I. — L'Écaillé martre (Chelonia caja Linné
Ce beau papillon (fig. 51), long de 4 centim. environ, en a ordinairement 0 d'envergure. Ses ailes antérieures sont d'un blanc roussâtre avec de grandes taches irregulières d'un brun café au lait foncé qui occupent parfois la plus grande surface des ailes et peuvent être alors considérées comme en formant le fond. Les ailes postérieures sont d'un rouge vif avecplusieurs taches d'un bleu foncé métallique entourées de noir, plus ou moins grandes. La tête et le thorax en dessus sont d'un brun cale au lait
comme les ailes antérieures, avec un collier rouge; les antennes, pectinées, sont blanches ; Y abdomen est rouge avec trois rangées longitudinales de
tacbes noires, celles-ci d'ordinaire réunies forment des taches transversales sur plusieurs segments. Le dessous du corps est revêtu de poils rouges.
La chenille, longue de plus de 5 centim., est noire avec des bouquets de poils très longs, de même couleur, implantés sur des tu-
Fig. 51. — Écaille martre, grandeur naturelle.
hercules également noirs. Les trois anneaux thoraciques sont garnis de poils d'un roux vif insérés sur des tubercules d'un blanc bleuâtre. La tête est d'un noir brillant; les pattes brunes, ainsi que la partie ventrale. Les stigmates sont blancs.
La chrysalide est cylindro-conique, d'un noir luisant, avec l'extrémité ahdominale bilobée et garnie de petites épines ferrugineuses. Le cocon dans lequel elle est enfermée, dans une feuille repliée, entre deux feuilles ou dans une fissure d'écorce, est fait de soie grossière formant un tissu peu serré et entremêlé des longs poils de la chenille.
«L'Ecaillé caja est surtout abondante, dit Dunal, dans le département du Gard. Certaines années, elle s'y trouve en si grande quantité sur fa vigne qu'elle la ravage. Dans une vigne de 30 ares, à Saint-Gilles, on a tué dans une matinée 1 ,200 de ces larves. Elles mangent les bourgeons sans les couper à leur base.
»I1 paraît que cet insecte s'est montré à toutes les expositions, principalement sur le cépage appelé Grenache et dans les terres argileuses. »
Aux environs de Montpellier, le printemps de 1889 a été remarquable par l'abondance extrême de ces grosses chenilles velues. Dans tous les terrains formés de cailloux et de débris siliceux (Diluvium alpin), surtout dans la commune de Saint Georges, célèbre par ses vins, on a pu évaluer le dégât entre un dixième et un cinquième de la récolte. L'insecte n'étant pas nocturne, ses dimensions étant grandes, sa recherche est assez facile. On le trouve broutant les feuilles pendant le jour ; jamais il ne coupe le bourgeon entier, comme le ver gris de la Noctuelle.