III. — CONDITIONS FAVORABLES OU DÉFAVORABLES A LA PYRALE
Certaines localités, telles qu'Argenteuil ou Romanèche, ont été, peut-être dès le début de la culture de la vigne, exposées aux attaques de la Pyrale; d'autres alternativement atteintes ou préservées ; d'autres, indemnes pendant de longues années, ont été de nouveau brusquement envahies; certaines enfin, à côté môme des quartiers atteints, ont toujours été garanties. Audouin s'est demandé si la nature du terrain était pour quelque chose dans l'extension du mal. D'après ses observations, il n'en est rien. La vigne, dans les différents viguobles, est plantée dans les terrains les plus divers. L'insecte se montre dans le granit, le porphyre, les cailloux, le sable, l'argile, aussi bien que daus la marne, les calcaires compacts, la craie friable, le gypse ou les sols d'alluvions, si variés de composition.
L'exposition ou la disposition des lieux semblent seuls influer sur la présence de la Pyrale. Presque toujours elle choisit les endroits à l'abri du vent du nord, les coteaux exposés au Midi ou à l'Est et surtout les plaines.
Sur la rive droite de la Saône, aux environs de Montpellier ou de La Rochelle, les dégâts ne sont plusaussi graves, cessent même souvent, aussitôt que le terrain commence à s'élever. Si dans la plaine il y a des bas-fonds, ces parties-là sont spécialement infestées. Ce fait, observé de tout temps, est en rapport surtout avec les habitudes du papillon, qui recherche les parties basses, tranquilles et un peu humides.
L'étendue des dégâts dépend aussi de la nature des cépages. En Bourgogne et dans Je Beaujolais, le Pinot est attaqué de préférence au Gamay, plant plus commun. En Roussillon et dans le Bas-Languedoc, on a fait les mômes remarques au sujet du Grenache et de YAramon, aux. tissus plus tendres que ceux de la Carignane. Celle-ci est d'ordinaire respectée, au détriment des deux autres . Généralement les cépages à raisins noirs sont plus attaqués que les cépages à raisins blancs. Les vignes vieilles sont aussi plus exposées que les jeunes: il est en effet prouvé que le papillon a l'instinct de confier de préférence ses œufs aux souches dont l'écorce soulevée et crevassée assurera aux jeunes larves un abri pendant l'hiver.
Reste à expliquer pourquoi le fléau disparait souvent complètement d'un pays, tout au moins diminue beaucoup d'importance, pour reparaître ensuite, parfois terrible, à de nombreuses années d'intervalle.
A ce sujet, on est loin de tout savoir. Certains faits paraissent même inexplicables ; mais on peut dire que les intempéries et surtout les insectes parasites viennent jouer bien souvent le rôle de pondérateurs.
Intempéries. — Nous ne devons pas entendre par intempéries les froids de l'hiver ou les pluies. Ils n'ont aucune action sur les chenilles de Pyrales. « L'hiver de 1879-1880, dit M. André, nous a fait passer en Bourgogne par des froids de moins 25 à 30°, tout à fait anormaux dans nos régions, et il y avait lieu de croire que les jeunes chenilles en souffriraient. I\ n'en a rien été, car jamais les Pyrales n'ont été aussi abondantes que dans l'été qui a suivi. D'autre part, Its pluies, même persistantes, ne peuvent avoir que peu d'influence sur des chenilles qui savent si bien s'abriter dans des fourreaux de feuilles et se filer des rideaux de soie qui les garantissent. »
Les gelées printanières paraissent avoir une tout autre importance, et l 'expérience prouve qu'elles peuvent être pour le vigneron un puissant auxiliaire. A cette époque, dit Audouin, les chenilles, sorties de leur retraite d'hiver, deviennent aussi sensibles au froid qu'elles l'étaient peu auparavant. Ayant commencé à prendre de la nourriture, elles ne peuvent plus s'en passer, de telle sorte que les gelées tardives leur sont fatales de deux façons, action directe sur elles-mêmes et destruction des feuilles qui les nourrissent. C'est ainsi que dans le Maçonnais on explique la brusque disparition de la
Pyraleeu 1811, en 1831 et en 1838. Les chenilles, au printemps de ces années-là, avaient commencé à se montrer en grand nombre'dans les nouveaux bourgeons, et disparurent complètement pour plusieurs années, à la suite de gelées survenues fin avril. En 1838, les chenilles, qui avaient supporté sans périr 17 degrés de froid pendant Pbiver, succombèrent au printemps à une gelée de quelques degrés. Le pbénomèoe était sensible surtout dans les parties basses, où le tléau, comme nous l'avons dit, a toujours plus d'intensité. Celte année-là, ces quartiers à Pyrales n'en avaient pas, et les coteaux non exposés à la gelée, souvent indemnes, en avaient seuls conservé. A une époque où aucun remède ellicace n'était connu, une gelée, même enlevant les trois quarts de la récolte, pouvait donc être considérée comme un véritable bienfait par ceux, bien entendu, qui savent voir au delà du moment présent. L'année 1811, notamment, fut suivie d'une longue période sans Pyrales, et fut aussi l'année des vins de la comète.
