I. — HISTORIQUE
La Cochylis était-elle connue des anciens? Il est permis de le croire. mais on peut penser aussi que plusieurs insectes désignés sous les noms ô'Involvulus, de Convolvidus et de Volucra pouvaient être aussi bien la Pyrale que la Cochylis ou d'autres espèces encore. Pline et Columelle, cependant, en se servant indifféremment des mots Volucra et Avança ou Araneus pour un animal qui enveloppait de fils le grain de raisin elle mangeait, semblent avoir voulu parler de la Cochylis, le seul ampélophagequi agisse ainsi. Au xvie siècle, Aldrovande1 (De Insectis, pag. GOOJ cite un passage de Pline sous le titre de Araneus vilium. Les traducteurs, dit M.Vallot, n'ayant aucune connaissance de la Cochylis, ont traduit le mot (.V Araneus par celui d'Araignée; or aucune araignée ne détruit (absumit) ou ne ronge [prserodit) les grains de raisins.
D'après le Dr Menning, qui fut chargé en 181 1, par le gouvernement du grand-duché de Bade, d'aller étudier la Cochylis dans l'Ile de Reichenau (lac de Constance), et qui la redécrivit alors sous le nom de Tinea uvx,
1 Ou Aldrovandi.
l'insecte était connu dans cette localité depuis 1713, année où il exerça des ravages restés célèbres.
En 1740, les dégâts causés par la Cochylis sur les vignes des environs de Genève fixèrent l'attention de Bonnet, qui, sous le titre de : Une petite chenille qui vit dans l'intérieur des grains de raisins, la décrit suffisamment pour qu'elle puisse être reconnue.
Pazumot, en donnant à l'Académie de Dijon (7 juillet 1769) la description du Ver, qui au printemps de cette même année attaqua les raisins dans les vignes de l'Auxerrois, du Tonnerois, du Senonois, signalait, sans le savoir, la première génération de notre insecte.
Beguillet, dans son Œnologie (1770), parle ainsi du Ver de la vigne: «Si le vigneron remarque que le raisin à peine noué a de la peine à défleurir et surtout qu'il soit entortillé des soies de l'insecte connu en Bourgogne sous le nom de Mazar, il caresse le rnisin pour en détacher les pétales desséchées, et les toiles des insectes, qui causent tant de préjudices aux vignes. »
D'après l'abbé Rozier (1771), l'insecte a reçu son premier nom latin d'Adanson, qui l'appelait Phalxna scutella. «C'est l'insecte, dit Rozier, dont la chenille est le Ver coquin;'\\ se trouve principalement dans les provinces de Champagne, Bourgogne, Beaujolais, Lyonnais et Diuphiné. »
En 179G, Ilubner, dans ses Papillons d'Europe, donna le premier une description détaillée de l'espèce, avec figures, sous le nom de Tinea ambiguellu, et Pallas, en 1799 [Voyage en Russie), la signale comme exerçant des ravages dans les vignes de la Crimée.
En 1802, nouvelle description de l'insecte par Faure Biguet et Sionest sous le nom de Tinea omphaciella . Celui de Tinea uvœ, donné par Menning, date, nous l'avons dit, de 1811, et celui de Tortrix Roserana, donné par Frœlich, de 1829. Ce dernier auteur avait étudié l'insecte sur des exemplaires rapportés des environs de Stuttgard par Roser, naturaliste officiel du royaume de Wuttemberg, et il le lui dédia.
Plusieurs auteurs, tels que Treitzchke (1830J, le créateur du genre Cochylis, etDuponchel (1844), l'auteur de l'Histoire naturelle des papillons de France, ont adopté ce nom spécifique de Roserana ; Vallot pourtant (1841), tout en mentionnant les descriptions précédentes, créa le nom nouveau de Tinea avella, et Audouin (1842) est revenu à celui de Cochylis omphaciella de Faure Biguet, le croyant le plus ancien. La règle de la priorité nous fait un devoir d'admettre, avec les catalogues modernes, le nom de Tortrix (Cochylis) ambiguella, d'Hubner, le premier auteur qui ait donné de l'insecte une description complète et indiscutable.