‹ Les insectes de la vigneChapitre 8 sur 187 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

vent du midi ; il est cependant des lieux où ils ne s'engendrent pas: les endroits aérés, bien exposés aux vents et qui ne sont pas trop chargés d'humidité». Strabon, de son côté, raconte que «les Erythréens donnent à Hercule le nom à'Ipoctone, c'est-à-dire destructeur des Ipes, insectes qui rongent les vignes».

Les auteurs latins ne sont pas moins explicites. Plaute (111e siècle avant J. -G.) parle de VInvolvulus, qui s'enferme dans des feuilles de vigne roulée, «quœ in pampini folio intorta implicat se ». Pomponius Festus, de son côté, dit dans son dictionnaire, au mot Involvulus : « Vermiculi genus qui involvit se pampino ». Gaton l'ancien (11e siècle avant J.-C.), dans son traité De re rustica, parlant du Convolvulus, donne une recette pour le combattre : «Convolvulus invinea ne siet amurca condita, le Convoloulus ne se trouve pas sur une vigne enduite de marc d'huile ». On voit que les badigeonnages insecticides ne datent pas d'hier !

Pline parle également du Convolvulus, ainsi que d'un autre insecte qui ronge les raisins naissants et qu'il appelle Volvox : «Alii Volvocem appellant animal praerodens pubescentes uuas». Suivent les recettes empiriques familières à cet auteur: graisse d'ours, peau de castor, dont il faut frotter la serpe, etc. Columelle, dans son traité De arb or ib us, cite un animal, qu'il nomme Volucra, rongeant les pousses tendres et les raisins : «Genus est animalis, Volucra appcllatur, id fere prœrodet teneras adhuc pampinos et uvas». Galien, dans son livre De simplic. médicament, facultatibus, lib. IX, rappelle les dégâts produits par le Scnips, insecte ennemi de la vigne. Nous pourrions multiplier ces citations d'auteurs latins, mais nous n'en voyons pas l'utilité.

De l'époque romaine, il nous faut arriver au xvi" siècle, à Ch. Estienne et Liebault, à l'italien Aldrovande et à Olivier de Serres, pour trouver quelque chose concernant notre sujet. Pendant cette longue période, on vivait dans l'admiration des anciens et de leurs écrits. Gomme le dit Walckenaer : « Avant l'invention de l'imprimerie, on n'avait d'autre source d'instruction que les anciens; l'admiration qu'ils avaient excitée, l'ascendant qu'ils avaient acquis sur l'esprit humain, s'accrurent encore par l'effet de cette invention. Les bien comprendre, les commenter, classer les notions qu'ils nous avaient transmises, telle était toute l'ambition des savants. Tout traité sur une branche quelconque des connaissances humaines n'était qu'une compilation de ce que les anciens avaient écrit sur la matière. On y ajoutait parfois ce que les modernes avaient

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