La pluie est, nous l'avons dit, sans inlluence sur les chenilles ; mais elle est parfois d'un secours sérieux en juillet contre le papillon ; il n'est pas rare alors de voir après les orages, sous les ceps de vigne, le sol jonché de papillons qui auparavant voltigeaient à l'entour.
Pendant l'hiver, l'inondation des vignes basses à la suite de grandes pluies a toujours été suivie de la disparition complète du tléau. On voit de suite quel parti on peut tirer, contre la Pyrale, de la submersion appliquée sur une graude échelle dans le midi de l'Europe contre le Phylloxéra '.
Insectes 'parasites. — Comme la plupart des Lépidoptères, la Pyrale est aitaquee par des insectes parasites, et, soit, que son histoire ait été mieux faite que celle de beaucoup d'autres mangeurs de vigne, soit qu'en réalité elle soit exposée à plus d'ennemis, le nombre connu de ces utiles auxiliaires du vigneron est considérable. L'excellent livre d'Audouin nous fournit encore à ce sujet des renseignements importants.
Quiconque, étudiant la Pyrale, a suivi ses transformations dans les vignes ou mieux encore dans son cabinet, a certainement, au lieu du papillon attendu, vu sortir de la chrysalide des insectes qui sous leurs premiers états avaient vécu a riutérieur du corps de la chenille.
Nous avons eu déjà l'occasion de parler, en général, de ces parasites qui, jouant dans la nature le rôle de pondérateurs, établissent un mouvement de bascule entre l'espèce qu'ils sont appelés à détruire et la leur.
En ce qui concerne la Pyrale, sa grande abondance, certaines années, est la condition favorable, la cause toute naturelle de la multiplication
1 M. Jaussan (De la Pyrale et des moyens de la combattu . Béziers, 1882) n'est pas de cet avis. Les observations d'Audouin à ce sujet sont pourtant positives.
extrême de ses ennemis. Progressivement, d'année en année, ceux-ci finissent par apparaître en nombre tel qu'à un moment donné presque toutes les chenilles des Py raies se trouvent infestées de leurs larves et que bien peu arrivent à l'état de papillon. L'espèce disparait ainsi, tout au moins comme fléau, parfois pour plusieurs années. Les parasites, éclosen nombre proportionnel à celui des victimes détruites, se trouvant alors dans l'impossibilité de pondre, disparaissent à leur tour jusqu'à ce que, les Pyrales étant redevenues nombreuses, de nouvelles conditions favorables à leur multiplication se présentent pour eux. Avant que des traitements véritablement efficaces aient été connus, la Pyrale a donc bien certainement disparu souvent d'un pays par des causes naturelles, gelées printanières détruisant tous les bourgeons, pluies d'été ou attaques des parasites.
