‹ Les insectes de la vigneChapitre 67 sur 187 · kilogr. charbon 466 fr · texte numérisé non relu

kilogr. charbon 466 fr

erg en

Transport °~ ,JU

546 journées de femmes à 1 fr. 90 • • 1-037 40

401 d'hommes à 3 25 1-303 25

46 — surveillant à 2 75 126 50

36 — de mule à 3 » 1°5 »

Amortissement de 4 chaudières et réparations ... 200

Tuyaux caoutchouc (durée 2 ans) 72

3.363 fr. 15 «Chaque chaudière a fait par jour 1,412 souches; le prix de revient par 1,000 souches a été de 13 fr. 09, et par hect. de 52 fr. 36.»

En résumé, la dépense est minime en comparaison de la perte qui résulterait du non-traitement.

Nous devons dire toutefois que ce prix de 52 fr. 36 doit être augmenté pour les vignobles renfermant plus de 4,000 ceps à l'hectare (jusqu'à 50,000), et c'est le cas de tous ceux qui sont en dehors de la région de l'olivier.

En Bourgogne, d'après M. André, on a calculé qu'il revient de 115 à 120 fr. 1 hectare, y compris l'échaudage des échalas. A ce prix, on a encore, d'après les calculs de M. Jaussan, grand bénéfice à échauder ; car si le bénéfice de l'opération est d'euvirou 175 fr. l'hectare, tous frais déduits, pour le Languedoc, il doit être au moins d'autant en Bourgogne, vu la plusvalue du vin.

Nous avons dit que dans les pays où l'on échalasse la vigne, on ébouillantait les échalas aussi bien que les ceps. On peut aussi les échauder a la

vapeur; c'est même, dit M. André, le moyen le plus employé aujourd'hui en Bourgogne. Pour cela, on se sert d'une chaudière légèrement modifiée, dans laquelle le tuyau de fumée, à sa sortie, est un peu élargi de façon à recevoir un petit serpentin dans l'intérieur duquel circule la vapeur puisée dans la chaudière. On amène cette vapeur, qui est à une température moyenne de 120°, dans une vaste caisse de hois où se trouvent emmagasinées plusieurs centaines d'échalas. Ceux-ci atteignent bientôt 80 ou 90°, et tous les insectes qu'ils peuvent contenir dans leurs fissures sont tués.

Sulfurifation. — Ce procédé, appelé aussi clochage, consiste à mettre la souche dans un milieu irrespirable pendant un temps assez long pour tuer l'insecte, assez court pour ne pas nuire aux bourgeons. C'est l'acide sulfureux (fumée de soufre) qui a été reconnu l'agent le plus économique et le plus commode à employer.

L'idée n'est pas nouvelle : dès 1837, Audouin, nous l'avons vu, l'avait appliquée à la désinfection des échalas, et il est étonnant qu'étant ainsi sur la voie d'un moyen économique et très efficace pour débarrasser la souebe elle-même, il n'ait pas eu l'idée d'en faire l'essai.

Pour opérer, on couvre le cep avec une cloche de zinc ou un demi-baril de pétrole muni de deux auses (fig. 47 H) sous lesquels on fait brûler du soufre, en ayant soin de ramener la terre tout autour pour ne pas laisser perdre le gaz sulfureux.

Le grand avantage de la sulfurisation, dit M. Jaussan, est de n'exiger qu'un personnel très peu nombreux, et de pouvoir être employée à une époque où les autres travaux agricoles ne doivent pas être exécutés à jour fixe.

Un ouvrier peut aisément manœuvrer vingt cloches. Chacune de cellesci restant dix minutes sur la souche, il en fait six à l'heure et quarantehuit par journée de travail de huit heures. Les vingt cloches feront donc 960 souches par journée ; 900 tout au moins .

Si l'on fonctionne pendant trois mois, admettant seulement vingt jours de travail par mois, soit 60 jours, un seul ouvrier avec ses vingt cloches traitera 54,000 souches, soit 13 hectares 50 (nous parlons de l'Hérault, bien entendu) .

Les cloches doivent être en métal peu oxydable, en zinc par exemple, et munies de deux poignées pour en faciliter la manœuvre. Leur dimension doit êti-e en rapport avec le développement des souches. Le prix de chaque cloche est de 1 0 à 1 2 francs .

On emploie indifféremment des mèches soufrées ou du soufre en canon concassé. Ce dernier est beaucoup moins cher et doit être préféré. L'ou-

vrier, après avoir mis ses vingt cloches en ligne, pose sur chacune d'elles un petit vase en métal ou en poterie très bon marché, dans lequel il amis quelques morceaux de soufre de la grosseur d'une noix, ou mieux d'une noisette, 25 grammes environ. La forme de ce récipient n'est pas indifférente. Il doit être cylindrique, de 0m, 10 sur 0m, 10 ; lorsqu'il est plat et peu profond, une partie du soufre se liquélie sans fournir tout l'acide sulfureux voulu.

