne, en mars pour le sud de l'Espagne et l'Algérie, en avril pour le midi de la France, les altise^ sortent de leurs retraites, prennent leur vol, s'abattent en foule au plus près, sur les feuilles naissantes qu'elles commencent à dévorer, les perçant de milliers de petits trous (PI. III, fig. 5), s'attaquant même aux jeunes sarments. Le jeûne de l'hiver aussitôt reparé, l'accouplement s'opère et la ponte commence. Celle-ci terminée, l'insecte ne tarde pas à mourir.

h' œuf. — Les œufs, au nombre d'une trentaine environ, un peu moins en France, un peu plus en Algérie, sont pondus au revers de la feuille en une ou plusieurs plaques séparées. Ils sont jaunes, ellipsoïdes, ont un diamètre d'environ un quartdemillim. sur une longueur d'un demi-millim., et chacun est surmonté d'un petit amas brun terminé en pointe. Mis par nous sous le microscope, cet appendice s'est montré formé d'un fragment de déjections de l'insecte.

C'est là bien certainement un moyen de protection contre les espèces carnassières. Cette supposition est appuyée sur l'exemple d'autres insectes de la famille des Chrysomélines, tels que les Criocères, qui, à l'état de larves, sont toujours abrités sous une couche épaisse de leurs excréments, et protégés ainsi efficacement contre les oiseaux.

La larve. — Au bout de sept à huit jours, et pendant les mois chauds au bout de six, l'enveloppe de l'œuf, qui peu à peu s'est rembrunie en passant parla couleur jaune orange à mesure que l'embryon se développait, livre passage aune petite larve jaune. Bientôt après, celle-ci commence à ronger la face inférieure des feuilles, attaquant le parenchyme sans atteindre la cuticule supérieure. Cette dernière cependant se dessèche peu à peu, et au bout de deux ou trois jours les parties rongées, d'abord jaunes, puis de couleur feuille morte, sont très visibles en dessus du limbe (PI. III, fig. 5). Si les larves sont nombreuses, la feuille arrive à se dessécher en grande partie, et l'insecte va en attaquer une autre.

Six ou sept jours après sa naissance, la larve, qui de jaune est devenue brune, change de peau. Cette mue, d'après M. Lecq, dure environ vingtquatre heures, après lesquels l'insecte se remet à manger pendant quatre jours. Il est alors devenu noir et ressemble à une petite chenille (PI. III, fig. 5). L'analogie est d'autant plus grande que cette larve, comme on le

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verra dans notre description, est, en outre de ses six pieds, aidée dan- sa marche par un mamelon ambulatoire rétraclile placé au bout de l'abdomen.

Vers le douzième jour a lieu une seconde mue, après Laquelle l'insi mange encore pendant quatre jours.

Lo larve, alors âgée de 16 à 18 jours, parfois de 15 seulement si la température est très chaude, descend le long des bras et du tronc de la souche et s'enfonce environ à 10 centim. dans le sol. C'est du moins a cette profondeur que nous avons trouvé les nymphes dans les éducations faites dans notre laboratoire de l'Ecole d'Agriculture de Montpellier. La elle se forme une loge ovale aux parois soigneusement tassées, dans laquelle s'opère la métamorphose en nymphe.

Avant de parler de cette dernière, nous donnerons de la larve adulte la description suivante :

Longueur G millim. environ, sur lmm,50 de large.

Corps noir allongé, cylindrique, mou, cruciforme, composé de douze segments non compris la tête et un mamelon ambulatoire anal. La tête est lisse, brillante, garnie de quelques poils raides portant deux courtes antennes coniques de trois articles. Les segments du thorax et ceux de Vabdomen, moins brillants que la tète, portent chacun en dessus et en dessous une série transversale de petits tubercules d'un noir brillant surmontés de longs poils, ceux du dos à extrémité renflée en forme de poire, hyaline et d'apparence glandulaire. Ces tubercules rangés régulièrement forment sur l'ensemble des segments des lignes longitudinales. Les six pattes sont relativement courtes, écartées, faisant saillie latéralement quand l'animal marche, noires, composées de cinq pièces, bien visibles seulement au microscope et terminées par un ongle court, recourbé et de couleur faim'. En dessous de cet ongle se voit une vésicule ou ventouse membraneuse hyaline, débordant l'ongle et permettant à la larve de marcher sur des corps verticaux très lisses. L'abdomen est terminé par le mamelon ambulatoire anal dont nous avons parlé, sorte de pseudopode charnu, extractile, au centre duquel est l'anus, et qui l'ait saillie toutes les fois que la larve recourbe son extrémité postérieure pour chercher un point d'appui et porter en avant.

