CHAPITRE X
(Tortrix (Cochylis) ambiguella Hubner.)
Synonymie. — Teigne de la vigne Rozier(1771 ; Tinca ambiguella Hubner (179G); Tinta omphaciella Faure Biguetet Sionest(1802) ; Tinea «l'a? Menning (1811) ; Pyralis ambiguella A. Forel (1825) ; Tortrix Roscrana Frœlirh (18-29) ; Cochylis Roscrana Treitzchke (1830) ; Teignede la vigne Dagonet (1837) ; Tinca ucellaXaUol (1837) ; Cochylis omphaciella Audouin (1842) ; Cochylis Roserana Duponcbel (1844).
Noms vulgaires : Ver rouge (Bourgogne), Ver coquin (vallées du Rhône et de la Saône) , Ver de la vendange (Champagne), Teigne des grains ou de
1 BiBLicGRAPinr. — Bonnet; Œuvres complètes, tom. I, pag. 3G7, 1710. — Rozier; Des Insectes essentiellement nuisibles à la vigne (Journal de Physique, 177 IL — Hubner: Recueil des Papillons d'Europe, 179G. — Faure Biguet et Sionest ; Mémoire sur les Insectes nuisibles à la vigne. Lyon, 1802.
— Von Menning ; Mon oire sur un Insecte très nuisible qui s'est naturalisé dans Vile de Reichtnau, lac de Constance, 1811, et 2e édit., 1810. — Bosc ; Rapport sur une Teigne vivant aux dépens des bourgeons de la vigne et des grains de raùins (Annales de l'Agr. française, 1812).— Alexis Forel ; Mémoire sur le Ver destructeur de la vigne, avec planche (Feuillu du canton de Vaud, Î825). — Frœlich ; Enumeralio Tortricum in regno Wurtembergicn. 1829. Vallot; Mémoire pour servir à l'histoire des Insectes ennemis de la vigne (Acad. de Dijon, 1841 ; Soc. d'Agr. de Lyon, 1841 ; Revue et Magasin de Zcol., 1840).— Bugnion, Blanchet et Forel; Mémoire sur quelques Insectes nuisibles à la vigne dans le Canton de Vaud (Neue Denkschrift Allgem. Schweiz G( sellsch., 1841).— Audouin ; Histoire des Insectes nuisibles à la vigne, 1842.
— Sauzey ; Mémoire sur la Cochylis omphaciella et moyens de la détruire (Ann. Sac. Agr. de Lyon, 1847). — Kollar ; Ueber Weinbeschadigung durch einen Meinen Nachlfalter, Tortrix Roscrana, in dm Weing&rten von Brum nœchsl Mxdling (Stizungsber. Akad. Wissensch. Wien, 1850).— Laboulbéne ; La Cochylis Roscrana à Yillefranche (Bull. Soc. entom. de France, pag. 90.
la grappe (environs de Paris. Dans le midi de a France, on dit généralement Cochylis.
Sans être aussi longue que celle de la Pyrale, la synonymie de la Cochylis est, on le voit, assez compliquée. Nous avons adopté le nom admis par la plupart des entomologistes modernes, celui qui est porté sur le Catalogue des Lépidoptères de la Faune européenne de MM. Staudioger et Wocke. Le sous-genre Cochylis a été créé par Treilzchke pour les Torlrix qui ont la nervure costale 7 (à partir du bord interne) soudée avec la nervure 8, sur une tige commune, comme bifurquée. L'aile inférieure est un peu lancéolée, par suite de l'apex très arrondi et de l'angle interne fortement déprimé (De Peyerirnlioff, Soc. eut. de Fr., 1876, pag. 561 et 575).
Les ravages de la Cochylis sont moins célèbres et en réalité moins graves que ceux de la Pyrale. Rarement l'insecte s'établit pour toujours dans une contrée ; il change facilement de localité, et tel quartier qui aura été éprouvé une ou plusieurs années de suite pourra rester u:i demi -siècle sans revoir le fléau.
Lorsque l'insecte reparait, le souvenir même en est parfois perdu, de sorte que bien souvent ce petit Lépidoptère nous est envoyé comme nouveau de pays où jadis il avait déjà exercé ses ravages.
Si l'on consulte les annales agricoles de toutes les contrées viticoles, on constate que l'aire géographique de cette espèce est plus étendue que celle de la Pyrale. Elle est toutefois moins localisée que cette dernière, et fort heureusement il est très rare qu'on ait à lutter contre les deux chenilles à la fois. Certaines régions cependant sont plus souvent attaquées que d'autres. En France actuellement, comme du temps de l'abbé Rozier, le Ver coquin, bien que se montrant souvent dans l'Ouest, fait surtout parler de lui chaque année sur quelques points de la Champagne, de la Bourgogne, du Beaujolais et du Dauphiné. Dans cette dernière région, d'après M. Rougier, professeur d'Agriculture de l'Ardèche, c'est la vallée de l'Isère, jusqu'en Savoie, qui est le plus souvent ravagée. Aux environs de Paris, le quartier le plus atteint parait être le territoire de la commune de Puteaux, et dans les vignobles de la Lorraine les environs de Metz et de Bar-le-Duc. Dans la
1857). — Bach; Ueber Cochylis Roserana die Wienmotte (Natur. und Oflenbaruog, tom. IV, pag. 254, 1858). — Forel ; Société Linnécnne de Lyon, 1860. — Goureau ; Insectes nuisibles, supplément (Bull, des Se. hist. et nat. de l'Yonne, 1863).— Boisduval ; Entomologie horticole, 1867.— Coret ; Bull. Soc. entotn. de France, 1868. — De Feyerimhoff ; Organisation extérieure des Tordeuses (Soc. ent. de France, 1876). — André; Les Parasites et les Maladies de la vigne, 1882. — Targioni-Tozzetti ; Relazione delta Stazione cli Entomologia agraria di Firenze, 1884.
région de l'olivier, l'insecte se montre tic temps en temps un peu partout; mais les plantations faites depuis une dizaine d'années dans les sables du littoral méditerranéen semblent être actuellement ses quartiers préférés.
Si nous parlons de l'étranger, les parages les plus atteints de l'Allemagne sont, d'après M. Von Heyden, les vignobles de la vallée du Rhin ; en Suisse, les bords des lacs de Constance et de Genève; en Russie, la Crimée. D'Autriche, le parasite nous a été signalé comme très nuisible par M. Bollé; de Hongrie, par M. Horvatb. En Italie, d'après M. Targioni, bien que l'insecte soit parfois signalé dans le Sud, la Toscane et l'ancien Piémont restent les régions les plus attaquées. Pour l'Espagne, l'espèce est comprise dans la liste d'ampélophages que M. Graëlls a bien voulu dresser pour nous, mais elle n'est pas notée parmi les grands ravageurs. Nous dirons enfin que nous ne la voyons pas figurer dans la liste envoyée par M. Gennadius (d'Athènes). Elle est remplacée en Grèce par d'autres espèces.
En résumé et quoi qu'en disent certains auteurs, l'insecte paraît se montrer plus fréquent dans les vignobles du nord que dans ceux du midi de l'Europe ; c'est du reste dans le grand-duché de Bade et en Suisse qu'il a été tout d'abord observé d'une façon certaine.