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»Nous arrivons ainsi, comme perte totale, à une somme de plus de 10 milliards de francs. Telle est approximativement la perte éprouvée par la France par suite du Phylloxéra.»
Il n'est question, il est vrai, dans cette Note que des pertes éprouvées, du passif, si je puis m'exprimer ainsi, en citant les chiffres donnés par un des premiers négociants de Bordeaux ; mais, quel que soit V actif qui peut être représenté par le travail de reconstitution opéré à mesure que la destruction s'accomplissait, cette compensation est peu de chose en face du désastre qui pèse et pèsera longtemps sur notre situation économique.
Si nous consultons en effet la statistique publiée en 1888 par M. le Directeur général de l'Agriculture, nous trouvons que les vignes défendues victorieusement ou reconstituées ne s'élèvent qu'au chiffre de 268,207 hectares ; mettons 300,000, les créations de vignobles dans les sables ne figurant pas et n'ayant pas à figurer dans cette statistique. Qu'est-ce que ce
le phylloxeua de la Vigne. 01
chiffre oppose aux 1 ,200,000 hectares détruits! Un quart à peine, d'où il faut déduire encore les dépenses faites pour la reconstitution.
Nous dirons donc, avec M. Lalande, que, «bien loin de s'étonner de la gravité des souffrances éprouvées par le pays, on a presque lieu d'être surpris qu'elles n'aient pas été plus grandes encore à la suite de pareils désastres.»