Les ennemis de la Pyrale sont nombreux. Audouin en décrit et figure vingt-quatre espèces. Nous jugeons inutile de parler de tous. Les insectes carnassiers vagabonds, comme les Carabes, les Malacbies, les Heméiobes, les Forficules, etc., qui ne sont qu'accidentellement utiles, seront donc éliminés, et notre liste sera bornée aux vrais parasites vivant dans le corps de l'insecte et qui sont de sérieux auxiliaires du viticulteur.
Ainsi réduit, le nombre s'élèvera encore à dix-huit espèces, dont deux seulement appartiennent à l'ordre des Diptères, ou mouches à deux ailes, et les seize autres à l'ordre des Hyménoptères, ou mouches à quatre ailes. Pour les premiers, nous suivrons l'ordre du Catalogue de M. Gobert1; pour les seconds, celui du Catalogue de M. Dours2 :
Diptères Tacliina horlorum Meigen.
Syrphus [Melanostorna] hyalinatus. Macquart.
Hyménoptères : / Ichneumon melanoyonus Gravenhorst.
... . 1 Agrypon flaveolatum —
Famille des Limneria majalis
Ichneumouides. . .) „. , , '
I rimpta aUernans —
\ — instigalor Pcmzer.
i Chalcis minuta Linné.
! Monodonlomcrus cupnrus Spiuola.
I — nitidus Smith.
„ ... . \ Pteromaliis deplanatus Walker.
Famille des .
Chalcidides commums Nées.
— cuprmts —
/ — ovatus —
— larvarum —
I Eulophus pyralidium Audouin.
1 D' Goberl ; Catalogue des Diptères de France. C.aen, 18a7.
2 Dr Dours ; Catalogue des Hyménoptères de France, Amiens, 1874.
Famille dos Sphégides. . Methoca formicaria ïurine.
Famille des Diploptères. Eumenes [Discœlius) zonatus.. Panzer.
Donner ici une description complète de ces dix-huit espères serait sortir de notre cadre. Nous renverrons donc pour les détails au texte et aux belles planches du livre d'Audouin, et nous donnerons seulement sur chacune ce que les naturalistes appellent une diagnose, c'est-à-dire une description sommaire, suffisante cependant pour faire reconnaître l'insecte.
Tachina hortorum. — Parmi les Diptères, la famille des Muscides ou mouches vraies se compose d'ordinaire d'insectes vivant à l'état de larve aux dépens de matières azotées, fumiers, viandes, etc., en décomposition; beaucoup d'espèces cependant de la tribu des Tacliinaires vivent dans le corps d'autres insectes. Telle est la Tachina hortorum, observée par Audouin. Ayant vu sa larve sortir du corps d'une chenille de P y raie et l'ayant laissée se transformer en nymphe, il a obtenu, douze jours après, l'insecte parfait. C'est une mouche longue de 7 à 8 millim., d'un noir brillant, velue, la tète garnie sur les parties latérales de la face de poils argentés ; le thorax est noir tirant sur le bleuâtre, l'abdomen noir avec trois lignes transversales plus ou moins apparentes, d'un gris cendré argentin. La pupe ou enveloppe de la nymphe formée de la peau delà larve est, comme celle de tous les Muscides, en forme de barillet.
Syrphus hyaïinatus. — Le genre Syrphus, qui a donné son nom à la famille des Syrphides, se compose de mouches d'ordinaire jaunes et noires, au vol tour à tour planant ou rapide, dont le rôle dans la nature est généralement d'entraver la multiplication des pucerons. Il est facile, au milieu des colonies de ces insectes, d'observer leurs larves allongées en forme de sangsues, sécrétant autour d'elles une matière gluante, sans cesse occupées à dévorer leui-s victimes. L'espèce observée par Audouin fait exception et se nourrit spécialement de chenilles de Pyrales. C'est une mouche longue de 12 millim. environ, d'un vert bronzé, à l'abdomen aplati, présentant sur le premier segment deux taches jaunes et sur les deux suivants une large bande échancrée vers le bas chez le mâle, complètement interrompue et formant deux taches chez la femelle. La tète et le thorax, sans aucunes taches, sont légèrement pubeseents.