L'ouvrier allume tous ses vases renfermant du soufre; lorsque la combustion se fait bien, il constate l'heure à sa montre, cl, prenant le premier vase, il Je pose au pied de la première souche de la ligne, qu'il recouvre aussitôt avec la première cloche ; il fait île même pour la deuxième, et ainsi de suite. Le changement des vingt cloches ne dure pas plus de quatre minutes. Une fois la vingtième cloche eu place, l'ouvrier remonte vers la première, et dans son trajet, si quelqu'une laisse échapper de la fumée, il ramène un peu de terre avec le pied pour boucher la fuite .

Arrivé à son point de départ, il allume un des réchauds en sus des vingt qui servent à la manœuvre, et, dès que dix minutes se sont écoulées, il le dépose au pied de la première souche de la seconde rangée et la couvre avec la première cloche. Il ramasse le réchaud laissé à découvert, y ajoute un peu de soufre, 20 à 25 grammes, le met au pied de la seconde souche de la deuxième rangée, la recouvre aussitôt, et aiusi de suite. Le changement de la vingtième cloche fait, il lui reste un des réchauds qu'il garnit pour la première souche de la troisième rangée. Cette opération, on le voit, est extrêmement simple ; quelques précautions seulement doivent être prises .

Quand on quitte le travail, soit à l'heure des repas, soit à la fin de la journée, il faut bien se garder de laisser les cloches sur les souches; on doit les enlever et les déposer dans les intervalles des rangées. Le séjour trop prolongé des souches dans l'acide sulfureux produirait sur elles le même effet que sur les Pyrales, elles seraient asphyxiées. On a constaté bien souvent que des lignes entières ue poussaient pas : c'étaient celles que l'on se rappelait avoir laissées couvertes pendant la durée des repas.

Il faut s'abstenir de traiter immédiatement après les pluies ; l'eau ayant la propriété d'absorber une très grande quantité d'acide sulfureux, le traitement ne serait que peu efficace. Il faut laisser la terre se ressuyer ù la surface, et, si elle était encore mouillée, augmenter un peu la quantité de soufre.

Il est bou que la vigne soit déchaussée, ou bien qu'on y ait fait passer la gratteuse. La terre étant ameublie, les fuites sont moins considérables, et si l'ouvrier a le soin, quand la cloche est posée, de lui donner un petit

mouvement circulaire en appuyant dessus, l'obturation est aussi complète que possible.

Par un temps calme et beau, on est dans les meilleures conditions; un vent violent est préjudiciable.

Le prix de revient, amortissement du matériel compris, est moins élevé quand on emploie le soufre en canon que lorsqu'on se sert de mèches soufrées. On peut l'établir ainsi par bectare :

Avec le soufre en canon.

104 lui. soufre à 23 fr. (25 gram. par soucbe) .... 23 fr. 90

Main-d'œuvre 15 50

Amortissement 4 60

44 fr. »

Avec les mèches soufrées.

4,000 rrècbes à 0 fr. 0127 (37 fr. les % kil. port

compris et 29 mèches au kil.) 50 fr. 80

Main-d'œuvre 15 50

Amortissement 4 60

70 fr. 90

En 1882, 113,600 souebes ont été ainsi traitées par M. Jaussan, et ebaque équipe a fait par jour 904 souebes.

L'amortissement des cloches est calculé sur une durée de quatre années.

Telle est, en résumé, cette opération du clochage, si bien décrite par M. Jaussan. Elle est en usage un peu aux environs de Béziers et beaucoup dans ceux de Montpellier, surtout dans le quartier-général de la Pyrale, qui, comme du temps d'Audouin, continue à être les communes de Mire val, de Vie et de Ville.ieuve-les-Maguelone. Malgré ses avantages réels, cette métbode ne remplacera jamais, croyons-nous, l'écbaudage dans les pays où la vigne est plantée beaucoup plus serrée que dans l'Hérault, encore moins dans ceux où on la plante en cordon .

En Bourgogne, par exemp'e, où la plantation est faite à raison de 12,500 à 50,000 ceps à l'bectare (Foëx, Cours complet de Viticulture, pag. 733), la manœuvre des cloches, vu le rapprochement des souebes, serait difficile, et un ouvrier ne ferait guère plus d'un bectare, en travaillant pendant 60 jours. 50,000 souebes, on s'en souvient, font environ treize hectares en Languedoc. L'écbaudage continuera donc probablement à être préféré partout où la vigne est plantée serrée, autrement dit dans les vignobles à vins fins.

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