‹ Les insectes de la vigneChapitre 24 sur 187 · I. — HISTORIQUE · texte numérisé non relu

I. — HISTORIQUE

Le genre Cecidomyia, si important au point de vue agricole ou purement scientifique, a dès le xvie siècle attiré l'attention de beaucoup de naturalistes. Malpighi 1628-1694, Réaumur 1736-1740, Scopoli 1763, Schrank 1776-1803, Degeer 1782, Kirby, 1797-1828, Meigen 1803-1838, Vallot 1819-1849, Bouché 1833-1847, Dufour 1837-1801, Perris 1840-1870, Rondani 1840-1874, Ratzeburg 1841-1868, Bremi 1844-1849, Low 1844-1876, Winnertz 1846-1870, Passerini 1850, Scbiner 1854-1868, Laboulbène 1857-1873, Gebin 1860, Giraud 1861-1863, Osten-Saken 1861-1871, N. Wagner 1862-1865, Goureau 1862-1863, Meinert 1864- 1872, B. Wagner, 1866-1871, Riley et Walsh 1868-1872, Haimhoffen 1875, Edler von Bergenstamm 1876, pour ne citer que les principaux, ont publié de nombreux travaux, les uns exclusivement techniques, les autres remplis de science et d'observations sagaees sur les mœurs de ces insectes et les désordres physiologiques causés par eux sur les planles.

Entrer dans le détail de tous ces Mémoires serait sortir de notre sujet. «Le nombre des espèces de Cécidomies, a dit Perris ', est tel et la variété de leurs mœurs si grande, que la vie d'un homme s'épuiserait à revoir tout ce qui a été écrit sur leur compte et à compléter leur histoire.» Nous ne citons donc, dans la Note bibliographique et dans cet exposé historique, que les travaux concernant les diverses Cécidomies ampélophages, et renverrons pour les Mémoires parlant des autres espèces au Synopsis Cecidomyidarum de MM. Julien Edler von Bergenstamm et Paul Lôw. Ce travail éuumère 141 auteurs et 291 Ouvrages ou Mémoires dans lesquels il est question de 606 espèces de Cécidomies, attaquant 325 espèces de plantes.

Tout d'abord signalons ce qu'au xvne siècle disait Malpighi (An. plant., pars altéra, pag. 39, PI. XVI, fig. 58). Le vieil auteur parle d'une mouche produisant des galles ovales sur les vrilles de la vigne. Le travail de Vallot, dans lequel nous puisons ce renseignement (pag. 316), n'en dit pas davantage ; mais nous ne pouvons voir dans ces galles causées par une mouche autre chose que celles d'une Cécidômie ayant, comme nous l'avons observé à Montpellier, piqué les vrilles de la vigne. Dans les auteurs du xvin° et ceux de la première moitié du xixe, rien de semblable n'est mentionné. Ce n'est qu'en 1854 que des galles causées par

1 Perris; Les Diptères du Pin maritime {Ann. Soe. ent. de Fr., pag. 18?, 1870).

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des Cêcidomics ont été vues d'une façon certaine sur la vigne d'Europe par M. IlaimliolVen, de Vienne; niais l'observation n'a été publiée que [dus tard, et c'est eu 18G"2 que pour la première fois une Cecidomyia (Lasioptera) vitis, vivant sur la Vitis riparia, a été décrite par M. Osteu-Saken dans sa Monographie des Diptères du nord de V Amérique. L'entomologiste russe a publié ensuite une Cecidomyia viticola également américaine, dont il n'a observe que la larve et la galle. MM. Walsli et Riley, de leur côté, ont donné l'histoire et la description de deux espèces, toujours des Etats-Unis, C. Vitis-coryloïdes vivant sur Vitis coxlifolia, et C. Vitis-pomum vivant sur Vitis cordifolia, labrusca, riparia et vulpina. Les galles ont été figurées par ces deux auteurs. Dans son Catalogue des Diptères du nord de l'Amérique, publié en 1878, M. Osten-Saken cite ces divers travaux.