La larve, de couleur vert clair, pénètre dans le fourreau de la Pyrale, et après avoir enveloppé sa victime de sa matière gluante, malgré ses mouvements désordonnés, elie plonge dans son corps sa tête effilée. Ecartant alors ses mandibules, elle parait ratisser tout le tissu sous-cutané averses crochets cornés qu'on aperçoit par transparence.
La nymphe ou pupe, comme toutes celles du genre Syrphus, a la forme d'une larme, renflée d'un côté et terminée de l'autre par un prolongement formant comme une queue; sa couleur est verdâtre. La nymphose dure environ quinze jours.
Ichneumon melanogonus . — La famille des Ichneumonides, si riche en espèces parasites des Lépidoptères, ne pouvait manquer d'être représentée parmi les ennemis de la Pyrale. C'est à elle, à la multiplication considérable de ses individus, qu'est due souvent, en grande partie, la disparition subite du fléau. L'insecte, qui à l'état parfait vit du nectar des fleurs, est carnassier sous sa forme larvaire. Un œuf est déposé par la pondeuse sous
la peau de la chenille ; la larve qui en sort grandit dans la cavité générale de sa victime, vivant de son sang et de son tissu graisseux, sans jamais attaquer aucun organe important. La chenille ainsi dévorée vive ne paraît pas cependant souffrir beaucoup. Elle continue à se nourrir, grandit, peutmème se métamorphoser en chrysalide, mais n'arrive jamais à l'état parfait. Sun ennemi au contraire se développe et subit ses dernières métamorphoses dans l'intérieur du corps même de la chenille ou de la chrysalide qu'elle a fait mourir. La larve est allongée^souvent terminée en pointe, apode et de consistance molle. Fig. 45. — Ichneumon. Tel est le mode de développement des
Ichneumonides. Gomme forme à l'état parfait (fig. 45), ce sont des insectes au corps étroit, linéaire; les antennes grêles, filiformes, atteignant de la moitié à la totalité de la longueur du corps, sont toujours animées d'un mouvement vibratile; l'abdomen, long, souvent pédoncule, est attaché au thorax entre les deux pattes postérieures. Les femelles possèdent un oviscapte composé de trois filets qui, réunis, constituent l'appareil perforant ou tarière destinée à l'introduction des œufs dans le corps de la victime.
L'I. melanogonus est long de 4 à 5 millim. La tête et le thorax sont noirs, les mandibules fauves à pointe noire; les antennes, dépassant à peine la moitié du corps, ont les premiers articles ferrugineux, ceux de l'extrémité hlancs et lesintermédiaires noirâtres; les pattes sont fauves avec l'extrémité des cuisses et des tibias noirs. L'abdomen a la longueur de la tète et du thorax réunis, le premier segment fauve à pétiole noir, les deuxième, troisième et quatrième fauves, les autres noirs.
r.A PYRALE DE LA VIGNE. 221
Agrypon foveolatum. — Longueur de 7 à 12 millim. Face jaune ainsi que tout ou partie des yeux. Antennes brunes à premier article jaune. Thorax noir ; souvent, chez la femelle surtout, l'extrémité du ruésothorax est ferrugineuse, ainsi qu'une tache latérale du prothorax et les sutures
latérales de la poitrine ; parfois une tache de même couleur devant les ailes. Abdomen roux, à pédoncule très grêle et très mince avec l'extrémité et le dos du deuxième segment noirs. Pattes entièrement fauves. Ailes assez courtes, hyalines, lavées de jaune surtout vers la base, à stigma ou tache du milieu de la côte externe jaune. Tarière courte ne dépassant pas 2 millim.
