I. — DESCRIPTION ET BIOLOGIE
Les Lethrus, nous l'avons dit, sont très voisins des Geotrupes, ces bousiers dont nous avons parlé à propos des Pentodon. Ils ont la même conformation, font partie de la même tribu, celle des Gcotrupides, et pour les individus femelles, qui ont la tête et les mandibules relativement peu développées, la confusion est au premier abord possible avec certains Geotrupes
pag. 221. — Walckenaer ; Ann. Soc. ent. de France, 1835, pag. 211. — Vallot; Les Insectes ennemis de la vigne, 1841, pag. 295. — Erichson ; Naturgeschichtc cler Inseelen Di'iilscklands, 1 847-48. — Nordlinger; Des petits ennemis de l'agriculture, 1869, pag. 119. — Emich Gustâv ; Métamorphoses du Lethrus aplerus (Rovartani Lapok, 1884, pag. 30, et Suppl. fr., pag. 4).
LE LETHRE a GROSSE TÊTE. i II
aptères du sous-genre Tiwrcctes. En dehors du corps, relative ni plus
court, et du grand développement de la tête el des mandibules, les /.< thru i se distinguent de suite des Geotrupes par leurs antennes, dont les deux derniers articles sont inclus dans celui qui les précè le. Par suite de cetl structure, les antennes semblent formes de '.I articles seulement et leur massue triangulaire ne peut se déplier en éventail .
Lecorps, relativement court et globuleux [fig.8l |, long de I7à22 millim., large de 1 1 à 13, à surface un peu rugueuse, avec un léger pointillé sur la tète et le thorax, est d'un noir mat, parfois à reflets légèrement bronzés. La tête, très développée par rapport au corps, du moins chez le mâle, triangulaire, ou allant s'élar-
gissantdu vertex aux deux yeux, porte des man~ Ft£. 81.— Lethreàgrosse
... , , . , . j ... . tête, grandeur Daturelle.
ai bu les énormes, dentelées du cote interne et
munies en dessous d'une grande corne ou dent dirigée vers le bas, évidée au côté interne et qui fait de ces mandibules un appareil très meurtrier pour les jeunes bourgeons. Le corselet ou protkorax, près d'une fois plus large que long, est prolongé en pointe des deux côtés antérieurs, ces deux pointes formant au milieu une large échancrure arrondie qui reçoit exactement la tête lorsque celle-ci s'abaisse. Les êlytres, très courtes, arrondies postérieurement, soudées, formant presque une moitié d'hémisphère, sont fortement rebordées sur les deux côtés de l'abdomen, les ailes inférieures étant nulles.
Chez la femelle, la tête est beaucoup plus petite, les mandibules également, la dent inférieure de celles-ci nulle, les pointes antérieures du protborax et le prothorax lui-môme moins développés.
D'après Erichson, cet insecte coupe aussi bien des jeunes pousses do graminées et de pissenlit que des bourgeons de vigne. Comme aucun observateur ne parle de sa nourriture à L'état parfait, et bien que, trompé sans doute par la ressemblance avec les Geotrupes, Nordlinger dise qu'il habite dans les déjections desséchées, il est permis de croire qu'il Be nourrit, comme sa larve, de pousses de végétaux fanées et un peu fermentées. En cela il ne ferait que se comporter comme plusieurs bousiers du genre Aphodius [A. fimctarius, granarius, etc.), qui se trouvent trèé souvent sous les tas d'herbes fanées et demi-pourries entassées dans nos jardins après les binages, et qui ne fréquentent les bouses que lorsqu'elles sont plus ou moins anciennes etfermentées.
Consulté par nous a ce sujet, M. Ilorvath (de Budapestb) nous répond « que notre insecte ne vit jamais dans les déjections et qu'il se nourrit très probablement des plantes avec lesquelles il approvisionne son nid ».