Le Mémoire de M. HaimliofTen renfermant la description de l'espèce européenne vivant sur Vitis vinifera est de 1875. w J'ai trouvé, dit-il, des galles de Cécidomie sur une vigne cultivée, le 15 juin 1854, au N.-O. de la ville de Vienne, derrière Gerstbof, sur une colline ayant un de ses versants exposé au Midi et découvert. Dans la seconde moitié d'août 1854, j'ai essayé l'élevage de plusieurs de ces producteurs de galles et je n'ai obtenu que deux espèces d'Hyménoptères parasites de la famille des Cbalcidieus. Une publication à ce sujet devait être retardée pour ne pas publier des choses douteuses. Soit par suite de circonstances atmosphériques ou toute autre cause, j'ai passé huit ans sans retrouver ces galles. C'est le l" juin 1869 que je les ai rencontrées de nouveau dans les vignobles situés au pied du Geisberg, près Perchtoldsdorf ; enfin trois ans plus tard, le 11 juin 1865, j'ai trouvé de ces galles en pleine maturité, au nombre de 19 sur une seule feuille. Dès le lendemain, presque toutes les larves étaient sorties et s'étaieut cachées dans la terre du récipient. Le 27 juin, donc seize jou's plus tard, sortirent les premières Cêcidomics à l'état parfait, mais rien que des femelles. Huit jours après, le 19 juin 1865, je découvris encore plusieurs galles habitées ; le 7 juillet, la plupart étaient sèches, d'autres étaient abandonnées par les larves et laissaient voir un petit trou de sortie sur la face inférieure. Depuis cette époque, il s'est encore passé dix ans jusqu'à ce que j'aie pu obtenir quelques producteurs par éducation. Grâce à moi, la présence de ces galles n'avait [tas échappé à quelques autres observateurs autrichiens : ainsi, j'ai reçu de M. Von Bergenstamm une feuille de vigne sauvage cueillie à Rubia, près Garz, avec une galle qui, quoique desséchée, était inconnaissable."

Notre regretté ami Lichtenstein a le premier, en 1878, trouvé à Moutpellier l'insecte d'IlaimholTen, et il se disposait a le décrire sous le

nom de Cecldomyia utils, lorsqu'il eut connaissance du Mémoire autrichien. Depuis cette époque, nous l'avons personnellement rencontré plusieurs fois dans le département de l'Hérault, à Béziers, à Agde et à

Fig. 4. — Feuilles de vigne avec galles de Gécidomies.

Montpellier; nous avons également reçu de M. Bayle, d'Aiguesmortes Gard), une quantité considérable de galles. Elles abondent, parait-il, dans

cette localité et se trouvent surtout sur la vigne sauvage dans les baies, placées de préférence sur les rameaux latéraux .

Un second Mémoire sur des Cécidomies trouvées sur la vigne en Europe date de 188G. Il est dû à un italien, M. le professeur Antoine Aloï, qui a rencontré ces insectes dans la plaine de Catane. Cet auteur ne donne pas de nom d'espèce à la Cecidomyia qu'il décrit très brièvement ; il la considère cependant comme peut-être nouvelle. « Les données me font défaut, dit-il, pour établir que mon insecte est ou n'est pas le même que celui de M. Haimbolïen . »

Dans une traduction résumée qu'il a donnée de ce travail (Progrès agricole, mai 1887), M. Ravazditen note que l'espèce italienne n'est autre que la C. œnophila. Ce n'est pas sur la description de l'auteur italien que nous pouvons juger, elle est trop incomplète! Le ali sono frangiate ed hamo tre nervalure principali, voilà tout ce qu'il dit du caractère le plus important cbez une Cécidomie, celui de la disposition des nervures des ailes; mais M. Aloï parle de trois générations dans l'année, en mai, en juin et en juillet : or la Cecidomyia œnophila, d'après les observations de l'auteur autriebien et d'après les nôtres, parait n'eu n'avoir qu'une seule. Nous n'avons pas l'habitude de classer les animaux d'après leur biologie, les mœurs pouvant se modifier suivant le climat, le sol, etc., s'adapter en un mot à un milieu; nous trouvons cependant considérable cette différence dans le nombre des générations et nous faisons nos réserves, attendant un nouveau travail annoncé par M. Aloï.

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