‹ Les insectes de la vigneChapitre 122 sur 187 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Le genre Vesperus a été créé par Latreille (1829J pour unLongicorm

de Provence [V. slrepens) découvert par Olivier et décrit par Fabricius au siècle dernier, sous le nom de Stenooherus strepens. Trouvée pour la première fois par Léon Dufour, en 1813, dans les montagnes de Moxentc, près Valence (Espagne), la femelle de l'espèce qui nous occupe a été décrite par Mulsant en 1839' et dédiée à un M. Xatart, de Pratz de Mollo [Py renées- Orientales), qui en avait recueilli dans celle localité un second individu femelle. En 1850, Jacquelin Duval décrivait le mâle dans les Annales de la Société enlomologique de France. L'auteur du Gênera des Coléoptères d'Europe avait pris cet exemplaire à Prades (Pyrénées- Orientales) . L'espèce était donc bien positivement française.

Depuis lors, on n'entendit presque plus parler de ce Longicorne. De loin en loin, on en capturait un individu; très peu de collections le possédaient, les marchands le vendaient au poids de l'or, et il était classé dans ce que les collectionneurs appellent les insectes rares, dont on ne prononce le nom qu'avec un certain respect. Pour le naturaliste, qui en fait de rareté ne connaît guère que les espèces dont l'homme est en train d'opérer la destruction, ou celles dont on ignore la localité précise et l'époque d'apparition, le Vesperus ne pouvait être rare. L'insecte échappait toujours aux recherches, par la bonne raison qu'on Jes effectuait eu été et qu'il apparaît en hiver.

Nos observations sur les mœurs et les métamorphoses de celte espèce, publiées de 1871 à 1875 2 en collaboration avec Lichtenstein, tout en faisant connaître son histoire, ont montré que l'insecte réputé rare est abon I au point d'être un fléau pour la vigne. De la larve, de forme si particulière, connue de temps immémorial des vignerons de l' Aragon sous le nom de Vildas et de ceux du Roussillon sous ceux de Boulou ou de Mengc-Mallols (mange-plantiers), nous avons obtenu le Vesperus à L'état parfait, ainsi que sa ponte et l'éclosion de celle-ci au printemps suivant.

En 1879 enfin, un Mémoire présenté à la Société des Agriculteurs de France par notre ami M. Paul Oliver, de Gollioure, confirmait nos observations, précisait l'époque et la durée de l'apparition, ainsi que les lieux de ponte habituels de l'insecte, et indiquait les moyens de ledétruire.

C'est de ces divers Mémoires que sont tirés les détails biologiques qui suivent, et celui de M. Oliver, si plein d'observations exactes, Beracité bien souvent.

LE VESPÈRE DE XATAHÎ.

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