‹ Les insectes de la vigneChapitre 97 sur 187 · I. — DESCRIPTION ET BIOLOGIE · texte numérisé non relu

I. — DESCRIPTION ET BIOLOGIE

Ce porte-selle, décrit par M. Marquet, de Toulouse, longtemps confondu

avec le précédent, en diffère par plusieurs caractères constants. La taille est toujours plus grande (fig. 56), 30 à 35 millim.. parfois 40, non compris l'oviscapte en forme de sabre ; celui-ci atteint de 23 à 25 millim. La plaque dorsaledu prothorax (pronotum) moins relevée, du milieu vers la tète, parait aussi large antérieurement que postérieurement. Ce pronotum en forme de selle est liste à sa partie antérieure, rugueux postérieurement et porte un peu en avant une tache dorsale noire irréguiière, estompée sur ses bords, parfois en forme de croix. Le pronotum de VE. vitium est au contraire unicolore, rugueux sur toute sa surface et étroit en avant. La teinte générale du corps, variant, nous l'avons dit, suivant les milieux, est fréquemment la même chez les deux espèces. Le vert uniforme est cependant plus rare chez VE. Bitterensis. Plus souvent l'insecte est vert jaunâtre ou jaune testacé très pâle, avec l'abdomen d'un noir profond, les segments bordés de jaune pâle. Le dessous du corps est toujours jaune, les pattes fréquemment violacées ou couleur de chair.

De juillet à septembre, VE. Bitterensis dépose ses œufs dans la terre meuble, de préférence loin des bas-fonds, dans les endroits où le sol s'égoutte bien, à environ 2 ou 3 centim. de profondeur. Dans ce but. il recourbe l'extrémité de son abdomen de façon à faire pénétrer perpendiculairement dans le sol son long oviscapte en forme de sabre. La ponte ne se fait pas, comme chez les criquets, sur un seul point, dans une cavité préparée à l'avance. Les œufs, blancs, allongés, cylindriques, un peu fusiformes, plus atténués à un bout qu'à l'autre, longs de 5 millim environ sur 1 millim. à lmm,25 de diamètre, sont déposés au nombre de 50 à 70, ça et

' M. Graëlls signale sur la vigne en Espagne VE. Perezi Bolivar. Nous nous contentons de mentionner cette espèce en note, comme nous pourrions 1" faire pour d'autres observées eu Italie, en Algérie, etc. Qu'il nous suffise de dire que la plupart des Éphippigèrcs peuvent à l'occasion devenir ampéli

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là dans le sol, séparés les uns des autres par une distance de un à

plusieurs centimètres, parfois plus.

Fig. 51). — Éphippigère de Béziers, grandeur naturelle, d'après le dessiu de

M. Marquet.

Ces œufs écloront au printemps suivant. La jeune larve, d'abord de couleur brune, puis verte, fort semblable à l'insecte parfait, montée seulement sur des pattes gigantesques par rapport à sa taille, subira plusieurs mues et sera nymphe, c'est-à-dire longue de plusieurs centimètres et munie de petits moignons d'ailes vers la fin de juin et insecte parfait en juillet. C'est sous cette dernière forme surtout que l'insecte envahit les vignes.

L'espèce créée par M. Marquet1 est admise par les derniers auteurs qui ont écrit sur les Orthoptères: Bolivar, Finot, etc.; nous n'avons donc pas à la discuter. Elle est beaucoup plus dangereuse que YE. vitium, et c'est bien certainement par suite de la confusion des deux types que les auteurs appelés par nous les Classiques, Dunal excepté, ont considéré ces insectes comme « n'étant jamais assez abondants dans les vignes pour y produire de grands ravages 2».

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