La nymphe. — Audouin, parlant de cette forme de l'altise. dit qu'elle est d'un jaune assez vif et qu'elle est fixée sur les feuilles. Nous l'avons personnellement observée entièrement blanche et enfermée, comme nous l'avons dit, dans une loge souterraine, à une profondeur d'environ in ri qtimètres. Il n'y a pas contradiction entre ces deux observations. Ayant i u plusieurs fois, ces années dernières, l'occasion de trouver des nymphe-

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clans des boîtes où avaient été enfermées, avec des feuilles, des larves d'altises adultes, nous avons constaté que, lorsque la métamorphose s'opère ainsi hors du sol, la nymphe revêt cette livrée d'un jaune vif et se trouve dans les replis des feuilles. Audouin, apparemment, avait omis de fournir aux larves en observation la possibilité de s'enterrer.

Qu'elles soient blanches ou qu'elles soient jaunes, les nymphes répondent à la description suivante :

Corps court, 4 millim. au plus, sur une largeur de près de 3, la tête étant inclinée sur le devant du thorax et ne faisant pas partie de la longueur, garni de tubercules surmontés d'un poil raide et brun, et rangés transversalement sur chaque segment. Antennes passant derrière les deux premières paires de pattes, appliquées contre le corps sur les ailes et se recourbant en dessous vers le milieu du corps. Pattes également appliquées contre le corps, ainsi que les ailes, qui se recourbent en dessous du thorax passant entre les pattes intermédiaires. Abdomen, seule partie mobile du corps, atténué à l'extrémité, recourbé en avant et terminé, comme chez la nymphe du Gribouri, par deux éperons; ces appendices seulement plus bruns, plus droits, plus divergents, légèrement recourbés à l'extrémité et ne servant qu'aux déplacements de l'insecte dans sa loge.

Toutes les parties du corps se cbitinisent graduellement et se rembrunissent, en commençant par les yeux, les parties de la bouche, les antennes et les pattes, continuant par la tète et le dessus du thorax Au bout de huit jours environ, la nymphe, ayant rejeté sa cuticule vers l'extrémité abdominale, est devenue un insecte parfait. Celui-ci a tout d'abord le dessous du corps blanc ainsi que les élytres ; mais vingt-quatre heures après, les couleurs, d'abord brunes, puis métalliques, ont apparu, et l'altise suffisamment solidifiée ne tarde pas à sortir de sa loge souterraine pour prendre son \o\, brouter les feuilles et recommencer le cycle de ses métamorphoses.

Multiplication de V Insecte. — Nous avons obtenu dans notre cabinet jusqu'à cinq générations dans l'année, mais en fournissant à nos altises des feuilles toujours tendres, en les mettant surtout à l'abri des froids et des vents printaniers, pendant lesquels, au dehors, elles fussent restées inactives et blotties sous les écorces. A l'état de nature, il n'y a pas plus de trois ou quatre générations.

Y compris le séjour plus ou moins long de l'insecte parfait dans la loge quia abrité la nymphose, il faut, en effet, compter environ quarante-cinq jours pour le cycle complet, c'est-à-dire depuis la ponte de l'œuf jusqu'à celle de l'iusecte qui en est sorti. Pour peu que des intempéries surviennent, le délai est porté a cinquante ou soixante jours. Les insectes n'apparaissant

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au dehors, on Europe du moins, que d'avril à septembre, c'est-à-dire pendant six. mois, il n'y a donc bien chez nous, à l'air libre, que trois ou quatre générations. Il est possible que ce nombre soit dépassé en Andalousie et en Afrique. Après le Phylloxéra, qui, dans l'année, en a cinq ou six el de plus est doué de la parthénogenèse, VAltise est donc l'insecte ampélophage qui se multiplie le plus.

En calculant seulement sur trois générations avec une moyenne de trente œufs, on trouve qu'en septembre, la descendance d'une seule femelle hivernante serait tbéoriquement de 27,000. Mais il est juste de dire que pendant l'été, les feuilles de la vigne étant devenues dures, un grand nombre de jeunes larves meurent sans pouvoir manger. On observe ce fait, même eu captivité, avec des feuilles choisies.

En Algérie, les vents chauds et secs ont, d'après M. Lccq, la propriété de dessécher les œufs et de tuer les larves sur la feuille. Le siroco africain, souvent si malfaisant, a donc pour effet de débarrasser la vigne d'une grande quantité de ces hôtes dangereux.

Dans le midi de la France, les vents violents contribuent également à en réduire le nombre. Les larves précipitées sur le sol, plus ou moins blessées par l'agitation des feuilles, exposées aux rayons du soleil, meurent sans pouvoir remonter sur la souche.

Soit que l'insecte parfait recherche les endroits à l'abri du vent pour s'y établir et y pondre, soit que la larve puisse mieux s'y développer, nous avons toujours observé que les localités sans cesse balayées par le vent étaient bien moins ravagées que les endroits abrités. M. Lecq, en ce qui concerne l'Algérie, est aussi très affirmatif sur ce point.

Notre insecte a enfin un ennemi naturel dont Audouin a nié l'importance, allant même jusqu'à douter de ses habitudes carnassières, et qui cependant détruit un assez grand nombre d'altises. Il se nourrit non seulement de l'Altise delà vigne, mais de plusieurs autres espèces du même groupe.