Limneria majalis. — Longueur 4 1/2 à G millim.; corps entièrement noir; mandibules jaunâtres au milieu. Antennes noires, delà moitié de la longueur du corps. Abdomen de la longueur de la tète et du thorax réunis, comprimé à l'extrémité chez les femelles, d'ordinaire rond chez les mâles, à premier segment renflé à l'extrémité. Pattes fauves avec les hanches noires. Ailes médiocres, hyalines, à stigma brun. Tarière de la moitié de la longueur de l'abdomen.
Pimpla alternans. — Longueur 5 à 8 millim. Noir, tête noire, palpes jaunes, antennes plus courtes que le corps, brunes en dessus, teslacées en dessous avec les deux premiers articles jaunes. Thorax noir, souvent un point jaune à la racine des ailes. Abdomen deux fois aussi longs que le thorax, noir, linéaire, cylindrique avec le bord des segments fauves chez le mâle, ferrugineux chez la femelle. Pattes fauves, hanches tachées de noir, tibias postérieurs bruns avec un anneau d'un jaune pâle aux deux tiers antérieurs, tarses bruns avec la moitié basilaire des articles blanche. Ailes hyalines à stigma brun. Tarière du quart de la longueur de l'abdomen.
Celte espèce est celle que nous avons obtenue le plus souvent â Montpellier dans nos éducations de Pyrales.
Pimpla instigator. — Longueur? à 15 millim. Corps entièrement noir. Antennes noires plus courtes que le corps. Abdomen sessile, cylindrique, plus long que la tête et le thorax réunis. Pattes roussâtres, hanches et troebanters noirs ainsi que les tarses postérieurs. Ailes enfumées. Tarière de la moitié de la longueur de l'abdomen .
Cet Ichneumonide, d'après le colonel Goureau (Insectes nuisibles. Paris, Masson, 1861), attaque aussi un des Lépidoptères les plus nuisibles aux arbres fruitiers, le Bombyx chrysorrœa.
Chalcis minuta. — Les Chalcidides parasites de la Pyrale sont plus
222 LA l'YRALE DE LA VIGNE.
nombreux en espèces que les Idmeumoaides. Oes insectes, le plus souvent de très petite taille, ont pour caractères généraux des couleurs d'ordinaire métalliques, des antennes coudées et une tarière assez longue, partant de la face ventrale de l'abdomem. A l'état de larve, ils vivent aussi dans le corps de leurs victimes ; seulement le nombre des œufs pondus dans la même cbenille est parfois très considérable. Les larves, nombreuses en proportion, sont beaucoup plus courtes que celle des Icbneumonides ; comme celles-ci, elles subissent leur métamorpbose en nymphe dans le corps de la cbenille ou de la ebrysalide dont elles ont dévoré la substance.
L'espèce qui nous occupe (fig. 4G) a les caractères suivants: Longueur 3 à 4 millim. Corps entièrement noir. Tète et tborax très fortement ponctués, antennes noires. Abdomen d'un noir plus brillant que la tète et le tborax, a pédicule très court. Pattes antérieures et intermédiaires noires avec l'extré- Fig. 4 6. — Chalcis minuta, pa- . . . ,
rasite de lu Pyrale, fortement mite des cuisses, la base des jambes, leur
grossi, extrémité et les tarses jaunes. Cuisses posté-
rieures renflées pour le saut, noires avec l'extrémité jaune; les tibias noirs, à base et à extrémité testacées ; tarses d'un testacé pâle.
Monodontomcrus cuprseus. — Longueur 4 millim. Corps entièrement bronzé ou cuivreux. Antennes noires à premier article vert. Tborax pubescent. Abdomen lisse, luisant, comprimé latéralement. Pattes de la couleur du corps. Cuisses postérieures renflées pour le saut, armées d'une dent à l'extrémité en dessous ; hanches postérieures dentées. Ailes irisées avec le stigma rembruni sur ses bords. Tarière de la longueur de l'abdomen.
Monodontomcrus nitidus. — Nous citons cette espèce d'après M. André, mais elle nous est inconnue.
