II. — Termite à col jaune
[Termes (Calotermes) flavicollis Fabricius).
Cette espèce se trouve dans tout le sud de l'Europe. Elle attaque également les bois morts, mais préfère ceux qui sont un peu pourris, tout au moins ramollis par l'humidité. Vieux troncs d'arbres fruitiers ou de saules taillés en têtards, vieilles souches de vignes, pieux plantés dans le sol, tout lui est bon ; mais il ne pénètre jamais dans les bois de nos constructions, comme le Termite lucifuge.
Il est possible que, sous le rapport des mœurs et des différentes formes d'individus peuplant la termitière, cette espèce ressemble à la précédente, mais son histoire est encore mal connue. On n'a observé que les larves, les ouvriers, les soldats et les mâles, et un travail intéressant serait à faire sur cet insecte.
Les larves et les ouvriers sont blancs et, mieux encore que ceux du Termite lucifuge, méritent le nom vulgaire de fourmis blanches. Les soldats, plus grands, atteignent 7 à 9 millim. de long ; leur couleur est le blanc jaunâtre, avec une énorme tête quadrangulaire tirant sur le roux; leurs mandibules, dentelées en dedans, anguleuses extérieurement au niveau de leurs racines, sont moitié aussi longues que la tète.
Les mâles sont d'un brun marron foncé; la bouche, les antennes, les pattes et le prothorax sont jaunes. Les ailes, dont l'envergure atteint 20 millim., sont légèrement enfumées. Cette espèce se distingue en outre par une £c7e quadrangulaire assez grosse, un grand écusson cervical échancré en avant et une pelote faisant fonction de ventouse entre les griffes de chaque tarse. Ce dernier caractère fait ranger l'insecte dans le sous-genre Calotermes.
Il occasionne sur les vieux ceps de vigne les mêmes dégâts que le Termite lucifuge. Très répandu en Provence et en Languedoc, dans la zone de l'olivier du moins, où l'espèce précédente est inconnue, il ne se passe pas d'année qu'il ne nous soit envoyé comme ayant complètement évidé le tronc de quelque vieille souche et occasionné sa rupture. Par suite du renouvel le-
1 Targioni-Tozzetti ; Relazione délia Stazione di Entom, di Firenze, 1888, pag. 1M ; et Aloi e Grassi ; Bulletino di Not. agr., 188-i.
meut presque complet du vignoble méridional, le cas est cependant devenu plus rare qu'avant l'invasion phylloxérique. MM. Targioni-Tozzetti, Aloi et Grassi ont signalé l'insecte sur les vignes en Italie, où. il habite toute la région de l'olivier, y compris l'île de Sardaigne.
Les dégâts, avons-nous dit, ne sont jamais graves. Quand un cep est assez vieux, assez évidé pour se briser, on n'a qu'à le remplacer Mais si, pour des raisons particulières, la belle dimension d'un espalier par exemple, on voulait conserver un vieux cep malgré les termites qui s'y sont établis, on pourrait procéder ainsi : pratiquer, au moyen d'une grosse vrille, un trou aboutissant en pleine termitière et y injecter du sulfure de carbone en quantité suffisante pour remplir plusieurs galeries. L'ouverture étant bouchée avec soin, on peut être assuré que tous les termites seraient infailliblement tués.