C'est un hémiptère de la famille des Pentatomides. une punaise des bois, pour nous servir du nom vulgaire, le Zicrona cœrulea. Cette espèce, décrite par Linné, se trouve dans toute la zone tempérée, de la Surde a l'Algérie. Le corps, long de 7 à 8 millim., est aplati comme celui de tous les Pentatomides et relativement large. La robe est d'un bleu métallique avec des reflets verts rappelant les couleurs de l'altise ; la partie membraneuse des élytres, c'est-à-dire l'extrémité, est brunâtre.

Cet insecte a été pour la première fois signalé comme parasite de l'altia par Cazalis-Allut. Dunala confirmé l'observation dans son travail sur les Insectes de la vigne (1832), et maintes fois nous avons pneu vérifier l'exactitude.

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A peu près partout où il va des altises dans les vignes, on rencontre cette punaise bleue, et bien souvent on la trouve le rostre plongé entre les serments de sa victime ; elle lui suce le sang en la saisissant avec les pattes antérieures, l'attaquant surtout à l'état de larve, mais aussi à l'état parfait et même, d'après M. Lecq, à l'état d'œuf.

Nous croyons utile de donner en note ' quelques renseignements de plus sur les mœurs de cet utile auxiliaire.

La descendance d'une altise femelle hibernante, que nous avons vue être théoriquement de 27,000 individus, est donc fortement réduite à l'automne par le fait du vent, de la sécheresse et des attaques de la punaise bleue ; mais, pour peu que la saison soit pluvieuse, les vents secs et violents moins fréquents, elle peut être encore de plusieurs milliers d'individus.

Migrations. — Comme complément à ce que nous venons de dire des mœurs de l'altise, nous ajouterons quelques mots sur ses migrations à l'état parfait. En France et en Italie, le mal, localisé dans certains quartiers, ne gagne guère les vignobles voisins, et les migrations par vols nombreux sont très rares. Il n'en est pas de même dans le sud de l'Espagne et en Algérie. Comme le dit très bien M. Lecq, l'altise saute plutôt qu'elle ne vole, et c'est toujours aux abords des refuges d"hiver que sont constatées au printemps les colonies les plus nombreuses. Ce n'est que progressivement que l'insecte

1 Le Zicrona cœrulea hiverne dans les mêmes abris que Y Altise, et d'après M. Lecq, auquel sont empruntés plusieurs des détails qui suivent, on le rencontre là dans la proportion de cinq à six pour mille. Pendant l'hibernation, il semble ne prendre aucune nourriture.

Au printemps, les punaises bleues apparaissent dans les vignobles quelque temps après Y Altise. Bientôt les femelles pondent une cinquantaine d'oeufs sphériques. Afin d'assurer la nourriture des petits qui en naîtront, les mères proportionnent le nombre d'œufs qu'elles déposent sur chaque feuille à celui des œufs déjà pondus par Y Altise.

Le jour de la ponte, les œufs sont blancs ; dès le lendemain, ayant pris peu à peu une teinte foncée, ils sont devenus d'un noir brillant. L'éclosion a lieu quatre ou cinq jours après la ponte.

Comme chez tous les Hémiptères, l'état larvaire ressemble à la forme parfaite, il n'en diffère guère que par l'absence d'ailes. Au sortir de l'œuf, il est de couleur rougeâtre, teinte qu'il conservera plusieurs jours, prenant peu à peu toutefois des reQetsbleus. Après une mue, des fourreaux d'ailes apparaissent, l'insecte est devenu d'un bleu métallique : c'est l'état de nymphe. Puis, une dernière mue opérée, les ailes se développent et nous avons la forme parfaite. Sous ces trois états, l'iusecle se nourrit surtout de larves d' Altises proportionnées à sa taille et, quand il est adulte, il en détruit une douzaine par jour.

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se répand dans le reste du vignoble, et ceci explique roninicnt, de deux. champs continus, l'un peut être dévasté et l'autre indemne.

Si le saut était le seul moyen de locomotion de l'altise, les dégâts qu'elle cause seraient localisés, et, par une chasse active dans un rayon déterminé, on pourrait maintenir le mal dans de faibles limites. Mais lorsque tout est dévoré dans un quartier, les insectes, faisant usage de leurs ailes, émigrent par essaims considérables, vont fondre sur les localités indemnes et parfois sont emportés par le vent à de nombreux kilomètres de leur point de départ.

M. Lecq cite un propriétaire du Sabel qui a assisté à une véritable pluie d'altises dans sa vigne, alors que les vignobles les plus voisins étaient a deux kilomètres du sien. A la Maison-Carrée, près Alger, un jour de marché, une pluie du même genre a été constatée. Dans nos généralités sur l'insecte, nous avons cité, d'après M. le Dr Cazaiis, un fait analogue concernant Bouffarik.

On voit combien une lutte énergique, en quelque sorte incessante, s'impose aux vignerons algériens, et il est à craindre que le mal n'aille encore crescendo, la vigne étant, par son mode de culture et son extension croissante, un milieu essentiellement favorable à la multiplication de l'altise.

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