Pteromalus deplanalus. — Longueur 2 millim. à 2 millim. et demi. Tête transverse, de la longueur du thorax, finement ponctuée, d'un bronzé noir. Antennes noirâtres à premier article fauve; mandibules fauves. Thorax large, déprimé, finement ponctué, à pubescence légère, d'un bronzé noir ; métathorax court, étroit, subconique. Abdomen à pédicule très court, de la longueur du thorax, mais un peu plus large, presque rond, un peu déprimé pourtant, d'un brun doré, légèrement caréné en dessous, à premier segment d'un bronzé brillant, dernier segment arrondi chez le mâle, en pointe chez la femelle. Pattes d'un fauve testacé avec les hanches et souvent les cuisses bronzées. Ailes irisées.
LA PYRALE DE LA VIGXE. 223
Pleromalus communis. — Longueur 3 millim. Tête, thorax, abdomen bronzés ou verdâtres ; antennes grêles, d'un brun noir, à premier article testacé. Abdomen un peu plus long que le thorax, ovalaire, finissant en
pointe, très lisse. Pattes d'un fauve testacé à ongles noirs ; hanches de la couleur du corps. Ailes hyalines.
Pleromalus cuprvus. — Longueur 4 millim. Cuivreux. Tète de la largeur du thorax, ponctuée ; antennes noires à premier article testacé. Abdomen de la longueur de la tète et du thorax réunis, conique, d'un cuivreux violacé. Extrémité et base des tibias testacés ainsi que les tarses. Ailes hyalines.
Pleromalus ovalus. — Longueur 2 millim. 1/2. Bronzé; antennes noires, à premier article testacé. Tète et thorax très finement ponctués. Abdomen ovalaire, court, cuivreux, à base d'un vert brillant. Pattes testacées, à cuisses rousses avec le milieu brun. Ailes hyalines.
Pleromalus larvarum. — Longueur 2 à 3 millim. Corps vert brillant. Antennes de la femelle brunes à premier article, jaune. Tète verte, bouche jaune. Thorax vert, glabre, brillant, finement ponctué. Abdomen de la longueur de la tète et du thorax réunis, oblong, lancéolé, plan, aigu, très lisse, d'un bronzé brun, avec une tache d'un bronzé noir au milieu. Pattes jaunes, ailes hyalines. Chez le mâle, les antennes sont plus longues, de teinte plus claire, le milieu des deuxième et troisième segments abdominaux testacé et translucide; la base des cuisses, surtout des dernières, d'un bronzé noir en dessus.
Eulophus pyralidium. — Cette petite espèce, créée par Audouin, n'a pas môme 2 millim. de longueur. Son corps est d'un bronzé obscur; les antennes noirâtres ; la tète et le thorax sont couverts d'une ponctuation serrée et d'une légère pubescence. On remarque en outre un poil raidede chaque côté du prothorax. L'abdomen, oblong, terminé en pointe, est très luisant. Les pattes sont de la couleur du corps avec les tarses d'un fauve testacé.
Melhoca formicaria. — Nous désignons sous ce nom, d'après les Catalogues récents, un petit hyménoptère rangé par Audouin dans la famille des Proctotrupides et dans le genre Belhylus. Tous les entomologistes actuels l'ont sorti de ce groupe, composé d'espèces lilliputiennes, dont un grand nombre vit à l'état de larve, non pas dans les chenilles, mais dans les œufs des Lépidoptères. Dès 1861, le colonel Goureau avait rapproché cet insecte des Sphex, qui emmagasinent des chenilles pour nourrir leurs larves, et c'est en effet dans la famille des Sphéyides qu'il est raniié aujourd'hui.
Auilouin a admirablement étudié, décrit et figuré ses métamorphoses, -et, comme nous ne les avons jamais observées nous-mème, nous n'aurons qu'à citer brièvement ce qu'il dit.
Comme le nom d'espèce l'indique, l'insecte ressemble un peu à une fcurmi ailée. Le corps est allongé, étroit, noir, lisse. Les antennes d'un jaune testacé avec le premier article noir et les derniers rembrunis. Les ailes irisées, légèrement enfumées avec les nervures brunes, n'atteignent pas le bout de l'abdomen. Les pattes testacées avec les hanches et les cuisses noires. L'abdomen, noir brillant, est terminé eu pointe, ce qui, dès le premier abord, distingue l'insecte des fourmis.
helilcihoca femelle saisit une chenille par la partie antérieure du corps et la paralyse d'un coup d'aiguillon1 appliqué sans doute dans les ganglions nerveux du thorax. Plusieurs œufs sont ensuite pondus sur la peau, et bientôt de petites larves arrondies réniformes, d'un vert tendre, sortent de ces œufs, et, plongeant aussitôt leur tète entre les anneaux de la chenille, elles se nourrissent de sa substance. Bientôt toute la partie antérieure du corps a pénétré dans celui delà victime; de réniforme, le parasite devient oblong et de couleur jaune; puis enfin, s'allongeant de plus en plus, bien que toujours courbé en forme de croissant, la couleur tourne au brun clair vineux, avec une tache foncée à l'extrémité du corps. La larve adulte, longue d'environ 6 millim., quitte sa victime pour se filer à côté d'elle, sur les feuilles, un petit cocon d'un blanc sale, dans lequel ou aperçoit bientôt la nymphe de couleur jaunâtre qui, par sa forme, rappelle entièrement l'insecte parfait. Les cocons de toutes les larves, c'est-à-dire cinq à six, qui ont dévoré une chenille, sont filés côte à côte sous une coque commune qui les laisse voir par transparence. De cocons filés le 2 août, dit Audouin, sont sortis, le 15 du même mois, des insectes ailés.
Ceux-ci passent l'hiver. Au printemps, ils sont communs sur les ceps infestés de Pyrales, où on les voit courir avec agilité.
Eumenes zonatus. — Il nous reste à parler d'un Hymênoptère de la famille des Diploptères, voisin des guêpes, qui construit, contre un arbre ou contre nn mur, un nid en terre gâchée, à cellule arrondie à l'intérieur, y emmagasine des chenilles de P y raies paralysées d'un coup d'aiguillon et dépose sur le tas un œuf d'où sortira sa larve. Celle-ci, à sa naissance, trouve à sa portée une proie sans défense et qui, n'étant que paralysée,
1 Audouin dit : la lue ; mais les belles études entomologiques de M. Fàbresur la manière dont les Sphegides conservent fraîche la proie destinée à leurs larves nous autorisent à dire que le MeUwca paralyse la sienne d'un coup d'aiguillon.
reste vivante et fraîche jusqu'à ce que, la provision épuisée, le parasite se transforme en nymphe.
L'insecte parfait ressemble, comme taille et comme forme, à notre petite guêpe commune [Polistes gallicus), mais sa robe a beaucoup moins de jaune. Il est long d'environ 2centim., noir, la tète et le thorax rugueux et couverts d'une pubescenre grise. L'extrémité du labre ou lèvre supérieure est jaune, ainsi qu'une tache à la base des mandibules. Les antennes et les pattes sont noires, les ailes enfumées. Le premier segment abdominal est en forme d'entonnoir, avec le bord de la partie élargie jaune, la partie étroite forme le pédoncule de l'abdomen. Les deuxième et troisième segments, c'est-à-dire les plus larges, portent à leur partie postérieure deux bandes transversales jaunes.
Tels sont les principaux ennemis de la Pyrale, ceux qui, à un moment donné, peuvent arriver à faire rentrer l'insecte-fléau dans le rang des espèces indifférentes. Nous devions les étudier pour avoir une idée des moyens puissants que la nature emploie pour maintenir l'équilibre des espèces. Mais le viticulteur ne pouvait se contenter de ces moyens curatifs, dont l'action ne se fait parfois sentir qu'au bout de plusieurs années et qu'il ne peut diriger. Il en a cherché de plus efficaces, lui permettant d'obtenir chaque année une récolte malgré la Pyrale, et il lésa trouvés.